Chapitre Huit. PIX : Par Moi Même.

 Chapitre Huit.                                                                                                                                                                                              PIX : Par Moi Même.


Bonjour mes z'amis!!
Han ça fait trop longtemps, j'suis vraiment, vraiment, vraiment désolée d'avoir autant tardé!
Avec les vacances (géniales au passage!), le concert...et puis j'suis retombée malade x'D
Enfin bref.
La suite est làààà!

Bonne lecture!


Chapitre 8 :

Après avoir tourné pendant de longues minutes en traînant des pieds, Bill avait tout simplement abandonné les recherches. Tom ne devait pas être bien loin, et sa disparition momentanée n'avait vraiment rien d'inquiétant. Ses pas le menèrent à la salle de bain, d'où provenait d'ailleurs une odeur nauséabonde. Il ouvrit la porte, grimaçant, et eut un haut le coeur quand les effluves acides pénétrèrent ses narines. Il aurait juré qu'une bête avait crevé là dedans, s'il n'y avait pas eu tout ce vomis. La salle était en effet gluante de rejets gastriques, et Bill n'osa s'y aventuré, de peur de glisser pour finir par se casser un os, ou tout simplement par peur de se salir. Prêt à refermer la porte et faire demi tour, il attarda son regard sur une masse sombre derrière le panneau coulissant de la douche. N'ayant pas à réfléchir, il conclut que Tom était responsable de l'immonde spectacle, et que c'était lui qui avait élu domicile derrière la porte de verre fumé.

-T'es réveillé?

Pas de réponse. Comptant le nombre de pas qui lui était permis pour entrer sans marcher dans les dégueulasseries, analysant les positions que ses pieds devaient adopter pour ne toucher en aucun cas la substance, et une main plaquée fermement sur son nez et sa bouche, Bill tenta d'appeler Tom en approchant le plus possible.

-Est-ce que tu es mort? Ca s'rait vraiment trop bête, après une soirée comme ça...

Toujours pas de réponse. Il hésita un instant à prévenir Georg et Gustav pour qu'ils viennent l'aider, mais préféra, pour une fois, être celui qui vient au secours des autres, à ses risques et périls.

-Ca pue la mort, qu'est-ce que t'as mangé putain? Ca ressemble plus à rien...

Arrivé devant la fameuse vitre, il frappa plusieurs coups, histoire de secouer un peu Tom.

-Ho Tom! Ca craint faut que tu sortes de là. J'espère que tu t'es pas étouffé avec cette odeur...

Bill sourit pour lui même, se trouvant forcément un peu bête à parler tout seul. Il se décida enfin à ouvrir la porte vitrée, découvrant un Tom sale. Sale, endormi dans sa saleté.

-Berk, vraiment trop, trop berk!

N'osant pas toucher Tom avec ses mains, Bill lança son pied à l'encontre de son jumeau. Il le frappa doucement à l'épaule, mais Tom n'était décidément pas décidé à se réveiller. D'un geste mou, il tomba sur le côté, n'ouvrant pas les yeux pour autant.

-Putain Tom non t'abuuuses! Geint Bill en grimaçant.

Ne voyant d'autres alternatives, le brun parvint à attraper le pommeau de douche et le dirigea vers Tom en soupirant.

-Bon désolée gars, mais j'vois vraiment pas d'autres moyens. P'tètre que tu pueras moins, en plus.

Il alluma un jet d'eau tiède et le dirigea ensuite sur le bas du corps de son frère. Le but n'était ni de lui faire attraper une pneumonie avec de l'eau glacé, ni de le faire se réveiller en état de choc en l'arrosant au visage. Il envoya donc l'eau progressivement, jusqu'à ce que Tom esquisse un mouvement quand son cou fût mouillé.

-C'est l'heure de s'lever! Tonna Bill en continuant à monter.

Il s'arrêta cependant au niveau de la bouche de Tom, n'ayant pas planifier de noyer celui-ci. Tom ouvrit des yeux vitreux, sa tête chancelant dangereusement. Il considéra Bill une fraction de seconde, avant de hoqueter et se mettre à vomir.

-Putain c'est à gerber, plaisanta Bill en rinçant les renvois de son frère, tu crois que t'as fini? T'as encore quelque chose à vomir dans ton ventre?

Tom fronça les sourcils et balança sa main vers Bill, lui faisant signe de le laisser. Celui-ci ne pris pas compte du souhait de son frère, et s'agenouilla même à son niveau, non sans dégoût.

-Bon, on va essayer d'aller dans le salon ok? J'vais te ramener des fringues et on va y aller tout doucement.

Sans attendre de réponse, Bill se dirigea dans la pièce d'à côté, et revint une poignée de minutes plus tard.

-Essaye de pas tout salir en enfilant hein. Le pressing va nous coûter super cher sinon...

Le blond parvint à se mettre debout, non sans mal, et dévisagea ce frère qui se tenait devant lui. Il avait les cheveux gras, gras et long. Gras, long, et qui tombait devant son visage, s'emmêlant dans ses sourcils et ses cils, lui rentrant dans la bouche. D'énormes poches violacées cernaient ses yeux endormis, contrastant avec sa peau qu'il trouvait soudain vraiment pâle et transparente. Bill avait l'air malade, et ses lèvres sèches et gercées n'aidaient vraiment pas Tom à ne pas s'inquiéter. Il avait l'air malade, et fragile. Tom voyait Bill tanguer devant lui, il était persuadé que son petit frère ne tenait pas sur ses jambes, si frêles jambes. Et comment est-ce que Bill pouvait accepter d'être dans un tel état? Comment Bill pouvait se regarder dans le miroir sans être horrifié? Bill était toujours beau, toujours coquet, à la limite du narcissisme, et jamais, non jamais il n'aurait accepter de se savoir comme ça.

Sorti du bac de douche, il fit deux pas avant de s'accrocher fortement au lavabo. Il leva les yeux vers le miroir, mais c'est le reflet de Bill qu'il choisit de regarder plutôt que le sien. Il voyait Bill d'une façon plus chétive encore que précédemment. C'était quelque chose qu'il n'expliquait pas, qu'il ne cherchait même pas à comprendre. Bill avait attrapé un balai éponge qui traînait derrière la porte, et tentait tant bien que mal de nettoyer le carrelage gluant. Il pestait contre Tom, lui demandant de promettre de ne plus boire tout en l'insultant de tout les noms. Tom se demanda comment des mots aussi agressifs pouvaient passer la barrière des lèvres si innocentes de Bill. Sa bouche si innocente, son visage si innocent, son être si innocent. A l'heure qu'il était, tout était si innocent chez Bill.

-Est-ce que tu vas te taire, Bill?

-Ah c'est maintenant que tu t'réveilles! M'aide surtout pas à nettoyer hein! Putain mais vraiment la prochaine fois que tu veux boire, tu prends de l'eau! Putain! Mais tu sens pas l'odeur là?


Tom haussa les épaules et Bill se retourna en soupirant. Il était tellement reconnaissant envers lui. Il en avait envie de pleurer, de voir Bill à ses petits soins, et se sentait vraiment inutile. Bill avait décidément tout d'une ménagère. Pendant une fraction de seconde, Tom s'imagina Bill dans le rôle de mère. Après tout, c'était lui qui était venu le chercher, lui qui l'avait réveiller aussi doucement qu'il avait pût, lui qui avait choisit ses vêtements et lui qui nettoyait à présent. Un sourire grimaçant apparu sur son visage, et il fît passer son t-shirt au dessus de sa tête.

-Bouleeeet! Tu t'en es mis partout dans les cheveux! Cria Bill en regardant son frère, mi amusé mi choqué.

-Quoi?

-De la gerbe! Du vomis! T'en avais sur ton t-shirt! Et tu viens de te décorer les cheveux avec!


Tom grogna, et sans plus de cérémonie alluma le robinet du lavabo avant de pencher la tête sous celui-ci.
Il resta de longues minutes dans cette position, l'eau aspergeant l'ensemble de son crâne, et Bill fût presque inquiet de ne pas le voir émerger.

-Te noies pas hein?

Il avait fait le plus gros du ménage, et le sol carrelé de la salle de bain était de nouveau visible. Il marcha vers Tom à petits pas, de peur de glisser sur le sol encore mouillé, et arrivé à son niveau passa sa main de haut en bas sur son dos.

-Tu vas mieux hein? Questionna Bill, les sourcils froncés. Si tu veux, je peux essayer d'aller à la pharmacie en ville, te prendre de quoi aller mieux...'fin c'est si tu veux.

Tom émergea enfin, le visage et les dreads trempées.

-Ca ira. Ca va, j'suis juste fatigué, et j'ai mal au dos.

-Tu m'étonnes, t'as passé la nuit dans la cabine de douche. Plus boulet on peut pas...
lui répondit Bill, secouant la tête avec un sourire moqueur aux lèvres.

Tom le considéra quelques instants, et le poussa légèrement sur le côté pour pouvoir passer dans la pièce d'à côté.

-Et un "merci" ça t'écorcherais la bouche? Connard. Marmonna Bill à l'intention de Tom.
Seulement Tom était déjà passé à autre chose, d'après le son de la télé qui résonnait à présent dans la chambre. Tournant sur lui même, Bill fît face à son reflet dans le grand miroir. Il plissa les yeux, scrutant l'image qui s'offrait à lui.

-Putain la gueule...

Il s'empressa d'ouvrir le robinet et aspergea rapidement son visage, l'essuya, et enfin coiffa ses cheveux. Ce traitement était certes bien court et léger par rapport aux habitudes de Bill, mais l'important n'était pas d'être beau, simplement présentable. Il quitta la salle et glissa lorsqu'il fût arriver au milieu de la chambre.

-Tom putain! T'aurais pas pût t'essuyer un minimum?! Bordel mais...putain!

Tom ne cilla pas, les yeux fixés sur le petit écran.

-Tom!

-Ta gueule Bill.


Ledit Bill sentit sa respiration se bloquer tout à coup, suite aux paroles de son frère. Tom était sans doute fatigué, malade et de mauvaise humeur, mais était-ce une raison suffisante pour le remballer de cette façon? Et depuis quand Tom remballait Bill d'ailleurs? Depuis quand il se permettait d'être si grossier et snob envers son frère? Ils ne s'étaient pas disputés, n'avaient pas échangé de mots plus plus hauts que d'autres. Aucune raison apparente expliquant le comportement de Tom. Et ça, ça avait le don d'énerver Bill.

-"Ta gueule Bill." Ah ouais? Ma gueule?

-Ta gueule.

-Écoute, écoute moi bien Tom, c'est pas parce que t'es trop naze pour tenir l'alcool qu'il faut remettre la faute sur moi ok? C'est pas parce que t'as la gueule de bois que tu dois me traiter comme j'sais pas quoi. C'est pas parce que t'es mon frère que tu peux te permettre de me traiter comme de la merde?

-Bill j'regarde la télé, alors s'il te plaît tais-toi. Ca passe mieux comme ça?

-Tu passes la nuit dans la salle de bain, et au lieu d'aller te coucher tu regardes la télé. Nan mais c'est n'importe quoi. Compte pas sur moi pour te porter dans ton lit, ou pour encore nettoyer ton putain de vomis.

-J't'ai pas demandé de le faire merde!

-T'aurais préféré que j'te laisse là dedans peut être?

-Peut être bien ouais, ça m'aurait évité de me prendre la tête avec toi pour de la merde. Si tu veux jouer tes ménagères libre à toi, j'ai pas demandé à avoir une mère de substitution j'te signale!


Bill cligna des yeux, visiblement blessé par les propos de Tom, mais se repris rapidement.

-J'en avais pas l'intention, si tu crois que j'ai que ça à faire.

-Et t'as quoi d'autre à faire? T'as des amis à aller voir? Une copine à retrouver? Tu comptes aller à la piscine? A la plage? C'est quoi ton emploi du temps si important putain?


Bill regardait Tom durement, se concentrant sur lui comme si un regard aurait suffit à l'exterminer. Bien entendu Tom lui faisait du mal en parlant ainsi. Le plus douloureux pour Bill était de ne pas comprendre le pourquoi de cette agressivité soudaine. Il cherchait tant bien que mal une raison. Peut être que la veille, ils s'étaient disputés, peut être qu'ils s'étaient battus, et que, trop saoul, il ne s'en souvenait pas. Peut être...
Face au manque de réaction de Bill, Tom prit le sourire le plus sacarstique possible et lâcha de sa voix la plus hautaine.

-Bien sûr que non, t'as rien d'autre à faire.

Il soupira et se retourna vers la télé qu'il avait lâché des yeux. Bill resta planté encore quelques instants et fît demi tour dans la salle de bain.

L'odeur putride avait presque totalement disparue, mais quelques parfums désagréables persistaient néanmoins. Il entra dans la cabine de douche après s'être rapidement déshabillé et fît couler un fort jet d'eau fraîche. Il se frotta longuement avec sa fleur de douche pleine de mousse, irritant sa peau, et ne s'arrêta que lorsque celle-ci le brûlait. Il se lava les cheveux rapidement, et une fois chose faite se rinça à l'eau chaude. Il enfila un peignoir, et se planta une fois de plus devant le miroir embué, appuyé sur le rebord du lavabo, et dessina du bout du doigt des formes sans interprétations précices. Il se surprit à écrire son propre prénom, sans même y avoir réfléchit. Il sourit pour lui même, admirant son oeuvre. Seulement, pour que ladite oeuvre soit parfaite, il manquait quelque chose. Ce quelque chose n'était autre que le prénom de son jumeau. C'est presque timidement que le brun osa inscrire le mot "Tom" au dessus de son prénom. Satisfait, il attrapa sa brosse à dents, la chargea de dentifrice, et frotta énergiquement l'intérieur de sa bouche. La mousse fraîche coulait sur son menton et son corps suivait le mouvement rapide et constant de son bras. Ses yeux se baladaient dans la pièce, s'arrêtant parfois sur un flacon de parfum, un chausson abandonné... Après avoir inspecté les lieux, il reporta son attention sur le lavabo, où traînait un crayon noir à la mine cassée. Il fronça les sourcils, arrêtant tout mouvement. Quelqu'un avait cassé son crayon. Bien entendu, ce n'était pas lui. Ca ne pouvait pas être lui, parce que Bill prenait soin de ses affaires, d'autant plus s'il s'agissait de maquillage.

Quelqu'un avait cassé son crayon, et ça, ça énervait Bill. Non seulement on y avait touché, mais en plus, on l'avait cassé, et on n'avait pas pris la peine de le tailler, ne serait-ce pour cacher le délit. Non pas que Bill aime faire des histoires, mais on lui devait des explications. Ce n'était pas qu'un crayon, c'était son crayon!
Son crayon. "Et alors?" se demanda-t-il subitement. Ce n'était rien d'autre qu'un crayon. Il en avait d'autres des crayons, au moins cinq. Et d'ailleurs, pourquoi avait-il des crayons? Pourquoi est-ce que lui, Bill, un homme, avait dans sa trousse de maquillage des crayons? Et pourquoi avait-il une trousse de maquillage? Il soupira, chassant de ses pensées ses questions perturbantes. Il réagissait vraiment comme une fille. S'énerver pour un putain de crayon, c'était vraiment faire sa fille. Avoir un crayon, c'était faire sa fille aussi. Peut-être que s'occuper de Tom, s'était faire sa fille aussi. Peut-être...

Il releva la tête vers le miroir toujours aussi embué, et en regardant ses dessins, il eut une idée. Si en étant homme, il faisait sa fille, peut être qu'en étant fille, il ferait son homme. C'était peut être la solution? Solution ou vengeance? Parce que oui, bien sûr, il en voulait à Tom. Tom devait sûrement payer ses mots, son comportement. Non Tom devait absolument payer.
Sa main balaya la surface glacée du miroir, lui permettant ainsi de se voir un minimum.

-Puisque j'ai rien d'autre à faire..., dit-il à mi-voix.

Il attrapa son fond de teint, et d'une main experte l'appliqua sur l'ensemble de son visage. Il s'empara ensuite de son blush, parce que oui, il avait un blush, au cas où. Il le posa sur ses joues, de façon à creuser certains endroits et rendre son visage encore plus fin, plus féminin. Une fois chose faite, il saisit son fard à paupières violet, celui dont il ne se servait jamais. Parce que le violet, ça faisait trop fille. Il appliqua la poudre soigneusement sur ses paupières, utilisant ensuite son fard noir pour un effet plus intense. La pointe de son eye-liner vint délicatement retracer la ligne au dessus de ses cils. Bill s'appliquait pour que tout soit parfait.

Pour sublimer ses yeux de biches, il posa un mascara noir, et admira enfin son oeuvre. Il s'avoua avoir eu du mal à se reconnaître. L'effet était impressionnant, le travail digne d'un maquilleur professionnel. Le brun songea d'ailleurs un instant à orienter ses études dans ce domaine, mais se ravisa tout aussi rapidement en repensant à tout le chemin parcouru pour arriver à son niveau d'étude. Il avait beau être un bon maquilleur, jamais il ne serait aussi fort dans ce domaine qu'il ne l'était en médecine.
Ainsi, Bill se retrouva maquillé, comme une fille. Et en peignoir. Avant de sortir de la salle de bain, il tendit la main vers la glace réfléchissante et du bout de l'index raya son prénom, de manière à ce qu'il reste tout de même visible.

Il ouvrit la porte et se dirigea rapidement vers les placards, de sorte à ce que Tom ne le voit pas. Il fouilla longuement, cherchant la tenue la plus courte et serrée possible. Malgré le peu d'affaires qu'il avait ramené, il était sûr d'avoir ce qu'il recherchait à sa disposition. Après quelques longues minutes de fouilles et avoir réveiller Georg, Bill fila de nouveau dans la salle d'eau, et enfila ce qui serait son déguisement du jour. Il s'agissait simplement d'un jean moulant, déchiré au niveau des cuisses et tombant bas sur ses hanches, parfaitement assortis à un t-shirt tout aussi serré, arrivant à peine en dessous de son nombril. Il brancha le fer à lisser qu'il avait pris soin d'emporter, et en une dizaine de minutes, ses cheveux furent parfaitement domptés et lisses. Avant de quitter la salle de bain, il attrapa la veste servant à couvrir ses formes inexistantes, l'enfila et se regarda une dernière fois dans ce miroir qui ne renvoyait pas son reflet, mais celui d'....

POV Bill :

Je colle un sourire à mon visage sur-maquillé, et me rends compte qu'il manque quelque chose. Je fouille une dernière fois dans la trousse de maquillage, m'empare de mon gloss le plus voyant et l'applique précautionneusement sur mes lèvres. J'ouvre la porte, frissonnant à cause de la différence de température entre les deux pièces. Georg a rejoint Tom sur le canapé, plantés tout les deux comme les deux couillons qu'ils sont devant la télé. J'avance rapidement, en essayant de me poser le minimum de question.

-Bon! Puisque j'ai rien à faire, j'me casse.

Tom m'offre un grognement en signe de réponse, ne prenant même pas la peine de se retourner. Ok... Georg lui, se retourne, ne semblant pas comprendre pourquoi je parle si brusquement à Tom. Une fois les yeux posés sur moi, il me détaille de haut en bas, la mine presque déconfite. Je hausse les sourcils, lui demandant implicitement si quelque chose ne va pas. Il secoue la tête en me fixant, l'air ahuris.

-Bill tu...hein? Nan Tom, Tom tu vas pas le laisser sortir comme ça?

Tom soupire, prend un air blasé et se retourne vers moi en roulant des yeux. Comme je l'avais espéré et prévu, il est pire que surpris. Il me regarde de haut en bas, ne semblant pas réaliser la situation.

-Euh...nan. Nan nan je le laisse pas sortir dans cet état nan.

Il se lève et vient me faire face, attrapant mon épaule...doucement.

-Ecoute euhm...va te démaquiller ok? Je cautionne pas que tu sortes comme ça.

-Ca veut dire quoi, "Comme ça" ?.

-Bill putain arrête de faire ton chieur et...

-Bill? Ah ouais?


Il me regarde, visiblement déconcerté.

-J'ai pas envie de jouer aujourd'hui, j'suis fatigué putain...

-Justement, je sors pour te faire de l'air. J'ai rien d'autre à faire.


Je me dégage lentement et me dirige vers la porte.

-Nan Bill sérieux change toi. T'es ridicule comme ça.

-Et qu'est-ce que ça peut bien te foutre? Ca ne me tuera pas.


Me voilà dehors. Dehors avec quoi à foutre d'ailleurs? La porte s'ouvre derrière moi. Je me retourne et tombe sur Georg, toujours aussi choqué.

-Euh...t'es sûr que tu veux sortir?

-Ouais.

-T'es encore bourré hein?

-Pas plus que toi. Y'a quoi de si choquant à ce que je veuille sortir?

-C'est pas le fait que tu veuilles sortir. Putain tu fais exprès, c'est obligé tu fais exprès. Tu vas vraiment sortir comme ça?

-Mais sortir comment? Avec mes pieds? Eh bien OUI, monsieur Listing oui, je vais utiliser mes pieds pour sortir. J'suis pas comme les playmobils, mes pieds sont pas amovibles! Et puis de toutes façons, j'suis déjà dehors.

-Bill putain tu veux pas revenir sur Terre trente seconde? C'est vraiment puéril comme attitude tu le sais? Je sais pas ce qui tu cherches à prouver, ni à qui, mais tu fais vraiment ton gamin.

-Et moi, je vois pas de quoi tu parles. Ni même à qui tu parles. Je peux y aller?

-...Je pense pas être la personne qui pourra te retenir. Tu rentres à quelle heure?

-Quand j'en aurais envie. J'en sais rien. J'ai mon portable, j'appelle en cas de drame.


Il m'offre un sourire crispé, et me voilà parti à l'aventure.

A en croire l'heure que m'indique mon téléphone, il est 15h. Les boutiques sont donc normalement encore ouvertes, pour mon plus grand plaisir. Je monte les escaliers, longe la piscine en évitant de croiser le regard de quiconque, me hâtant d'arriver enfin en dehors du complexe hôtelier. J'en profite pour admirer la végétation abondante, loin de ressembler à ce qu'on peut voir en Allemagne. On dirait qu'ici, tout sens bon, tout est beau. Tout. Mais aussi que chaque chose cache un secret. Que tout ce qui me paraît inoffensif est en vérité nocif et hostile.

J'arrive rapidement sur une petite route déserte qui descend jusqu'à la ville. Les graviers roulent sous les chaussures, et la chaleur est cuisante. S'habiller si chaudement, ce n'était vraiment pas une bonne idée, seulement maintenant j'ai peur de retirer ma veste.

Après une dizaine de minutes de marche, j'atterris devant une vitrine de magasin, et pas n'importe lequel. Un magasin de lingerie. Sans hésitation, j'entre et salue la vendeuse qui me regarde avec un petit sourire. D'un anglais mal assuré je demande à voix basse :

-Bonjour, je cherche...un dessous. Un dessous rembourré pour...enfin...

Son sourire s'élargit, et pendant un instant j'ai peur qu'elle ne se doute de ce que je suis. A priori, c'est impossible, mais comment en être sûr?

-Je vais voir ce que j'ai pour vous mademoiselle. Si vous voulez bien me suivre...

Elle m'emmène près des cabines d'essayages, et me demande de lever les bras. J'obéis, me doutant de ce
qu'elle va faire. Elle passe un mètre de couturière sous mes aisselles, faisant le tour de mon torse, ou plutôt ma poitrine.

-Très bien. J'ai ce qu'il vous faut. Ni trop osé, ni trop discret.
Elle s'en va et revient très vite avec...mon premier soutien gorge. Je souris à cette pensée. Nan mais qui aurait pensé un jour que moi, Bill Kaulitz, j'irais acheter, m'acheter un soutif?
J'en choisi trois au total, paye, et demande à la jeune femme la permission d'en enfiler un de suite. Elle accepte naturellement, et je peux enfin me débarrasser de ma veste.

[ Ellipse de 3h ]

Il est bientôt 18h, j'ai des sacs pleins les bras, de quoi rendre Tom fou. Non seulement j'ai acheté, acheté, acheté encore, mais en plus, j'ai acheté tout ce qu'il y a de plus féminins. Gâcher l'argent des vacances pour ça, ça m'a fait mal au cul je peux le dire, mais rien que de savoir que Tom va s'énerver...
Je crois que ce qui l'énervera d'avantage, c'est ce mâle auquel je m'agrippe. L'histoire, c'est que je galérais avec mes sacs pendant que je cherchais mon porte monnaie, et que ce jeune homme est venu gentiment m'apporter de l'aide. Je sais bien évidemment que si j'avais été dans mon personnage masculin, personne ne serait venu, mais bon...Il parle très peu allemand, et je dois me débrouiller avec mon mauvais anglais pour lui parler, bien qu'il me sorte de temps en temps deux ou trois mots en français. Il m'a proposé de m'aider à porter mes affaires jusqu'à l'hôtel, et bien entendu j'ai accepter. On arrive aux escaliers menant à la chambre, et j'entends le remue ménage de mes colocataires. Visiblement, Georg et Gustav sont sur la terrasse, à faire je ne sais quoi.

-Je suis de retour! Je lance d'une voix claironnante.

Aussitôt, les mecs arrêtent de parler, me dévisageant.

-Ah...dit simplement Georg, fixant mon invité.

Gustav lui, se contente de froncer les sourcils avec son habituelle gueule qui a l'air de me dire "t'es vraiment con".

-Bon euh...je vous présente...un ami. Je l'ai rencontré sur la route et euhm...voilà quoi. Ce con m'a aidé à ramener mes affaires.

Georg hausse un sourcil, se demandant sûrement pourquoi j'insulte ouvertement mon camarade.

-Nan mais t'inquiètes il parle pas un pèt' d'allemand. Il est où Tom?

-A l'intérieur, il regarde la télé.

-Pour changer. Bon on va poser les affaires.

-Tu vas le faire rentrer?
Demande Gustav en se levant.

-Bah, ouais. Il m'a aidé quand même. J'vais pas le rembarrer maintenant.

-Mais à quoi tu joues putain?


Je lève les yeux au ciel et rentre dans la chambre, invitant l'autre à me suivre. Tom ne lève pas les yeux de l'écran, jusqu'à ce que je parle.

-Hey, j'ai fait plein d'achat.

Il se retourne, me regarde, et ses yeux dévient sur euh...je sais pas comment il s'appelle.

-C'est qui?

-Un ami. Il m'a aidé à porter tout ça
, dis-je en écartant les bras pour lui présenter la multitude de paquets.

-Qu'il dégage. Nan mais t'es sérieux là? Tu rencontres des gens et tu les ramènes comme ça? On peut savoir depuis quand?

-Depuis que j'en ai envie. T'as un problème peut être?

-Je veux pas que t'invites des gens sans me prévenir! Des inconnus en plus! Et puis t'as vu comment t'es habillé ?! Putain on dirait une pute, il aurait pût te violer et te tuer dans un coin! T'es qu'un putain d'inconscient! Tu penses qu'à ta gueule ou quoi?!

-Si je dois me faire violer ou même tuer pour que t'arrêtes de me traiter comme de la merde...


J'ai complètement laisser tomber le jeu, j'en ai marre. J'me sens sale. Et vraiment con.
Je me dirige au fond de la chambre, me laissant tomber sur le lit deux places. C'est pas mon attitude que je ne comprends pas, c'est celle de Tom. Un coup protecteur à la limite de l'agacement, et un coup aussi intéressé par moi qu'un manchot l'est par une fourchette. Il semble pas comprendre que ça fait mal. Ca fait si mal d'être obligé d'en arriver là pour...pour qu'il daigne me montrer un peu d'intérêt et d'amour...
J'avais pas remarqué que je pleurais, mais tout le maquillage se met à couler dans mes yeux, et forcément ça pique. L'autre glandu se ramène et me caresse doucement dans le dos. Je le trouve dégueulasse, immonde d'oser me toucher. C'est pas de son réconfort dont j'ai besoin. A la limite je pourrais appeler ma mère, et lui raconter un peu l'histoire, en oubliant certains détails bien sûr. Mais non...j'me sens tellement seul, et sale. Et lui il est tellement à gerber. Il est même pas beau. Et il pue. Il dit des trucs dont j'ignore le sens, j'ai pas envie de chercher à comprendre quoi que ce soit. Je veux juste...je sais pas.

Je me retourne sur le dos, et le regarde me surplomber. Il est vraiment laid. Et il me fait peur avec ça. Il n'est rien de ce que j'ai l'habitude de voir. Il n'est pas musclé comme Georg, ni mignon comme Gustav, encore moins...comme Tom. Ou comme moi. Il n'est pas comme nous. Il n'est rien en fait, seulement un mec rencontré par hasard qui me sert de prétexte pour attirer l'attention de mon frère. C'est minable, mais autant en profiter.

J'agrippe brusquement sa nuque et l'attire contre moi, plaquant sa bouche dégueulasse contre la mienne. Son odeur forte pénètre mes narines, me dégoûte, et pourtant, tout son lui, aussi dégueulasse soit-il, me donne envie. Envie de jouer. Il se recule pour mieux revenir à la charge, léchant mes lèvres que je refuse d'abord d'ouvrir. Il bave comme un chien, et sa salive coule le long de mes joues. Je consent enfin à me laisser faire, et sa grosse langue visqueuse vient racler mon palais. C'est le baiser le plus répugnant que j'ai reçu de ma vie. Son muscle s'agite, cognant mes dents, frottant désagréablement ma propre langue qui refuse de bouger. Il monte carrément sur moi, et je n'ai d'autre choix que d'écarter les jambes en grand pour qu'il puisse s'installer comme il faut. Le pire, parce que oui il y a un pire dans tout ça, c'est le moment où je sens entre mes jambes, tout contre mes cuisses, sa virilité qui gonfle sous son short fin. J'ai presque envie de vomir, de pleurer... Il continue à fourrer son énorme langue dans ma bouche, risquant à chaque fois de m'étouffer. Je partage à regret le même souffle que lui, et ne peut que me retenir de le pousser loin quand je me rends compte de son haleine immonde. Ce mec est une erreur, et je suis en train de me frotter à lui comme je le ferais à la plus baisable des meufs de ce monde. Sauf qu'avec elle, je ne ferais pas semblant. Malgré toute l'horreur de cet instant, je ne pense qu'à une seule et unique chose.

A Tom. Tom qui regarde la télé à quelques mètres de là, et qui ne se doute pas encore de ce qu'il se passe. Mon autre main accroche sa hanche, descend sur sa cuisse. Et là, je presse fermement, le faisant haleter dans ma bouche. Ses dents s'accrochent sans douceur à mes lèvres. Ca m'étonnerait même pas que ce mec soit qu'un pauv' puceau, croyant s'être trouvé une meuf pour faire enfin descendre la pression accumulée dans ses couilles. Je m'accroche plus fort, cherchant à le faire gémir franchement, mais on dirait que rien ne marche. Au grands maux les grands remèdes. Ma main glisse entre ses cuisses et touche sa bite dressée à travers son short ridicule. Et là hurle littéralement. Un gémissement aussi fort que désagréable. Je tiens toujours son membre, essayant de penser à tout sauf à ça, et il gémit encore et encore. Il met fin à notre baiser brutal et me bave dessus, m'envoyant des coups de langues sur les lèvres, me la fourrant limite dans le nez. A vomir, c'est à vomir. Parmi tout ces halètement canins, je parviens à entendre des bruits de pas, et soudain un vide au dessus de moi.
Et puis il y a Tom. Tom qui hurle. Qui frappe. L'autre qui cri aussi.
Et puis y'a mon sourire.



Voilà voilà!
Bon je vous avoue que c'est pas aussi long que ce que je voulais.
Mais j'ai été dans l'obligation de couper, parce que je dois aller dodo x')
Et surtout que c'était ça ou RIEN. Gnahaha.
Bon bon, pour la première fois de ma vie, j'ai fait une review de mon week-end TH, si ça interesse quelqu'un c'est ici.
La suite pour bientôt, j'suis du genre TROP inspirée quoi ='P
Bizouw les enfaaaants!

PS : Désolée pour tout ceux qui me laissent des com'z pour aller lire leur suite, j'ai pas encore eu le temps mais je rattrape tout mon retard cette semaine!



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# Posté le dimanche 16 mars 2008 17:56

Modifié le dimanche 07 septembre 2008 06:04

Chapitre Neuf.

Chapitre Neuf.

Voilà la suiiiite!
Je ne sais plus qui m'a demandé qui était mon préféré dans Tokio Hotel.
A ceci je réponds : Tokio Hotel. On va dire que j'ai mes périodes, parfois l'un, ou l'autre, ou l'un, ou l'autre.
Pour ceux qui ont trouvé le baiser de la dernière fois gore etc, c'est du vécu.

Je sais que je demande beaucoup de chose x'D - mais naaan - mais j'aimerais vous demander à tous et toutes d'être a-c-t-i-f-s dans cette histoire. Analysez, cherchez, et trouvez! C'est pas bien compliqué en fait. Vous vous posez tout plein de questions, mais tout est là devant vous!
Un p'tit com' à la fin, ça fait pas de mal non plus.

Bonne lecture.



Chapitre 9

Tom rouait de coups l'inconnu, parvenant simplement à esquiver les représailles de celui-ci. Bill quant à lui assistait à la scène très passivement. Il était simplement allongé sur le lit à regarder le plafond. Il voyait Tom, il entendait sa victime glapir, mais il était à des années lumières de tout ceci. En vérité, il réfléchissait. Bien sûr il avait réussit à faire réagir Tom. Bien sûr il avait la preuve de l'amour incontestable que son jumeau lui portait. Mais à quel prix? Il s'était travesti, avait dragué un parfait inconnu et avait fait de lui sa victime puis s'était littéralement fait violer la bouche. Depuis quand arrivait-on à de tels comportements pour attirer l'attention de quelqu'un? Parce que deux personnes normales se seraient réunies autour d'une table pour discuter, et dans un cas extrême en seraient venues aux mains, Bill décida qu'il n'était pas normal. Ils n'étaient pas normaux.

Tom daigna enfin lâcher le pauvre garçon, le soulevant par le col de son t-shirt et lui crachant un "maintenant casse toi" ne laissant place à aucune objection. Le jeune homme détalla en proférant quelques paroles incompréhensibles pour les jumeaux, et fini par claquer la porte. Aucun des deux occupants de la chambre ne cilla, ci ne n'est que la tête de Bill tomba sur le côté, l'obligeant à faire face à un oreiller. Son sourire semblait s'être incrusté sur son visage, ne laissant place à aucune autre expression. Mais quel sourire...non pas un sourire victorieux, ou de bonheur. Juste un sourire nerveux, trahissant la peur panique qui le clouait sur place. Il avait été trop loin, bien trop loin. Oui il avait réussit, mais il en avait beaucoup trop fait. Il avait cette désagréable sensation d'avoir avaler une pierre. Et son poids insupportable ne lui rappelait que trop bien la situation. C'était ça, le prix du bonheur? Le prix des efforts, c'était donc ça? Ca lui filait la nausée, presque autant que la salive gluante qui lui dégringolait des joues pour se perdre dans ses cheveux en bataille.

Ses paupières se crispèrent et sa respiration se coupa au moment où Tom se jeta sur lui, comprimant ses poumons par son poids. Sans attendre, il se mis à frapper, frapper, et frapper encore, ratant parfois Bill pour écraser son poing ou la paume de sa main sur le matelas. Le plus jeune essayait à peine de se défaire, acceptant la sentence sans émettre le moindre son.

-Mais putain Bill! Hurla Tom en se redressant.

Il était à califourchon sur son frère, les yeux assombris par la colère, une expression dure lui collant au visage. De ses mains calleuses il attrapa la tête de Bill, le forçant à le regarder.

-Mais à quoi tu joues merde?! Pourquoi tu fais tout ça?!

Bill pleurait en silence, ne répondant aucunement aux questions de Tom. Le blond secouait la tête de Bill, la soulevant pour mieux la plaquer ensuite, et continuait désespérément à lui demander des explications.

-Bill! Putain mais regarde toi! Merde Bill! T'es... mais t'es une putain Bill! Une sale putain!

Tom porta sa main à sa bouche, soupirant en fermant les yeux. Tout allait vraiment trop loin. Et comment tout ça avait commencé? Comment tout avait recommencé?
Il ouvrit calmement les yeux quand il entendit distinctement les sanglots de Bill qui fondait littéralement . L'épaisse couche de maquillage coulait désespérément le long de ses tempes, tâchant les draps blancs du lit. Tom fixait Bill avec un regard sévère, colérique. Il se pencha en avant, attrapant les cheveux fins du brun, et d'un geste sec les tirant en arrière, faisant gémir et se cambrer Bill sous lui.

-Je ne veux plus jamais ça.

Brusquement, il attrapa la lèvre de Bill entre ses dents. Celui-ci ouvrit les yeux en sursautant, ne s'attendant pas à cet acte de la part de Tom. Il sentit alors la langue de Tom venir caresser ses lèvres, et minutieusement s'inviter dans sa bouche. Il soupira, encore sous le choc et ne comprenant pas cette élan de tendresse soudain. Seulement, il n'y avait dans les gestes de Tom aucune envie, aucune tendresse. Sa langue vint caresser le palais de Bill, et quand il sentit celui-ci se détendre, il l'enfonça le plus loin possible. Bill prit de panique lança ses jambes, tentant désespérément de faire basculer Tom qui l'étouffait plus qu'il ne l'embrassait. Quand le muscle de son frère le libéra enfin, une vive douleur vint le surprendre au niveau de la lèvre. Sans qu'il ne se rende compte de rien, Tom avait agrippé ses poignets, les serrant à lui en déchirer la peau, et mordait furieusement sa lèvre inférieure. A mesure qu'il se débattait, il sentait ses chairs se creuser, sa douleur empirer et sa peine le tuer un peu plus. Un sanglot plus puissant que les autres sembla ramener Tom à la réalité. C'est en léchant ses lèvres qu'il lâcha celles de Bill qui semblait vidé de toute force.

-Tu vois ce que tu risques à jouer comme ça. On ne joue pas avec le désir. Ni avec le corps et encore moins avec le sexe. Mon frère n'est pas une pute, et ma soeur encore moins.

Le brun hocha lentement la tête, les yeux fuyants. Tom se releva et attrapa son frère dans ses bras, le faisant s'asseoir près de lui. Il lui caressa doucement la tête, semblant vouloir dompter la masse de cheveux sombres, mais ce que Tom n'avouera pas, à personne et même pas à lui même, c'est qu'il voulait simplement consoler Bill. Il voulait juste s'excuser, juste le réconforter, le supplier de ne pas lui en vouloir. Il était rarement violent, d'autant plus avec Bill, et il s'en voulait de s'être emporter de cette façon. Il s'en voulait encore plus de ne pas avoir tuer le soit disant ami de Bill. Et encore plus d'avoir laissé Bill sortir. D'avoir laissé sortir Bill dans cette tenue, avec ce maquillage. Et cette démarche. Et cette attitude. D'avoir laissé Bill devenir Emily, tout simplement.

Mais, n'était-ce pas la faute de Bill lui même? L'origine de cette pseudo-personne, de ce nom, de ce personnage. N'était-ce pas Bill qui avait tout créé?
C'était de sa faute.
Le blond se releva, laissant Bill calmer ses sanglots par lui même. Sans un mot il ouvrit la porte, quittant la chambre pour rejoindre la terrasse où Georg et Gustav étaient toujours assis.
Il passa devant eux, n'adressant aucun regards et aucun mots, se précipitant vers les escaliers qui menaient vers la piscine. Son visage était fermé, dur. Il s'en voulait, c'était inévitable, mais il en voulait vraiment à Bill. Il lança son t-shirt sur un transat, se retrouvant directement en tenue aquatique. Après un rapide passage sous la douche froide, il plongea dans l'eau, inondant le carrelage autour de la piscine. Et pour son plus grand bonheur, l'endroit était complètement désert. Après une dizaine de longueurs effectuées à un rythme effréné, Tom s'adossa à la paroi bleue ciel, et s'immergea totalement.

L'eau glissait sur lui, et les bulles qu'il faisait sortir de sa bouche caressaient, chatouillaient sa peau. Dans cet univers aquatique, les sons semblaient à la fois amplifiés et accentués. Il n'aurait sût entendre son pied qui tapa sur le mur derrière lui, mais arrivait parfaitement à distinguer le clapotis de la surface. Il n'y avait pas de juste milieux, c'était trop ou pas assez. C'était comme sa vie, en fait. Tout allait toujours dans les extrêmes. Il était soit totalement heureux, soit vraiment triste. Parfaitement lucide ou totalement déconnecté. Extrêmement calme ou très énervé. Passionné ou haineux. On pourrait croire que c'est une situation difficile à gérer, mais tout ce qui faisait Tom, c'était cet équilibre déséquilibré. Il était un extrême à lui tout seul, et il l'avait parfaitement compris depuis sa plus tendre enfance. Ainsi, il n'avait jamais compris ce que pouvait bien être la normalité à proprement parlé. Un état « normal », qu'est-ce que ça pouvait bien vouloir dire? Se sentir normal. C'était quoi alors, être anormal?

Ayant évacué la presque totalité d'air de ses poumons, Tom se trouvait au fond du bassin, ses pieds effleurant à peine le sol carrelé. Il ouvrit ses yeux dans l'eau javellisée, observant la réalité déformée devant lui. Tout était flou. Mais lumineux. L'air vint à lui manquer, et il remonta prestement à la surface. Le contact avec l'air était plus froid que quelques minutes auparavant, les sons étaient de nouveaux audibles, et il pouvait voir correctement. Il pouvait voir correctement Bill, assis de l'autre côté du bassin, les pieds trempant dans l'eau. Il avait la tête baissée, ses cheveux se balançant devant son visage ainsi caché. Il nagea lentement dans sa direction, et s'arrêta juste devant lui. Bill vit Tom apparaître à travers son rideau de cheveux, et leva un peu la tête.

-Tu sais...je voulais pas...'fin...tu vois, je voulais pas que ça parte en couilles comme ça.

C'était Tom qui venait de parler. Bill hocha simplement la tête, reniflant bruyamment.

-Je pensais pas que...hé à qui ai-je l'honneur? plaisanta-t-il en souriant.

Cette fois, Bill secoua la tête, ne pouvait réprimer un sourire.

-T'as pas dit "pouce". Et j'ai pas dit "pouce" non plus.

-Je sais pas si j'ai envie de dire "pouce", Emily. Je ne sais pas à qui je dois expliquer que certaines choses se font, et d'autres pas
, continua Tom en souriant toujours. Bill quant à lui se racla la gorge, et dit sans hésitation.

-Tout à l'heure, t'avais pas ce problème. Tu semblais savoir à qui tu t'adressais, non?

Tom fronça les sourcils et retroussa son nez. Il se dit alors que cette moue qu'il venait d'adopter était en fait une moue typiquement "billienne". Il sourit pour lui même, baissant la tête et par conséquent ses yeux vers l'eau translucide.

-Tout à l'heure, c'était tout à l'heure.

Son doigt passa rapidement sur la cheville de Bill qui trempait dans l'eau. Ce dernier replia les orteils, plongea sa main dans l'eau et aspergea Tom qui recula.

-Bon ok, tout à l'heure c'était tout à l'heure, dit Bill en regardant Tom dans les yeux. Parle...à qui tu as envie de parler.

-Je pense que le Bill qui est en toi à compris ce que j'avais à lui dire
, fît Tom en ré-approchant. Imaginons un instant, que...je sois une fille. Moi Tom, je suis une fille, je suis hyper bien foutue, je me barre et reviens avec un clodo rencontré sur la route, je l'embrasse, et limite je le branle dans le lit où je dors toutes les nuits, avec mon frère. Quelle genre de fille suis-je? continua-t-il sur un ton léger.

-Une fille qui a les hormones en folie
, répondit Bill en lançant ses pieds en avant. Peut-être que tu as tes règles.

-Sérieusement...

-Bon. Peut-être que...tu veux juste attirer l'attention de quelqu'un et que t'es tellement stupide que t'as pas trouvé d'autre moyen. Peut-être que t'étais désespérément en manque d'affection et d'amour, et que...tu voulais te venger de la personne qui jusqu'à lors était ta plus grande source de réconfort. T'étais peut-être tellement triste, et énervée, peut-être choquée du désintérêt de cette personne que t'as fait les premières choses que les filles font dans ce cas là : shopping, drague et plan cul, ou bien la recette parfaite de la vengeance. Heureusement pour toi qui n'avais pas prévu de capote, le plan-cul a été annulé. T'as été réveillée de ta transe, et automatiquement tu t'en aies voulu d'avoir claquer tout le fric des vacances, de t'être fait embrasser par un mollusque, et aussi de lui avoir touché la queue. T'as reçu des baffes mentales violentes et...et puis faut que tu cherches le moyen de te faire pardonner. Bon moi j'ai envie de te dire, on a tous connu une situation comme ça et...

-Viens dans l'eau
, le coupa Tom.

-J'ai pas de maillot de bain.

-On s'en fout tu vois bien que y'a personne.


Le brun entra dans l'eau rapidement, ne prenant pas la peine d'enlever ses vêtements neufs. Tom attrapa son poignet et attira Bill vers lui, collant leur corps.

-Comme tu as changé, petite petite soeur.

Bill laissa entendre un rire cristallin et plongea sa tête dans l'eau. Il remonta presque aussitôt, passant ses mains dans ses cheveux pour les ramener en arrière.

-Mon maquillage est tout coulé, putain.

-Et t'as même de la poitrine, trop forte!


Cette fois, Bill poussa Tom, l'éloignant de lui en rigolant.

-C'est pas des choses qu'on dit aux femmes, Tom.

-Ohhh désolé de vous avoir froissé, Milady. Et je croyais que le chlore, ça puait et ça abîmait les cheveux...

-J'ai jamais dit ça.

-Tu l'as dit.

-Non, j'ai jamais dit ça, Tom.


Bill fronça les sourcils, regardant Tom avec insistance.

-T'as jamais dit ça, je dois confondre.

Bill fît entrer de l'eau dans sa bouche, et la laissa couler en dehors de celle-ci. Il répéta le geste quatre ou cinq fois avant de s'approcher de Tom à nouveau.

-Embrasser ce mec, c'était vraiment l'horreur, dit-il en baissant les yeux. J'avais l'impression d'embrasser un escargot. Ou une huître. C'était vraiment la chose la plus dégueulasse que j'ai faite de ma vie.

-Il avait l'air d'aimer ça, vraiment.

-Il bandait sérieusement, c'était pire que pire. Moi, si innocente et prude...
rajouta-t-il en battant des cils et hochant la tête.

-"Innocente et prude", laisse moi rire s'il te plaît.

Bill soupira et sans que Tom ne s'y attende, il vint se blottir dans ses bras. Le liquide ondulait autour d'eux, les faisant tanguer en rythme. Le blond embrassa les cheveux mouillés de Bill, et le serra plus fort contre lui. Tout les deux savaient à ce moment là que le passé était oublié, et que l'un et l'autre était pardonné.

Tom pouvait sentir contre son torse dénudé la poitrine factice de Bill, ou la menue poitrine d'Emily. C'était quelque chose d'étrange mais pas désagréable, et il ne pût s'empêcher de penser à ce moment là que non seulement son frère avait poussé le vice très loin, mais qu'en plus il n'y était pas insensible. Là, dans ses bras, Bill avait l'air tellement petit, et féminin. Lentement il se décolla, cessant de battre des pieds dans l'eau, et ainsi provoquant son immersion totale. Il contourna Bill et attrapa ses jambes, emportant celui-ci sous l'eau.

Tom remonta aussitôt en riant de tout son soûl, suivi quelques secondes par Bill qui crachait de l'eau, effectuant des mouvements saccadés et paniqués pour rejoindre le bord. Ne voulant laisser son frère dans un tel état, Tom l'attrapa dans ses bras, l'emprisonnant tendrement.

-Mais t'es vraiment qu'un putain de connard putain de merde! Hurla Bill en se débattant légèrement.

-Vulgaire avec ça. Pas un brin de reconnaissance! Ricana Tom.

La tête reposant sur la clavicule de son frère, Bill respirait rapidement, son souffle chaud venant contraster avec la fraîcheur provoquée par l'eau de la piscine sur la peau de Tom. Celui-ci maintenait Bill tout contre lui, battant des pieds pour les garder à la surface.
Bill posa ses lèvres sur la peau de Tom, et embrassa légèrement celle-ci. Après cette timide intention, il leva ses yeux sur-maquillés vers son aîné et embrassa doucement sa joue. L'étreinte de Tom se resserra d'avantage, et à mi-voix, Bill chuchota un "pouce" avant de sceller leurs lèvres dans un baiser appuyé.




Voilàààà!
Bon je sais que c'est court par rapport à vos espérances. Mais euhm...voilà.
Des choses à me raconter, des questions à propos de ce chapitre, aussi court soit-il? XD
Lâchez-vous mes amis!
Bon j'vais vous poser des questions pour vous aider à faire des com'z construits:

----------------------• Que pensez-vous de la relation Bill/Tom
----------------------• Quelle importance Emily a-t-elle à vos yeux?
----------------------• Pensez-vous qu'il y ait dans ce chapitre des éléments permettant de --------------------------------traduire un minimum la relation des jumeaux par rapport à elle?

Bonne nuit les n'enfants, désolée pour le retard.

EDIT : Fan de son com! *-*


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# Posté le dimanche 30 mars 2008 09:30

Modifié le dimanche 07 septembre 2008 06:24

Chapitre Dix.

Chapitre Dix.

Hellow!

Comment allez-vous?

Désolée d'avoir mis du temps tout ça, j'avais pas beaucoup d'inspiration pour ce chapitre, beaucoup plus pour les deux qui suivent (qui sont finis et prêts à être posté!)

Bonne lecture!


Chapitre 10

F L A S H - B A C K

21 mars 2000.
Classe des jumeaux.

Il était 11h, l'heure du déjeuner approchait à grands pas, réjouissant les petits écoliers, achevés à coups de mathématiques, allemand, et autres supplices tels l'histoire et la géographie.
Bill avait depuis bien longtemps abandonné sa concentration, préférant somnoler tranquillement, la tête dans ses bras qu'il avait posé sur la table. Tom lui, observait son frère de sa place. Etonnamment, les jumeaux avaient choisi d'un commun d'accord de se séparer. Du haut de leurs dix ans, ils avaient compris que rester l'un avec l'autre à longueur de temps les aurait totalement coupé de la société, les empêchant ainsi de s'épanouir, de grandir.

Ainsi, ils avaient choisi de se distinguer totalement l'un de l'autre en fréquentant des amis différents, ayant des activités différentes, des intérêts différents. Leur point de vue plutôt précoce sur la question de leur différence avait quelques peu intrigué leur entourage, mais les proches pouvaient constater avec sourire et tendresse que ces divergences ne séparaient en rien les jumeaux, qui une fois le soir venu, dans l'intimité de leur domicile, se racontaient leur journée, exploits, écoutant attentivement l'autre avec des étoiles dans les yeux.
Tom était donc ailleurs qu'aux côtés de Bill. Il se trouvait en fait juste derrière lui. C'était en quelques sortes une situation stratégique. Il avait ainsi le contrôle, et pouvait surveiller son frère comme il l'entendait. Non pas qu'il ait voulu l'épier, c'était juste rassurant de l'avoir devant lui, ni trop loin, ni trop près.

Dans son sac, le petit paquet de bonbons, attendant sagement que quelqu'un daigne manger son contenu. Alors que Tom commençait lui aussi à décrocher totalement du cours, Bill se retourna, les yeux plissés par la fatigue.

-Hé Tom, on joue cet après-midi?

Ledit Tom fronça les sourcils, cherchant où exactement voulait en venir Bill.

-Jouer...comme hier, tu veux dire?

-Hinhin
, répondit Bill en hochant vivement la tête.

Cela semblait tenir vraiment à coeur au brun, et Tom n'aurait pût décliner la proposition tant il lui semblait impatient. Ses yeux brillaient d'une lueur étrange et folle, et ses joues avaient rosies quand Tom avait accepté.

-Mais...je veux jouer à l'école, ajouta-t-il Bill, mal à son aise.

-A l'école? T'es fou!

-Mais je...pour changer. Allez Tom... Hier on a joué dans la rue!

-Hier tu m'as forcé!

-Et si je te force encore?
demanda Bill en souriant gentiment.

Bill était vraiment irrésistible pour Tom. Ainsi, il accepta, pour ses beaux yeux, ou plutôt son beau sourire.
Plus que satisfait, Bill se tourna vers le tableau, semblant soudain très intéressé par les propos du professeur. Tom, un peu déboussolé, baissa ses yeux sur sa feuille, cherchant la concentration parmi les milles interrogations qui l'assaillaient.

Depuis quelques temps déjà, Bill se montrait vraiment très entreprenant lorsqu'il s'agissait de jouer. Trop entreprenant. C'était dérangeant, et bien souvent Tom n'arrivait pas à lui résister. Bill avait sur lui un tel pouvoir de persuasion qu'il en était frustré. A ces moments là, la situation semblait lui échapper, glisser entre ses doigts sans qu'il ne puisse la rattraper.

Sans qu'il ne puisse rattraper Bill, faisant face à Emily. Bien sûr, c'était toujours amusant de jouer. A la condition que Bill ne veuille pas sortir. Et surtout, à la condition que Bill ne soit pas trop une fille. Parce que Bill savait être trop une fille, et cela inquiétait Tom plus que ça ne l'amusait. C'était le cas lorsque Bill essayait d'embrasser Georg ou Gustav, défiant Tom du regard. C'était le cas quand il voulait aller acheter des choses de filles, comme ces horribles collants rouge. C'était aussi le cas quand il pleurait pour obtenir ce qu'il voulait, ou quand il battait des cils exagérément, quand il posait son gloss et quand il peignait ses cheveux.

-Tu me prêtes ton taille-crayons Tom?

Bill s'était à nouveau retourner, un sourire éclairant son visage. Sans un mot, Tom lui tendit l'objet, scrutant le visage de Bill, les cheveux de Bill, les mains de Bill. C'était bien Bill, un garçon qui était devant lui. Alors comment était-il possible que d'une minute à l'autre il se transforme de façon si extraordinaire? Comment est-ce que Bill pouvait être autant fille et garçon? Comment Bill pouvait être deux personnes et une seule à la fois?
Tom fronça les sourcils, reposant ses yeux sur sa feuille. Il ne pouvait plus réfléchir à autre chose qu'à cela. C'était tout simplement impossible de suivre le cours et se poser autant de question en même temps. Il était contrarié, lui qui pensait tant connaître Bill. Et il décida qu'il devait connaître Emily pour connaître totalement Bill, c'était la solution qui lui paraissait la plus envisageable.

Le temps fila, emportant les jumeaux loin de leur salle de classe. Ils déjeunaient tout les deux chez eux, ensemble. Depuis quelques temps, leur mère leur avait permis de faire eux même leur repas, leur donnant à chacun un sentiment incroyable d'autonomie.
Ce midi, ils mangeraient simplement des frites avec du poisson pané. Tom était assis sur le plan de travail, regardant Bill s'affairer. Celui-ci avait les sourcils froncés, lisant à faute voix avec une attention certaine les instructions sur le petit paquet de frites.

-"Placez la boîte à l'horizontal dans votre micro-onde et le programmer sur deux minutes trente. Évitez la position décongélation." Mais c'est quoi la position décongélation? Et ils y ont pensé aux gens qui n'ont pas de micro-onde?

-T'es nul Bill! Les gens qui n'ont pas de micro-onde n'achètent pas de frites qui se font au micro-onde!

-Ouais, ben c'est de la merde quand même. C'est quoi "décongélation" ?

-C'est ce qu'il ne faut pas utiliser.

-Mais qu'est-ce que j'en sais c'est quel bouton moi! Je suis pas Maman!

-Eh ben je vais le faire, pourquoi tu t'énerves?

-Je m'énerve pas, c'est ce truc qui m'énerve! J'ai super faim et j'arrive pas à faire cuire des frites au micro-onde! C'est un truc de fille de toute façon.

-Mettre une boîte dans le micro-onde?

-Faire la cuisine! Et toi tu fais ton homme à me regarder galérer!

-J't'ai proposé mon aide hein! T'as pas voulu!

-Et le poisson pané? On fait comment?

-Maman le met dans la poêle. Fais pareil.

-J'espère que t'es pas affamé. Je reviens.


Bill posa la boîte cartonnée sur les genoux de son frère, filant sans un mot de plus, certainement vers le salon. Les jambes de Tom balançaient dans le vide, ses yeux balayant rapidement les écritures jaunes sur le fond rouge de la boîte. Il était à la fois impatient et effrayé de ce que arriverait l'après-midi même.
Ou peut-être bien plus tôt que ça.

-Même pas capable de faire chauffer des frites! Ricana une voix provenant du haut des escaliers.

Tom posa précipitamment la petite boîte, se penchant en avant pour tenter d'apercevoir le propriétaire de cette exclamation. De là où il était, il pouvait entendre les pas lents de Bill qui descendait les marches, sans pour autant le voir. Quand le pied de Bill quitta la dernière marche et qu'il apparu enfin devant Tom, celui-ci devina tout de suite que ce n'était plus à Bill qu'il avait affaire. C'était Bill avec du maquillage. Bill avec une jupette. Bill avec des couleurs dépareillées, des couleurs de filles de surcroît. Il fronça les sourcils, regardant avancer son frère, ou bien sa soeur.

-Donne moi ça. Dit Bill en montrant du menton la boîte cartonnée.

Tom attrapa la boîte, la tendant d'un geste ralenti à son frère, ou bien sa soeur. Il, Elle le regardait, avec cet air dérangeant. Et il, elle, ne semblait pas vouloir le lâcher. C'était tellement pesant pour Tom qu'il baissa les yeux sur ses baskets qui pendaient dans le vide, écoutant Bill s'activer avec le micro-onde.

-"Placez la boîte à l'horizontal dans votre micro-onde et le programmer sur deux minutes trente. Évitez la position décongélation". Est-ce si compliqué que ça? Demanda Bill, ou Emily, une pointe d'ironie dans la voix.

Il, elle fronça les sourcils en ouvrant le micro-onde, plaça la portion de frite et programma le micro onde, non sans avoir grimacer de doute auparavant. Ignorant ce qu'était le programme de décongélation, il, elle pris le risque de faire de leur déjeuner une catastrophe.

-C'est parti pour deux minutes trente secondes.

-Hm, d'accord.

-Je vais faire le poisson pané.

-Pourquoi j'ai le droit de rien faire?

-Tu peux regarder. Envoie le poisson.

-Tu sais même pas comment on fait
, grogna Tom en faisant glisser le paquet de poisson surgelé sur le plan de travail, tu vas tout faire brûler j'en suis sûr.

-Écoute, je vais mettre ce foutu poisson dans une poêle et on en parle plus.

-C'est pas comme ça qu'il faut faire, imbécile.

-Maman fait comme ça!

-Tu ne sais pas. Il faut rester à le surveiller, et les retourner. Et maman met une noix de beurre dans la poêle pendant que ça chauffe.

-Et bien je ferais comme je ferais! Je ne suis pas ta maman!


-Je sais plus trop ce que tu es, en fait. Souffla Tom en levant les yeux.

Ils restèrent silencieux jusqu'à ce que la sonnerie du micro-onde retentisse, les prévenant que leur plat était prêt. Tom sauta du plan de travail pour récupérer les frites. Il en porta une à sa bouche, s'étonnant de la mollesse de l'aliment, la fadeur du goût.

-Je crois que tu as mis les frites à décongeler.

-Mais non.

-Si, c'est dégueulasse.

-Eh ben fallait les faire tout seul putain!

-C'est toi qui n'a pas voulu je te signale!

-Peut-être bien que c'était pour que tu insistes que j'ai dit ça! Tu m'énerves, à cause de toi les poissons panés vont griller.


Tom abandonna son frère, sa soeur, dans la cuisine. Il était contrarié et s'affaissa lourdement dans le canapé. Il ramena ses pieds chaussés contre lui, et avait le visage fermé. C'était autant à cause de son repas qui se voyait annulé que de l'attitude de Bill. De Bill, parce que c'était bien de sa faute. Il cherchait à l'embrouiller sans cesse, et il y parvenait avec une facilité déconcertante. Il n'avait plus vraiment envie de jouer, surtout si Bill avait décidé de jouer de cette façon. Et encore moins de jouer dehors, si Bill était habillé comme de cette façon. Et encore moins en cours, si Bill venait à lui parler de cette façon. Le regarder de cette façon. Ces façons de filles.

Une vague odeur de brûlé pénétra ses narines, le faisant froncer les sourcils. Il respira profondément, un sentiment étrange de satisfaction se répandant à vitesse rapide dans chaque veine, chaque vaisseaux de son corps. Se forçant à ne pas rire, sourire, il se leva pour retourner dans cuisine. Au dessus de la cuisinière, une fumée noirâtre volait pour se perdre dans la hôte.

-T'as mis le feu trop fort.

-Nan sans blague! J'avais pas vu!


Bill, ou peu importe qui il était, s'agitait un peu partout, semblant totalement décontenancé.

-On a plus rien à manger. A part des frites molles, et du poisson grillé.

-C'est bon Tom! C'est bon!


Il attrapa le manche de la poêle, appuya sur la pédale de la poubelle et versa les poissons trop cuits sans plus de cérémonie. Violemment, il lâcha la poêle dans l'évier, et se laissa brusquement tomber sur une des chaises de la pièce.Il avait les sourcils froncés et le nez retroussé. Une moue typique de Bill, pensa Tom en souriant doucement. Il approcha de la table et attrapa une chaise, s'asseyant devant son frère, ou sa soeur. Il inclina sa tête sur le côté, regardant rouler une petite larme sur la joue maquillée.

-Pourquoi tu pleures?

-Pourquoi je pleurerais pas.

-Y'a pas de quoi pleurer.

-J'ai raté le repas.

-Tu réussiras la prochaine fois, c'est comme le vélo.

-Débile. Je réussirais jamais. Je suis sûre que je suis la seule, la seule fille au monde qui ne sait pas faire la cuisine!
Pesta Bill en regardant Tom sérieusement.

-C'est peut-être parce que tu n'es pas une fille.

-Ou parce que t'es qu'un putain de con de merde.

-Mais arrête de dire des gros mots comme ça! Si t'étais une fille t'en dirais pas autant!

-Alors ouais, je ne suis sûrement pas une fille.


Tom hocha la tête, incapable de comprendre où est-ce que Bill, Emily voulait en venir. Ne voulant en aucun cas rester en froid avec Bill, ou Emily, il se leva pour pouvoir le, la prendre dans ses bras.

-Tu vas quand même pas pleurer pour ça, c'est pas si grave, tu pourras apprendre. Souffla Tom à son oreille. Il caressa les cheveux noirs qui glissaient entre ses doigts, calmant ainsi la peine, ou la colère accumulée.

Bill, Emily leva la tête pour embrasser la joue offerte de son jumeau qui sourit largement à ce geste de tendresse. Il l'embrassa à son tour, sur le haut de sa pommette rougie, frôlant du bout du nez ses cils longs et doux. Une fois de plus, Bill, Emily répliqua, posant ses lèvres sur le front de son frère, qui lui rendit son bisou. L'action se répéta cinq ou six fois entre les deux enfants qui à présent riaient de leur attitude.

-Pouce, dit Bill en rigolant tout bas.

Tom fronça les sourcils lorsqu'il sentit les lèvres sèches de Bill se poser sur les siennes et y effectuer une légère pression.

-Hé! Dit-il en poussant son frère suffisamment fort pour qu'il se décolle de lui. Qu'est-ce que tu fais!

-Je...je joue.

-Tu ne jouais pas! T'as dit "pouce"!

-Mais, maintenant. Maintenant je joue! Je joue!

-Ne refais pas ça.

-D'accord.


Quelques instants silencieux passèrent, aucun des deux ne sachant que faire jusqu'à ce que Tom propose de trouver quelques cochonneries à manger, histoire de ne pas retourner en cours l'estomac creux.
Avant de partir, bien que les deux garçons jouaient encore, Bill avait pris la peine d'enlever la jupe qu'il avait décidé de porter pour l'occasion, revêtant ses vêtements simples. Toutefois, il garda son maquillage, malgré les réflexions de Tom. Sur le chemin, il lui avait d'ailleurs attrapé la main, lui conseillant de rester près de lui, et décrétant qu'ainsi, ils ne seraient pas embêtés. Et lorsqu'ils furent arriver en classe, Tom avait avancé d'un rang.


Vuala vuala.

Bon je saiiis que c'est pas ce à quoi vous vous attendiez, vous vouliez la "vraie" suite, maiiis...voilà quoi x'D
Je pars en vacances dans quelques heures chez ma n'Amélia, donc, ben donc pas de suite pendant une semaine minimum.
En attendant, lâchez-vous sur les com'z x']

Questions :

--------------------• Après ce petit Flash-Back, comment pensez-vous que Tom va réagir au baiser-------------------- de Bill?
--------------------• Quel(s) effet(s) vous a fait les "il/elle" "Bill/Emily", "frère/soeur" dans le texte?
--------------------• Pensez vous que Tom fait vraiment la différence entre Bill et Emily?
--------------------• D'après vous, Tom préfère-t-il Bill, ou Emily?

Vous avez de quoi me faire des choses pleines de constructivité! X'D

Pitite Pioub Pour Mélina > > ICI!!! Allez voir sinon...JE BOUDE!


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# Posté le dimanche 06 avril 2008 13:20

Modifié le dimanche 07 septembre 2008 06:40

Chapitre Onze.

Chapitre Onze.

Hello!

De retour de vacances u_u'
(J'avais aucune envie de rentrer vous vous en doutez)
Donc ben voilààà j'me suis amusée comme une tarée, c'était la plusseuh meilleure semaine depuis très longtemps. Faire le vide de la ville pour m'emplir du pouvoir de la campagneuh. Et surtout faire le plein de ma n'Amélia (même si j'en ai jamais assez, évidemment u_u).
J'vous laisse enfin lire la suite, la vraie de vraie x'D
Bonne lecture!

(Et un grand merci pour les com'z <3)


Chapitre 11

Bill avait poussé Tom jusqu'à la paroi de la piscine, maintenant leurs lèvres complètement collées l'une à l'autre. Aussi étonnant que cela puisse être, Tom n'avait opposé aucune résistance, se laissant faire totalement par Bill. Il pouvait sentir contre sa bouche les lèvres froides et enflées de Bill, lui rappelant douloureusement le baiser sauvage qu'il lui avait offert quelques dizaines de minutes auparavant. Il émit un son étouffé quand son dos toucha enfin le mur frais, et passa ses mains dans la nuque de Bill pour l'approcher encore un peu plus. Les mains de Bill s'agrippèrent au rebord du bassin, le mettant dans une position de hauteur par rapport à Tom. Ses genoux eux étaient disposés de part et d'autre de Tom, collant davantage leurs corps et les maintenant tout les deux.

Cette position, cette situation. Rien ne pouvait être plus explicite que cette scène, et n'importe quelle personne qui serait passée à proximité aurait pût jurer voir un homme et une femme étroitement enlacés dans un baiser sensuel, sexuel.
Bien entendu, le baiser ne resta pas en surface. Bill ouvrit doucement la bouche, faisant sortir sa langue chaude pour venir caresser les lèvres tendres de Tom, qui instinctivement la happa à l'intérieur de sa cavité buccale. Ils échangèrent gentiment leurs fluides, les mains de Tom se cramponnant de plus en plus sur Bill, leurs respirations venant se fracasser sur le visage de l'autre.

C'est alors que Bill commença à onduler lascivement contre Tom, gémissant dans sa bouche au point d'en interrompre leur baiser. Il ferma ses yeux qu'il avait tenté de conserver ouvert depuis le début de leur étreinte, savourant la délicieuse chaleur qui naissait au creux de ses reins, contrastant avec l'eau fraîche qui l'entourait. Tom faisait courir sa langue sur sa joue, jusque derrière son oreille pour descendre ensuite dans son cou largement offert, pendant que lui se sentait de plus en plus à l'étroit dans ses vêtements déjà trop serrés.
Dans cette piscine, tout était trop fou. Tout était trop intense. Trop interdit. Et trop bon. C'est peut être parce que tout était trop qu'aucun des deux n'avaient pensé à arrêter. Trop confinés dans leur bulle de désir, ils ne songeaient ni aux éventuelles témoins de cette scène, ni aux conséquences que celle-ci auraient sur leur avenir commun. Bill qui se frotte contre Tom, Tom qui subit en gémissant, c'était bien trop fou, bien trop intense et surtout bien trop interdit pour que ça n'ait aucune conséquence. Quand Tom tira les cheveux de Bill en arrière pour mieux ravir son cou de baisers humides, il ne pensait assurément pas aux jours qui suivraient.

Quand Bill donna un coup de bassin en geignant de bien être, sa première pensée ne fût pas d'imaginer la gêne que tout ceci allait provoquer. Pire, quand ses mains lâchèrent leur prise pour venir défaire son jeans , passer son t-shirt par dessus sa tête et abaisser ses sous vêtements, il ne pensa pas au fait que tout allait définitivement changer pour tout les deux.
Ils ne pensèrent à rien d'autres qu'à leur plaisir, même quand Tom ôta son caleçon de bain, même quand Bill se pressa fort contre lui et quand ils commencèrent à bouger tout les deux.

Bill haletait difficilement contre l'oreille de Tom, les orteils crispés, ses paupières devenues folles sous lesquelles ses yeux roulaient tant ce qu'ils faisaient était bon. Une des mains de Tom vint s'accrocher à ses fesses nues, les pressant à mesure de leurs mouvements. Leurs sexes se cognaient, se frottaient l'un contre l'autre, chacun prodiguant à l'autre des caresses intimes foutrement délicieuses. Tom avait d'ailleurs pris entre ses dents la peau fine de l'épaule de Bill, mordant pour se retenir de hurler. La douleur ressentie par Bill était minime par rapport au plaisir qu'il prenait. Tom aurait pût lui arracher la peau, il s'en moquait bien, du moment qu'il continuait à bouger, à le faire gémir.

Il sentait ses jambes fourmiller, et il lui paraissait que tout son corps était engourdis, les sensations se concentrant uniquement dans son sexe qui palpitait. C'était décidément ce qu'il y avait de meilleur qu'il ait pût faire avec Tom, et son corps lui hurlait déjà le manque qu'il aurait à subir après l'acte. Il était certain qu'après avoir goûté pareil plaisir, il ne pourrait plus vivre sans. Ce n'était ni possible, ni envisageable. Il laissait sortir du fond de sa gorge de sourds gémissements, stimulant l'envie de Tom qui perdait lentement pied, bougeant de plus en plus fort au point d'en boire la tasse. N'arrivant plus à contrôler son corps, Bill se crispa totalement, avalant l'air autour de lui, et aussitôt ses gémissements se transformèrent en longues plaintes qui semblaient presque douloureuses. Son bas ventre était pris de spasmes et sa respiration saccadée secouait son corps entier, le faisant se frotter contre Tom dont les halètements s'intensifiaient rapidement. Ses ongles pourtant courts griffèrent la peau sensible des fesses de Bill, s'enfonçant dedans tandis que ses dents lâchaient enfin la peau rougie.

Son bassin partait en avant tout seul, allant à la rencontre de celui de Bill, cognant fort contre celui-ci. Il éjacula puissamment dans l'eau, ses yeux s'ouvrant en grand, tout comme sa bouche dont s'échappa un cri, aussi frustrant pour celui qui l'avait poussé que celui qui l'avait entendu. Bill se décolla rapidement, nageant pour récupérer ses vêtements et rejoindre le bord du bassin. Il grimpa sur le rebord, se rhabilla, et pris la direction des escaliers sans même un regard, un mot pour Tom qui lui n'avait pas bougé.
Après quelques longues minutes, l'eau autour de lui commença à lui sembler bien froide. Il attrapa son vêtement, l'enfila, et fila sous la douche, froide elle aussi. L'air aussi était froid, et Tom avait oublié d'apporter sa serviette, histoire de se sécher un minimum. Il alla chercher son large t-shirt qu'il avait abandonné sur le transat, et se dirigea d'un pas lent et titubant vers les escaliers, suivant les empreintes laissées par Bill. Il se sentait épuisé et vidé, et si la rampe n'avait pas été là pour le soutenir, il serait assurément tombé en descendant les marches étroites. Il passa sur la terrasse, où Gustav et Georg avaient visiblement décidé d'élire domicile.

Les deux hommes regardèrent Tom arriver sans un mot. Ils étaient pleins d'interrogations, mourraient d'envie de dire milles et une chose à Tom, mais par respect, ils le laissèrent tranquille. Cependant, leur silence gênant et gêné n'échappa pas à Tom qui leva un sourcil, s'attendant à ce que l'un de ses comparses lui dise enfin si il y avait un problème. Voyant qu'ils restaient définitivement muets, il commença:

-Qu'est-ce que vous avez?

Georg baissa les yeux vers son verre tandis que Gustav fronça les sourcils.

-Est-ce que tu t'es battu avec Bill?

La question étonna Tom, et lui donna presque envie de rire.

-Pourquoi je me serais battu avec Bill? J'ai l'air de quelqu'un qui s'est battu?

Il fronça lui même les sourcils en s'entendant répondre. Il avait les joues rouges et la respiration encore haletante, l'air fatigué. On dirait qu'il venait soit de se battre, soit de baiser.

-Parce qu'il était trempé, et il avait l'air vraiment en colère. Et sa lèvre est enflée.

-J'me suis pas battu avec lui.

-Qu'est-ce que vous avez bien pût faire qui l'ait mis dans cet état alors? Te fous pas de ma gueule Tom putain.

-On a chahute
r, répondit Tom en regardant Gustav droit dans les yeux, il est tombé dans la piscine. Je vois pas pourquoi je me serais battu avec lui.

-Peut-être parce qu'il a ramené un mec
, coupa presque Gustav avec un regard entendu.

-J'aurais tabassé mon frère pour ça?! Rétorqua Tom en sentant son visage s'empourprer, autant de colère que de honte.

-Tu peux pas nier que t'as toujours été un peu rude avec lui. Je t'accuse de rien, mais j'aimerais que tu ne recommences pas, si tu l'as vraiment frappé.

-Tu t'intéresses un peu trop à Bill à mon goût, Gustav.


N'attendant aucune réponse, il ouvrit la porte et pénétra dans la grande chambre, mouillant le sol sur son passage. Bill semblait être dans la salle de bain, et Tom ne pût qu'attendre qu'il soit sorti pour aller se rhabiller. Quand Bill sortit enfin, il passa près de Tom, bousculant son épaule sans même s'excuser. Ils savaient tout les deux d'où venait le malaise, et ils savaient tout aussi bien qui devait s'excuser ou pas. Tom entra dans la salle d'eau pour en ressortir très vite quelques minutes après. Georg et Gustav étaient installés sur le lit deux places, Bill assis entre eux. Il portait un grand T-shirt gris qui lui servait de pyjama. Ses cheveux encore mouillés gouttaient sur celui-ci. Il avait pris soin de les peignés, et la masse noir tombaient harmonieusement sur ses épaules. Le souvenir de sa bouche sur ses mêmes épaules provoqua à Tom un frisson désagréable. Les trois garçons avaient interrompu leur conversation quand Tom était apparu, et Bill se gardait bien de le regarder.

-Pour te répondre, Tom, c'est tout à fait normal que je m'intéresse un minimum à Bill, tout comme je m'intéresse à toi. Vous êtes mes meilleurs amis, avec Ge bien sûr, je sais pas si tu t'en souviens. Si l'un de vous ne va pas bien, j'ai quand même le droit de me poser des questions, et de t'en poser à toi. Tu veux pas répondre, c'est ton problème, mais ne rend pas illégitime mon intérêt pour vous.

Bien sûr, Tom savait que Gustav avait raison, mais il se sentait bête et humilié. Il hocha simplement la tête, avançant vers le lit pour rejoindre les autres. Il s'installa sous les regards appuyés de Georg et Gustav, Bill l'ignorant parfaitement.

-Ca vous dit pas de sortir ce soir? Demanda Georg pour détendre l'atmosphère.

Tom souffla longuement, pas vraiment enjoué à l'idée de se retrouver dehors, avec du monde. Gustav coopéra avec entrain, se levant même pour aller s'habiller.

-Moi je reste ici, dit enfin Bill en fixant Tom cette fois.

L'aîné se sentait à présent bien petit face au regard noir de Bill. Il savait très bien ce qui allait prochainement se passer. Lui et Bill allaient avoir une grande discussion, à l'issue de laquelle tout les deux allaient être en conflit total, avant de se réconcilier dans les heures qui suivraient. Il n'était que trop mal à cette perspective. Jamais il ne se ferait à ce genre de discussion sans fin positive. Des deux, il était sans doute celui qui les supportait le moins, et qui surtout avait le plus de mal à le cacher.

Gustav qui s'était retiré réfléchissait à tout ce qui venait de se passer. Comme il l'avait toujours pensé, aussi loin que sa mémoire lui permette de s'en souvenir, il trouvait le personnage d'Emily malsain et dérangeant pour ses amis. Elle installait entre eux une tension étrange, et tout le monde semblait peser ses mots lorsqu'elle avait le malheur de faire surface. C'était comme marcher sur des oeufs, priant pour qu'aucun d'eux ne s'écrasent sous le poids du corps. Contrairement à ce qu'ils auraient tous pût penser, l'âge n'avait en aucun cas rendu ce "jeu" plus drôle. L'innocence qu'il y avait dans cette habitude de jeunesse n'étais plus présente, et pour lui, Bill frôlait à nouveau la schizophrénie. Il était prêt à parier une de ses mains, son bras, son corps et son âme que la cause des blessures de Bill, de l'attitude des jumeaux, s'appelait Emily. Habillé pour sa soirée, il revint s'asseoir près de ses amis qui discutaient à nouveau, comme si tout allait bien.

Tom évitait tout de même le regard de Bill, prenant aussi soin de ne pas le toucher, ou de ne pas aborder un sujet délicat. Seulement, Gustav n'eut pas le même raisonnement, et bien décidé à tout réglé, il demanda à Bill ce qui l'avait poussé à s'enfuir tout l'après midi pour revenir accompagné.

-Ce qui me gêne, en plus que t'aies ramené quelqu'un, c'est que ça soit un mec. Nan mais
t'inquiète j'suis pas homophobe, mais seulement... ben je pensais pas que toi t'étais homo. Enfin on en a jamais vraiment parlé non plus, mais, je pensais qu'on le découvrirait autrement que...comme ça.

-C'était stupide c'est tout... J'ai pas trop pensé à ce que je faisais, et puis...je suis pas homo.


L'estomac de Tom semblait vouloir se retourner. Il avait la bouche sèche et ne voulait plus sentir la présence de Bill à côté de lui.

-Ben...excuse moi de me poser la question, mais...

-Ecoute Gustav, je te rappelle que Tom a voulu jouer à un certain jeu. Tu peux pas dire que je suis homo, puisque je jouait.


Et Tom aurait voulu lui crier qu'il n'était qu'un pauvre homo qui refoulait ses pulsions. Parce qu'il avait dit "pouce", il l'avait dit.

-Ce jeu est vraiment le plus con que vous ayez inventé les gars, lâcha Georg en secouant la tête, l'air désolé.

-Personne n'a dit que c'était un jeu intelligent, répondit Bill, les sourcils froncés. Est-ce que s'amuser à se courir après en disant "chaaat" c'est plus intelligent?

-Ben au moins, ça cause de tort à personne.

-Je t'ai causé du tort, Georg?

-Je ne suis pas personne, Bill. Est-ce que tu as pensé à ce pauvre mec?

-Mais qu'est-ce qu'on en a à foutre de lui? Sérieusement?

-J'avoue que c'était vraiment agréable de l'entendre agoniser pendant que Tom le frappait. J'suis sûr que t'as autant pris ton pied que nous.


Un lourd silence tomba, Georg et Bill s'affrontant du regard. Puis soudain, Georg regarda Gustav et Tom, un sourire plus qu'amusé aux lèvres.

-C'était tellement évident qu'un jour, ça allait arriver.

Tous haussèrent les sourcils, ne sachant où Georg voulait en venir. Il commença à rire tout bas, d'un rire plus nerveux que voulu.

-Bill...qui se travesti, et qui se tape un mec. Tellement prévisible.

Le sang de Bill ne fît qu'un tour et il se jeta férocement sur Georg, ses mains s'agrippant à son cou. Georg laissait ses pieds pour se dégager de l'emprise du brun, et Gustav et Tom venait seulement de saisir la situation. Ils tentèrent tant bien que mal de les séparer, Bill pressant de plus en plus la gorge du châtain dont les yeux perlaient. Une fois que Tom eut réussi à lui faire lâcher prise, Bill reparti à l'attaque, griffant son frère pour se dégager. Georg était tenu à l'écart par Gustav qui lui hurlait de bien vouloir se calmer. Ils étaient tout les deux dans un état de rage folle, l'un voulant étriper l'autre. Georg poussa Gustav suffisamment fort pour pouvoir se rapprocher de Bill dont les bras était maintenu en arrière par Tom. C'est donc avec facilité que Georg pût lancer son poing dans l'estomac du plus jeune, lui coupa immédiatement la respiration et faisant céder ses jambes.

-Et t'as de la chance que j'ai pas décidé de te castrer définitivement, sale enculé.

Georg fît demi-tour, ouvrit la porte en grand et s'échappa sans se retourner. Gustav le suivit rapidement, voulant certainement le calmer. Tom lui tenait Bill qui suffoquait contre lui. Le brun pleurait en haletant, tentant du mieux qu'il le pouvait de reprendre une respiration normale. La douleur provoqué par le coup qu'il avait reçu ne semblait pas vouloir tarir, et le manque d'air lui donnait d'atroces vertiges.
Au bout de quelques minutes, il parvint à reprendre son souffle, se dégageant furieusement de la légère étreinte de Tom. Il rampa sur le lit jusqu'au mur auquel il s'adossa, pestant pour lui même. Tom le regardait, le visage triste.

-Putain! Hurla Bill en tapant contre le matelas, Il n'a rien compris! Rien compris! Personne n'a jamais rien compris! Et je pensais que toi, toi putain, t'aurais compris!

Tom ne pouvait plus s'enfuir dans l'espérance d'échapper aux foudres de Bill. Il était bien trop tard, et ce depuis longtemps.

-Vous gâchez toujours tout! Même les bons moments deviennent cauchemars avec vous!

Bill leva les yeux vers son frère, l'air renfrogné, sévère. Il était évident qu'il lui en voulait, et il allait lui faire savoir.

-Vous ne savez jamais rien, bande de cons! Vous êtes bornés putain, bornés! Une bande de cons bornés qui s'entêtent à ne voir et ressentir que ce qu'ils veulent! Je ne suis pas un putain de travesti! Quand est-ce que Georg va comprendre? Ce sale connard même pas capable de serrer des meufs, y'a pas plus pédé que lui!

Tom savait que si Bill s'en prenait d'abord à Georg, ce qui viendrait le concernant allait être bien plus électrique.

-Quand est-ce la dernière fois que ce putain d'enculé à ramené de la meuf? Est-ce que tu peux me dire franchement? Est-ce que déjà, t'as déjà vu Georg avec une meuf?

Bien sûr que Tom avait déjà vu Georg avec des filles, mais bien entendu, il n'allait pas contredire Bill, vu les circonstances.

-La prochaine fois qu'il franchit la porte je lui éclate la gueule! Je te jure hein Tom, j'vais lui péter toutes les dents une à une et ensuite j'vais lui faire bouffer!

L'interessé se contenta de hôcher la tête, prenant toujours soin de ne pas énerver Bill davantage. Après avoir pesté, grogné, avoir tapé longuement l'innocent matelas, Bill soupira, visiblement calmé. En apparence seulement. Il pencha sa tête sur le côté, scrutant le visage de Tom qui lui regardait les draps.

-Et toi, pauvre con. Je pensais que toi au moins, tu comprendrais un minimum. Que dalle. Tu peux pas savoir comme ça m'a fait mal putain. J'en avais fini de jouer, et je pensais que...j'ai osé pensé que toi, t'avais fini de jouer aussi.

-C'que t'es en train de dire est vraiment dégueulasse Bill putain...tu rejettes tout sur moi, mais c'est de ta faute! C'est ta faute à toi tout ça!

-Tu t'entends parler?! Ma faute? C'est toi qui a eu cette putain d'idée de merde! J'avais rien demandé à personne!

-Et tu m'as écouté! T'aurais pas pût, pour une putain de fois dans ta vie ne pas faire ton chien et ne pas écouté ce que je t'ai dis ?! J'suis pas de parole divine au cas où tu aurais encore des doutes!

-C'est de ta faute Tom, et ça a toujours été de ta faute, toujours! Rappelle toi bien que c'est toi qui a voulu jouer à ça, avant! Creuse un peu ta mémoire et tu verras que c'est tout de ta faute!

-J'ai lancé une idée et tu as suivi, t'es aussi coupable que moi! Et c'est pas moi qui lui ait donné un nom! C'est pas moi!
Hurla Tom en tapant fort contre le matelas.

Bill le considéra quelques secondes avant de lâcher d'une voix plate :

-Mais c'est pas moi qui ai joui en criant son nom.

S'en était beaucoup trop pour Tom qui, la mâchoire crispée, s'approcha de Bill, le fixant d'un regard sombre. Le brun ne cilla pas, contrôlant tant qu'il le pouvait son souffle lourd. Au fond, il sentait bien la panique l'envahir, engourdir chacun de ses membres, sa gorge se serrer douloureusement et les larmes lui monter aux yeux. Il avait mal, il était en colère et il avait peur. Tom avait de nouveau ce visage dur et cet air réprobateur, semblant prêt à le tuer sur place. Il avait peur de son souffle, de ses yeux, de sa bouche et de ses mains, autant qu'il désirait tout cela. Il avait jusque là contrôler parfaitement la situation, les mots sortant de façon à faire mal à son vis à vis, de façon à l'écraser et l'asphyxier, le tuer autant qu'il avait pût le blesser. A présent, c'était Tom qui menait la manche. C'était Tom qui avait le contrôle total, lui qui avait entre ses mains le fin mot de l'histoire.
-Jamais tu me feras regretter d'avoir joui son nom, Bill. Parce que contrairement à toi, je ne suis pas un putain d'homo. Un homo incestueux, souffla Tom au visage de Bill, si près que son souffle caressait sa peau.

Bill fronça les sourcils, ses yeux perlant doucement de grosses larmes. Visiblement satisfait de son effet, Tom quitta le lit, lançant un dernier regard perçant à son frère.

-Je prends le lit de Gustav ce soir, il sera ravi de dormir avec toi. Ajouta-t-il en s'installant sur ledit lit.

-Parce que tu crois que baiser sa soeur, c'est pas de l'inceste? Cracha Bill avant de s'allonger, se tournant de façon à ne pas voir son frère, les genoux ramenés contre lui.



Vualàààà.
Satisfait(e)s?

Questiiions :

--------------------• Vous trouvez tout ça commeeent?XD
--------------------• Que pensez-vous des twins face à Georg et Gustav?
--------------------• Lequel des jumeaux est le plus atteint d'après vous? ^^'

Pleiiiiins de com'z constructifs (ou pas, mais surtout constructif u_u) hein!

bzOw j'vous n'aime!!

[Si vous avez des questions à propos de la fic ou autre, n'hésitez pas hein!]


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# Posté le dimanche 06 avril 2008 13:21

Modifié le dimanche 07 septembre 2008 06:57

Chapitre Douze. PIX : Par Moi Même.

Chapitre Douze.                                                                                                                                                                                                   PIX : Par Moi Même.

Hey tout le mooonde!
Désolée pour ce retard, il m'est arrivé des trucs pas super, donc voilà.
J'avais perdu la foi d'écrire, même si je chapitre était en parti prêt.
Excusez moi encore u_u.

Bonne lecture.



Chapitre 12

La vengeance avait eut pour Bill le goût du sang, autant qu'elle avait pu sentir le sexe ou la sueur. Recroquevillé sous la fine couverture, les yeux larmoyants de gouttes qu'il ne laissait s'écouler, il tentait de mettre un mot, rien qu'un seul sur son état actuel. Il aurait pu et peut-être du être triste que son frère le rejette, pourtant il n'en était rien. Il n'était pas non plus en colère, ne se sentait pas trahis. Aucune envie de meurtre ne lui vint à l'esprit, même pas quand il pensa à Georg et ses propos désobligeants. Il se sentait étrangement léger, et une part de lui était même soulagée que tout ça soit arrivé.

Il souriait gentiment à cette petite voix douce dans sa tête, qui lui soufflait que tout allait très bien, et qu'il n'avait aucune raison de s'inquiéter de quoi que ce soit. Elle parlait si gentiment... Bill la trouvait presque maternelle. Elle le réchauffait de l'intérieur, apaisant sa douleur refoulée et son corps endoloris. C'était tellement agréable d'être ainsi réconforté, consolé par lui même. Il était bien seul avec lui même, mais les draps lui paraissaient étrangement chauds, et la caresse troublante de cette voix semblait lui frôler doucement les bras, les hanches et les jambes, jusqu'aux chevilles, le berçant tendrement jusqu'à ce qu'il plonge dans un sommeil lourd et serein.

Tom lui, le corps tourné vers le mur, était bien loin de la réalité altéré de son frère. Son lit était mouillé, ses dreads n'ayant pas totalement séché, et il le trouvait atrocement froid et vide. C'était sans aucun doute une des pires journées de sa vie, et malgré qu'il ait voulu effacer tout ceci de son esprit, son corps même semblait ne pas vouloir lui faire oublier. Ses mains tremblaient dangereusement, peut-être même plus fort que ses lèvres qu'il tentait tant bien que mal de conserver fermées afin de ne laisser passer aucun son. Il pleurait douloureusement, son ventre se contractant à chaque sanglot, envoyant des décharges déchirantes dans tout ses membres, le punissant de tout le mal qu'il avait pu faire.

L'idée d'avoir pu frapper son frère était une chose, d'avoir été plus loin que l'éthique le permettait en était une autre. Mais le pire dans tout cela c'était sûrement le fait d'avoir jouer, d'avoir provoqué le jeu, encore une fois. N'en avait-il pas eut assez lorsqu'il était plus jeune, de tout ces rendez-vous chez diverses psychologues et psychiatres, de tout ces comprimés antipsychotiques, de tout ces traitements au lithium qui avait empoisonné leurs deux corps? Il était sûrement le seul des deux à se souvenir d'absolument toute cette période. Bill l'avait tout simplement effacé de sa mémoire, tout comme il s'était effacé lui même avant d'être soigné. Le plus jeune s'était il y a longtemps mis en tête qu'il était parvenu à surmonter son mal lui même, et Tom n'avait ni l'envie ni le courage de le contredire.

Leur mère avait malheureusement surpris les jumeaux à se battre violemment, une haine sans nom émanant de leurs frêles corps juvéniles. Jamais autant de rage n'avait explosé dans leur maison. Jamais autant de mot atroces n'étaient sortis de leurs bouches. Et jamais, jamais Bill n'avait fait autant de mal à Tom. Son coeur se resserra davantage à ce souvenir. Ils étaient tout les deux dans leur chambre, commune à cette époque, et Bill s'entêtait à vouloir jouer.
Depuis quelques temps, il n'avait que ces mots à la bouche, jouer. Et pas à n'importe quel jeu, naturellement. Seulement, Tom en avait assez de jouer, parce qu'Emily l'avait troublé. Il se sentait vraiment mal à l'aise et avait l'impression de perdre pieds, perdu entre deux univers et deux personnages bien distincts et pourtant identiques. Il avait maintes fois pleuré, suppliant son frère de le laisser en dehors de tout ça à présent. Mais Bill ne l'entendait vraiment pas de cette oreille et continuait d'entretenir sa double personnalité, ne prenant en considération aucune des suppliques de Tom. Il avait totalement le pouvoir et il comptait bien le lui faire comprendre.

C'était un lundi et c'était le printemps, Bill voulait sortir. Emily voulait sortir. Et Tom, pour la première fois avait vraiment résisté, protesté.
Bill, ou Emily, qui que ce soit, était entré dans une colère noire, proférant les pires choses que l'aîné ait pu entendre. Il s'était demandé comment des mots aussi agressifs pouvaient passer la barrière des lèvres si innocentes de Bill. Sa bouche si innocente, son visage si innocent, son être si innocent. A ce moment là, tout était si innocent chez Bill. Il lui avait dit de se taire, ne pouvant supporter davantage. Et Bill avait arrêté de parler. Il avait regardé ses chaussures, celles qu'il avait acheté exprès pour jouer, des baskets aux courbes rondes et féminines. Puis il avait levé les yeux sur Tom, et avec une rapidité impressionnante avait attrapé la chaise qui trônait devant le bureau, l'avait soulevé et envoyé sans hésitation sur Tom.
Celui-ci avait hurlé, alertant ainsi leur mère qui pensait encore venir interrompre une dispute stupide et puérile. Bill s'était lourdement acharné sur Tom, serrant les poings et cognant là où ça faisait mal. Avec une faible force, Tom battait des pieds, frappant tour à tour le ventre de Bill, ses cuisses et parfois même son visage. Lorsque leur mère était enfin rentrée, elle aurait juré que Bill était possédé.

Tom la suppliait de le sauver, les larmes dévalant ses joues en se mêlant au sang qui coulait sur son visage. Les sourcils froncés mais la peur au ventre, elle s'était saisit de Bill, l'agrippant par le t-shirt qui craqua tant il se débattait. Hurlant à Tom de sortir de la chambre et d'appeler leur beau-père, Gordon, la femme avait refermé son étreinte sur Bill, le suppliant les larmes aux yeux de bien vouloir se calmer. Tom était descendu aussi vite que ses jambes tremblantes le lui permettaient, et avait composé rapidement le numéro de Gordon, lui expliquant en pleurant qu'il devait rentrer rapidement. Il pouvait entendre son frère hurler à l'étage, sa voix se cassant pour mieux reprendre ensuite. Tentant de contrôler ses larmes, il s'était assis derrière la porte, attendant sagement que sa mère revienne, ou que Gordon arrive. Son épaule où la chaise l'avait frappé le lançait, et ses griffures au visage saignaient abondamment. Il n'en revenait pas de tant de souffrance, et se sentait d'autant plus mal d'avoir provoquer pareil réaction chez son jumeau. Il s'en voulait réellement, et pleurait silencieusement.

Puis la voiture de Gordon s'était garé dans l'allée, et Tom s'était levé pour lui permettre de rentrer. Lorsque l'homme était rentré et qu'il avait vu l'état de Tom, il l'avait immédiatement soulevé dans ses bras, lui communiquant tout l'amour qu'il pouvait se permettre de lui offrir. La chaleur paternelle avait fait violemment réagir Tom qui s'était remis à pleurer fortement, geignant à l'oreille de son beau-père qui ne pouvait malheureusement rien faire de plus. Les cris de Bill ne cessaient pas, semblait faire trembler tout les murs de la maison. Et Simone, la maman, était redescendue, le visage rougie, les yeux fatigués. Elle pleurait silencieusement, tenant sa hanche en avançant vers Gordon. Il l'avait serré dans ses bras, Tom au milieu de cette étreinte, et la femme avait craqué. Le calme était revenu, Bill ne criait plus, et d'après Simone il s'était tout simplement attablé à son bureau, avait sorti une feuille et s'était mis à dessiner. Installant Tom dans le canapé, elle avait pensé ses blessures les moins importantes, découvrant avec effroi la plaie suintante qu'il avait à l'épaule. La chaise en le percutant avait vraisemblablement arraché de grands lambeaux de peau, creusant horriblement ses chairs. Seulement, Simone avait besoin d'explication avant de l'emmener à l'hôpital. Elle ne pouvait tout simplement pas passer un instant de plus à se poser des questions. Sans résistance Tom lui raconta tout depuis le début, tentant au mieux de ne rien oublier. Elle avait hoché la tête, compatissante et avait emmené Tom à la voiture pour ensuite le conduire à l'hôpital.

Il se souvenait d'aiguilles et de fils, de compresses et de pansements. De solitude et de tristesse. Les jours qui avaient suivi s'étaient écoulés sans la présence de Bill, qui rapidement était entré au service psychiatrie du grand hôpital. C'est à cette triste occasion que Tom avait pour la première fois de sa vie eu rendez-vous avec un psychologue, qui lui avait demandé de raconter ce qu'il s'était passé en dessinant, une façon détournée de se remettre de son traumatisme. Le mardi de la semaine suivante, sa mère lui annonça le retour de Bill.

Et en effet le lendemain, Bill était revenu. Comme il lui avait été conseillé par les spécialistes, sa mère l'avait emmené chez le coiffeur, ôtant toute longueur à ses cheveux, lui rendant ainsi un visage masculin, permettant ainsi au jeune brun de s'identifier totalement en tant que Bill. Lorsqu'il était rentré, Tom n'avait fait aucune remarque sur sa nouvelle coiffure, comme lui avait demandé sa mère, et avait agit de la même façon qu'il l'aurait fait si Bill revenait de l'école. Il avait tourné le dos et avait proposé à Bill de prendre le goûter dans la cuisine. A partir de ce jour, tout semblait être revenu dans l'ordre, en apparence.
Tom pleurait définitivement dans son lit, pris de hoquets convulsifs douloureux. Il avait délibérément pris le risque que tout recommence.

Et tout recommençait.

Et tout était pire.

Il ne dormait toujours pas quand Georg et Gustav rentrèrent de leur périple nocturne. Le plus âgé semblait visiblement s'être calmé, rigolant tout bas aux propos de Gustav qui lui rappelait les quelques délires qu'ils avaient pu avoir pendant ces dernières heures. Tom se recroquevilla dans son lit, cherchant à cacher ses pleurs et ses maux à ses deux amis, bien que le noir de la pièce les aient empêché de le voir. C'est lorsque Gustav poussa un petit cri surpris que Tom se rappela qu'il était dans son lit. Il se retourna, la tête basse, et chuchota:

-Désolé mec.

-Qu'est-ce que tu fais dans mon lit?

-Je...


Une boule douloureuse bloquait les mots dans sa bouche, lui donnant la désagréable sensation qu'on lui pressait la gorge.

-J'ai eu quelques...mots plus hauts que les autres avec Bill et...

Il posa doucement une main sur sa bouche pour s'empêcher de pleurer. Ou de vomir.
Conscients de ce que pouvait ressentir Tom, Gustav et Georg n'en demandèrent pas plus et s'affairèrent à consoler Tom, dont les larmes mouillaient abondamment ses joues. Il se garda bien de leur raconter leur épisode aquatique, mais leur témoigna avec beaucoup d'émotion sa solitude face à son Bill en rogne. La situation lui rappelait exactement l'épisode chaotique de leur jeunesse. Un Bill hors de tout contrôle, et un Tom seul face à ce désastre. Il avait plus que besoin de soutien à ce moment précis. Des bras et des paroles rassurantes de Gordon par exemple, ou tout simplement de la présence de sa mère. Parce que Tom plus que jamais se sentait l'âme d'un petit garçon perdu, contraint à affronter les difficultés, contraint à affronter son terrible frère. Presque apaisé, il finit par trouver le sommeil, s'échappant le temps d'une nuit de ses préoccupations.

Au petit matin, il sentit le matelas s'affaisser à côté de lui, le sortant immédiatement de ses songes. Le visage de Bill apparût par dessus lui, un sourire éclatant illuminant son visage endormi. Tom qui était sur le côté de retourna vivement lorsque la main du nouvel arrivant vint frôler son ventre nu. Son sursaut suscita chez Bill un rire silencieux, et tout aussi gentiment il vint déposer ses lèvres sur la joue de son frère. L'humeur matinale de Bill fît frissonner Tom, qui, bien qu'endormi, n'avait relégué aucun des épisodes déplorables de la veille.

-Bien dormi? Murmura Bill dont les cheveux tombaient en cascade autour de son visage, balayant celui de Tom sous lui.

Tout à l'intérieur criait à Bill d'aller se faire voir, parce que non il n'avait pas bien dormi, et il supposait même que plus jamais il ne dormirait bien. Cependant, il acquiesça, ne voulant alerter son jumeau.

-Hm d'accord. Moi aussi j'ai bien dormi, si ça t'intéresses.

Et à ce moment là, Tom aurait juré que Bill le narguait. Venait le réveiller, le sortir de sa bulle réconfortante pour le narguer, le rabaisser.

-Même si Gustav prend toute la place j'avoue...tu viens déjeuner?

-Il est quelle heure, Bill?


Les yeux de l'interessé se plissèrent légèrement, et Tom jura qu'une flamme diabolique dansait derrière son regard fixe.

-Il est sept heure. Du matin, Tom.

-Sept heure...j'ai pas beaucoup dormi. Va déjeuner sans moi.

-Nan allez viens.

-J'ai envie de dormir, je suis fatigué, tu comprends ce mot, fatigué?


Le ton un peu sec de Tom fît se redresser Bill, qui le regardait de toute sa hauteur.

-Hé bien je suppose que j'irais mangé sans toi.

-Sans moi et sans personne, Gustav et Ge dorment encore.

-Et qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui?

-Rien de ce qu'on a fait hier.


Bill hocha la tête, se leva et parti en direction de la salle de bain. Après un rapide coup d'eau sur le visage, il ouvrit la porte de la chambre, se rendant sur la kitchenette sur la terrasse. Il avait toujours adoré les matins dans ce genre de complexe hôtelier. Il composait et consommait son déjeuner face à la mer, emplissant ses poumons de l'air marin, chaud et salé. Le bruit des vagues, pourtant pas si proches de sa résidence, se répercutait dans le silence de ce début de matinée. Parfois, le ronronnement d'un moteur de voiture longeant les abords de la plage troublait la tranquillité des lieux, mais Bill ne s'en incommodait pas, dégustant avec délices quelques nectarines.

La chaleur lourde de la journée qui arrivait s'installait déjà, à en témoigner les très fines gouttes de sueur perlant déjà sur le front et les joues de Bill.
Celui-ci se sentait reposé, comblé, et pourtant troublé par l'attitude de Tom quelques minutes auparavant. Depuis quand lui parlait-il si sèchement ? De quels droit se permettait-il de s'adresser à lui de cette façon ? Bill n'avait vraiment rien fait de mal. Tom était le coupable dans cette histoire, et il se plaçait visiblement en tant que victime. Bien entendu, Bill savait qui était le vrai coupable. Et qui était la vraie victime. Et ce n'était sûrement pas Tom. Il trouvait injuste que Tom lui en veuille. C'était bien lui qui avait souffert, pas Tom. Ce n'était pas lui qui avait voulu entrer dans la piscine, Tom l'y avait obligé. Pour peu, il aurait même affirmé que Tom l'avait touché, mais l'image de son frère lui provoquant des attouchements non désirés était pour lui insupportable, Tom ne l'avait pas agressé, parce que Tom n'était pas méchant.

Non Tom était seulement vraiment stupide. Stupide et dérangé.

Son troisième fruit englouti, Bill pensa qu'il fallait maintenant se préparer pour la journée. Après de longues minutes sous une eau fumante, il se sécha et fut confronté à son reflet. Ses cheveux dégoulinaient autour de son visage rougi par l'humidité de la pièce, et l'image dans le miroir lui rappela vaguement l'épisode de la veille, lorsqu'il était rentré se séché, trempé de sa baignade habillé. Il attrapa une serviette et frotta énergiquement la masse capillaire. Une fois ses cheveux essorés, il trouva utile de trouver des vêtements. Il ouvrit aussitôt la porte, frissonant à cause du changement de température, et avança le plus silencieusement possible jusqu'à l'armoire. Arrivé devant celle-ci, son pied buta sur ce qui semblait être un sac. Les persiennes étant closes, la luminosité de la pièce était considérablement réduite, et Bill ne pouvait totalement identifié ce contre quoi il avait cogné. Il se pencha pour tater, et constata qu'il s'agissait d'un grand sac cartonné. Il n'eut pas à s'interroger davantage, se souvenant immédiatement de son escapade en ville de la veille, de tout ses achats, sa rencontre, et tout ce qui avait suivi.

-T'es une putain Bill, une trop grave sale débile snob moche putain! On ne doit pas jouer avec le désir Bill! Est-ce que t'es con, ou alors t'es très con? On ne joue pas avec le sexe est-ce que tu m'entends bien? Hein Bill? Bill! Sale putain. Chuchotta Bill en fouillant le contenu de son paquet.

Il attrapa ce qui semblait être, au touché, un Jeans, ainsi qu'un t-shirt. Il n'oublia pas ses précieux dessous féminins, souriant en continuant à se parler à lui même.

-Tout est de ta putain de faute, espèce de sale putain. Ca ne peut être que de ta faute! Bill sale putain. Ne joue pas. Fais attention. Espèce de travesti. Bill sale putain travesti. Qui se tape un mec. Viens dans l'eau sale putain. Qu'est-ce qu'il t'arrive sale putain? Sale putain de Bill. T'es homo Bill? T'es homo Bill. Un sale putain d'homo, mais je suis pas homophobe Bill. Non je ne suis pas homophobe mais ça m'étonne de toi. Sale putain.

Il venait d'enfiler son jean enproférant ces bribes de phrases pour lui même quand le bruit mat de pas qui avancent se fit entendre. Bientôt, Tom se retrouva devant lui, le regardant avec des yeux énormes, paraissant choqué par Bill.

-À qui tu parles?

-Je me parle à moi même. Ca se voit pas? Tu vois quelqu'un d'autre dans cette pièce peut-être?

-Pourquoi tu dis tout ça?

-J'ai encore le droit de me parler à moi même que je sache! Tu devais pas dormir, soit disant?

-Je devais, tu m'en as empêcher. Tu fais beaucoup trop de bruit.

-Oh, et bien, je parlerais dans ma tête à l'avenir. D'accord?

-T'as pas besoin de parler dans ta tête Bill, tu peux tout simplement te taire, et arrêter de délirer.

-C'est pas du délire, je faisais un rapide résumé d'hier. De tout ce que j'ai appris sur moi hier.

-Ton Jeans est trop serré.

-Et alors? Tes baggys sont trop grands, tes t-shirts sont trop grands, tu es trop grand, est-ce que je te fais des remarques? Qu'est-ce que tu peux en avoir à foutre que mon Jeans soit serré, sérieusement?

-Baisse d'un ton! Tu vas réveiller les autres!

-Tu trouves que je ressemble à un travelo?

-Bill!

-Je ressemble à un travelo?

-Ton Jeans est trop serré. Ton putain de Jeans est trop serré.

-Et, ça fait travelo pas vrai?

-Ca fait fille Bill, ça fait fille.

-Alors, alors peut-être que ce Jeans, il n'est pas à moi. Peut-être qu'il est à Emily. Qu'est-ce que tu en penses?

-Je pense qu'Emily n'existe pas!

-Et tu as crié si fort son nom... T'y as mis tellement de vivacité, de vitalité, qu'elle doit sûrement être tombée sur Terre quelque part à présent.

-Elle n'existe pas. Bill elle n'existe pas!

-Et moi, j'existe? Tu jouis le prénom de quelqu'un qui n'existe pas, Tom? Tu ne serais pas un peu fou sur les bords? Hein Tom? Les gens qui n'existent pas, on ne les appelle pas. On ne cri pas leur prénom Tom. Elle existe. Elle existe forcément, et c'est parce que tu l'as voulu. Depuis le début, c'est toi qui la veux.
Termina Bill, les yeux dans le vagues.

Tom tourna les talons, marchant d'un pas vif vers la terasse. Bill quant à lui retourna dans la salle de bain, les sourcils froncés. Il s'habilla rapidement, pensant à la nouvelle altercation qu'il avait eu avec Tom.
Tom devenait vraiment bizarre, c'est tout ce qui lui venait à l'esprit.
Il ne s'en formalisa pas, recoiffant les quelques mèches qui s'étaient éparpillées. Il admira le reflet que lui renvoyait le miroir, souriant légèrement, et ne pu que constater qu'il se trouvait vraiment bien, comme ça. Il était peut-être huit heures à présent, il ne savait pas trop et à vrai dire, il n'en avait pas grand chose à faire. Sorti de la salle d'eau, il attrapa une paire de lunettes noires, suffisemment sombres et grandes pour couvrir ses yeux non maquillés, ainsi qu'une casquette et une veste légère. Aujourd'hui il sortait. Ils sortaient, seuls à deux.

Ou à deux, seul.


Et voilà!

J'espère que ça vous plaît!
Tout plein de com'z constructifs hein è_é !
Je poste le plus rapidement possible, tout dépendra de mon inspiration, comme d'habitude x'D
Merci beaucoup pour les com'z aussi hein! é_è

P'tites questions pour vous aider à constructiver vos com'z (ouais j'invente des mots, et alors? XD)

--------------------• Qui est le plus fou d'après vous, après lecture de ce chapitre? Pourquoi?
--------------------• Tom croit-il ou non à l'existence d'Emily?
--------------------où en est Bill en ce moment? Se sent-il plus « Bill », ou plus « Emily »?
--------------------• Êtes-vous convaincu par l'explication qu'il donne à Tom concernant son -----------------------------« monologue »? (-C'est pas du délire, je faisais un rapide résumé d'hier. De tout ---------------------ce que j'ai appris sur moi hier.)
--------------------• Qu'est-ce que vous espérez pour la suite ? Y'a-t-il quelque chose qui vous --------------------------ferait envie et que je pourrais caser quelque part?

Voilààà!
Plein de bizouw mes p'tits niouk'z!


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# Posté le mardi 08 avril 2008 12:01

Modifié le dimanche 07 septembre 2008 07:12