Chapitre Treize.

 Chapitre Treize.

Hallo Leute.

Après une très dure semaine pour moi, j'ai quand même réussit à écrire la suite!

Merci encore pour vos commentaires qui me font de plus en plus de l'effet (xD)
Nan mais c'est vrai quoi u_u vous comprenez des trusc (ou vous êtes complètement à l'ouest...^^) et ça ne peut que me faire plaisir, surtout les points de vue plus ou moins différents que vous avez. Enfin bref, je peux vous dire que ça m'aide beaucoup, et puis en ce moment c'est pas la forme alors lire vos impressions et tout, ça me remonte le moral.

J'arrête mon blabla.

Bonne lecture.


Chapitre 13

Il y avait maintenant très exactement huit jours que trois jeunes cherchaient à tuer le temps, pendant que le quatrième persuadait tout le monde qu'en réalité, il était la quatrième. Il n'avait même pas besoin de persuader, pour être franc. Il avait juste à mettre un pied hors de sa chambre, de longer la piscine toujours bondée pour attirer le maximum de regards sur lui. Sur elle. Chaque matin, il se levait avec le sourire et allait se préparer minutieusement, n'omettant aucun des détails essentiels à sa transformation, ou mutation comme l'avait dit plusieurs fois Georg.

Il, elle amenait l'animation nécessaire au groupe pour s'amuser, mais restait néanmoins un problème pour tous. Un problème qu'il fallait régler.

Un matin où Tom et Gustav s'étaient réveillés les premiers, Bill était passé devant eux, roulant des hanches exagérément et marchant sur la pointe des pieds. Surpris, ils l'avaient regardé évoluer dans l'espace jusqu'à ce qu'il s'arrête devant eux, souriant doucement. Il avait claqué un baiser léger sur les lèvres de chacun, et s'en était allé comme il était venu. Tom était plus que gêné de la situation, et s'était excusé auprès de Gustav qui n'avait pas répondu, les sourcils froncés et les yeux baissés sur sa tasse de café. Après avoir concentré son regard sur celle-ci pendant une très longue minute, il avait tapé légèrement son poing sur la table et avait durement regardé Tom.

-Est-ce que Bill se prend encore pour elle?

-Je viens de me lever Gustav, tout comme toi.

-Eh bien j'estime que tu devrais savoir!

-Tu peux estimer ce que tu veux, je ne sais pas.

-Il faut prévenir vos parents, avant que ça ne dégénère.

-Il n'a rien!

-Appelle ta mère, au moins pour la prévenir. Je dis ça... en cas de débordement, tu sais.

-Je ne sais pas! Et tu ne sais rien non plus Gustav! Il n'a rien fait! Et elle n'a rien fait non plus!


Tom avait pesté si fort cette fois là que lorsqu'il rentra à l'intérieur de la chambre, il trouva Georg en train de se frotter les yeux, grogna en se tortillant dans le lit.

Plusieurs matins avaient suivi, plusieurs baisers déposés furtivement sur les lèvres. Et plusieurs fois, Bill était sorti, sans donné connaissance du lieu où il se rendait, ni à l'heure à laquelle il rentrerait.

Ce soir là, lorsqu'il daigna faire acte de présence, il trouva Lanz et Dieter parlant et riant fort avec Tom et Georg. Ce fut Dieter qui le remarqua, la remarqua en premier, arrêtant de rire avec un sourire gêné. Il leva la main et lança un timide "salut", faisant ainsi se retourner les autres. Georg fronça les sourcils tandis que Tom émit un soupire sonore. Lanz quant à lui, détailla Bill, Emily, sans aucune gêne.

-Salut Emily! Ca fait longtemps!

Ladite Emily hocha la tête, se contentant de sourire bêtement.

-Je pensais que tu allais rentrer tard, tu sais, comme ces autres jours, dit Tom en appuyant ses mots.

-Eh bien...

-Et tu n'as pas cette chose à faire?

-Cette...Quoi? Tom, est-ce que tu essayes, par hasard, de me chasser?

-Non. Ouais. Ouais, on s'amusait bien...

-Vous pouvez continuer à vous amusez, que je sache. J'ai eu une dure journée, je pourrais aussi...je sais pas, venir m'amuser avec vous?

-Bonne idée!
Tonna Lanz en frappant une fois dans ses mains.

Georg secoua la tête comme un désespéré, voyant clairement que la situation leur échappait.

Emily déposa ses affaires dans la partie de la chambre réservée à cet effet, et retourna auprès des autres, s'installant entre Tom et Dieter dans le canapé. Georg et Lanz étaient assis sur des chaises en face de celui-ci.

-Alors, de quoi vous parliez?

-De choses et d'autres. Pas pour les filles
, siffla Tom, se tortillant pour agrandir la distance entre Emily et lui.

Il la vit furtivement froncer les sourcils, mais elle garda cependant son sourire, lançant d'une voix vive.

-Eh bien continuez! Faites comme si j'étais pas là!

-Tu pourrais être vraiment pas là. Si tu...je ne sais pas. Si tu allais rejoindre Gustav. Tu sais, Gustav?

-Où est-il?

-Je...Georg, où est Gustav déjà?

-Au bar.

-Oooh Tom t'es pas sympa avec ta soeur!
Lança Lanz en envoyant un coup de pied au genou de Tom.
Elle pourrait se faire agresser en y allant!

-Ca fait une semaine que mademoiselle sort sans dire où elle va, je pense qu'elle a l'habitude de la solitude.

-Et...ne la chasse pas. On l'a à peine vu.

-Et nous on l'a assez vu, n'est-ce pas Tom?
Dit Georg en soupirant.

-Peut-être que je vais aller au bar, et vous laissez entre vous. Dit Emily en se levant, souriante.

Elle retourna chercher sa veste, et sortit de la pièce sans manquer de saluer Dieter et Lanz.

-Je...je l'accompagne, dit Lanz en se relevant brusquement. On ne sait jamais, 'fin j'veux dire, si jamais elle se fait agresser ou je ne sais quoi.

Sans laisser les autres répondre, Lanz se lança à la poursuite d'Emily qui était à présent en haut des escaliers.

-Emily! Attend moi!

Il vit la silhouette filiforme d'Emily stopper ses gestes et se retourner vers lui. Arrivé à sa hauteur, il lui expliqua le pourquoi du comment de sa présence.

-T'es quelqu'un de sympa, répondit simplement Emily avant de reprendre sa marche.

-Si tu veux...tu n'es pas obligé d'aller au bar. On peut se balader tout les deux, si t'as envie.

-J'ai bien envie.


Ils marchèrent silencieusement dans les jardins fleuris du complexe, admirant les ombres gigantesque des arbres provoquées par les néons cachés dans les massifs.

-Alors euhm... tu t'entends bien avec ton frère?

-Ca dépend des jours, mais je dois dire qu'en principe, on est inséparable.

-Ah? On est venu plusieurs fois, avec Dieter, cette semaine. Tu n'étais jamais là.

-J'ai dit "en principe". On ne peut pas être collé l'un sur l'autre non plus.


Lanz hocha la tête, attentif aux propos d'Emily.

-Avec Dieter, on est juste amis, mais je ne me vois vraiment pas... je ne sais pas. Passer ces vacances sans lui, même une journée.

-Vous êtes mineurs, lancés dans une jungle où personne, mis à part nous, ne parle votre langue. C'est normal. Attend tes dix-huit ans, tu changeras totalement ta vision des choses. L'indépendance est une chose merveilleuse. Tu sors sans avoir la conscience perturbé par le couvre-feu, tu fumes, tu bois, tu déconnes...

-Tu n'as pas dix-huit ans.

-Pas encore t'as raison, mais c'est comme ci. Regarde Gustav, il va au bar seul, je sors seule la journée...Georg et Tom, je ne sais pas, ce sont des flemmards.

-Je ne veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas, mais, tu vas où toute la journée?

-Je vais là où personne ne me surveille ou ne me connaît.

-Ah... tu n'aimes pas être avec tes amis, et ton frère?

-Ils n'aiment pas être avec moi.


Derrière la grille qui leur faisait face, la piscine, vide et translucide. Ils avaient fait le tour de la propriété et se retrouvaient quasiment au point de départ. Lanz pris les devants, et ouvrit la barrière, descendant les quelques marches pour arriver près des transats alignés parallèlement les uns aux autres. Contrairement aux jours qui avaient précédés, l'air était léger et frais et le ciel un peu couvert. Le jeune homme s'installa, regardant avec un petit sourire Emily, toujours postée en haut des quatre marches.

-C'est tranquille ici je trouve, souffla Lanz, les yeux pétillants. On a la vu sur la mer, sur le jardin, et sur...une jolie fille.

Le coeur d'Emily battait plus fort, et ses joues, bien que maquillées, rougissaient à vue d'oeil. Elle avait tout de suite su que Lanz était un charmeur, un dragueur, et la situation ne lui déplaisait aucunement, bien au contraire. Elle était flattée, regardée, admirée. Oui pour une fois, c'était elle qui attirait les regards, qui captait
toute l'attention.

-Et sur la piscine! Ajouta-t-elle en descendant enfin le petit escalier.

Ils rigolèrent doucement pendant qu'elle s'asseyait doucement sur le transat, à côté de Lanz. Au moindre petit geste, leurs épaules et leurs genoux se heurtaient légèrement, provoquant plusieurs frissons à Lanz qui gloussa.

-Tom n'aimerait pas que je sois là avec toi.

-On ne fait vraiment rien de mal.

-Il parle toujours de toi comme si... je ne sais pas. Il parle de toi comme si tu lui appartenais.

-Peut-être bien que je lui appartiens. Mais il n'est pas là.

-Il n'est pas loin. C'est lui qui me l'a dit, qu'il ne serait jamais très loin.

-Il est dans la chambre, avec Georg et...et Dieter. Tu crois vraiment qu'il viendrait voir ce que je fais, surtout après m'avoir viré comme ça?


Lorsqu'Emily eu fini sa phrase, elle claqua un baiser sur l'épaule de Lanz qui, une fois de plus, se tortilla en gloussant. Emily glissa sa main dans celle de Lanz, posant sa tête doucement dans le creux du cou de celui-ci. Il soupira fortement, fixant leurs deux mains liées, ces doigts agrippés, enlacés. Il était bien tout simplement, et dans son coeur d'adolescent dansait une joie immense. C'était bien peu, mais à seize ans, c'était pour lui un grand pas. Non pas qu'il n'ait connu aucune fille, mais le fait de l'avoir elle, cette fille bientôt majeure, d'avoir réussit à la séduire, et d'en être là maintenant... c'était incroyable. Et il n'avait pas fini d'être comblé, puisque Emily traçait maintenant un chemin de baiser le long de sa mâchoire, de son cou jusqu'à derrière son oreille. Il pouvait la sentir sourire contre sa peau, sûrement amusée par la situation pensait-il. Il n'avait pas tout à fait tort, mais la cause principale de ce sourire, c'était les propos de Tom, quelques jours auparavant, qui lui revenaient doucement à l'esprit. "On ne joue pas avec le désir". Plus elle y pensait, plus elle souriait. Premièrement, parce que ce n'était pas à elle que les propos avaient été adressés, et ensuite parce qu'elle ne jouait pas, elle flirtait, simplement. Où était le mal dans un simple flirt? Ce n'était pas comme si elle avait fait des promesses d'amour et de bonheur à Lanz, ce n'était pas comme si elle avait provoqué Lanz. Lanz était venu la chercher, alors quoi qu'il pouvait se passer, c'était la faute de Lanz. Comment Emily, si prude et innocente aurait pu être à l'origine d'un tel comportement? D'ailleurs, n'était-ce pas Lanz qui venait de tourner la tête, entrechoquant ainsi leurs deux bouches? N'était-ce pas Lanz qui mouvait fébrilement ses lèvres, attrapant celles d'Emily, rouges et sucrées de gloss à la cerise? N'était-ce pas la langue de Lanz qui avait amorcé le premier mouvement, léchant doucement la bouche délicate d'Emily. C'était Lanz. C'était de la faute de Lanz.

Innocentée d'office, Emily accepta le baiser mouillé dans un long soupir. On était bien loin de la sauvagerie dont elle avait fait preuve avec cet étranger, il y avait bientôt une semaine, parce qu'il n'y avait pas Tom à alerter, à impressionner. Il n'y avait pas Bill, à chasser. Il y avait simplement Lanz et Emily.

Leurs mains s'étaient détachées, venant se nicher l'une l'autre dans la nuque de leur vis à vis. Lanz faisait preuve d'une extrême douceur, caressant doucement la peau légèrement halée d'Emily. Celle-ci semblait fondre sous l'attention, son coeur battant à tout rompre. Elle ouvrit ses yeux qu'elle avait fermé quelques secondes, ses cils papillonnant légèrement sur les joues de Lanz, et regarda celui qui lui faisait face. Il n'avait rien de très extraordinaire, il était plutôt ce genre de garçon banal, qui n'attire pas les regards. Il n'était pas d'une beauté folle, mais il n'était pas laid non plus. Seulement, il avait un charisme fou, et ses manières un peu gauches étaient irrésistibles.

La succion provoquée dans sa bouche était tout sauf désagréable. C'était même carrément bon, et Emily ne pu que penser que jamais personne ne l'avait si bien embrassé.
Ils se séparèrent dans un petit bruit mouillé, se regardant dans les yeux en souriant.

-Ton frère va me tuer, plaisanta Lanz en léchant encore le goût d'Emily sur ses lèvres.

-Tu n'es vraiment pas obligé de lui dire.

-Tu crois qu'il me tuerais vraiment?
Insista Lanz en fronçant légèrement les sourcils, ne perdant cependant pas son sourire.

-Eh bien, je crois que mon frère t'aime bien. Mais il t'en voudra.

-Oh... Je ne veux vraiment pas... Je ne veux pas de problèmes. Je ne veux pas que vous vous disputiez à cause de moi tu sais.

-C'est parce que je suis sa chose. Ne lui dis pas, et il ne t'en voudra pas.


Emily déposa un nouveau baiser sur les lèvres encore humides de Lanz qui lâcha un gémissement rauque, les faisant ensuite basculer tout les deux sur le transat. Il caressa les cheveux sombres et doux d'Emily, inspirant l'odeur fruitée de sa peau en ronronnant contre elle. Ils étaient franchement bien, là tout les deux.
Emily laissa vagabonder son regard vers le ciel un peu couvert, les palmiers qui se secouaient doucement au dessus d'eux, et enfin l'eau claire de la piscine qu'elle devinait chaude et fraîche à la fois.

-Tu ne vas jamais à la piscine, lança Lanz en la regardant avec tendresse.

-C'est une question?

-Une affirmation. Tom y va souvent, et toi jamais.

-J'y suis allée avec Tom, une fois. Il faisait nuit, comme maintenant.

-Un bain de minuit?

-Il n'était peut-être pas minuit, mais c'est ça, en quelque sorte.

-Pourquoi tu n'y vas pas la journée, avec Tom?

-Parce que Tom ne voudrait certainement pas que je vienne avec lui. Cette fois là était occasionnelle. C'était vraiment la seule fois.

-Et si maintenant je te demande de venir avec moi et Dieter, tu viendrais?

-Je ne sais pas. Peut-être bien.


Elle regardait fixement le liquide qui ondulait sous l'effet du vent, et semblait complètement perdue dans ses songes. Et en effet, elle était à présent bien loin de Lanz et ses caresses. Elle était de nouveau dans cette piscine, avec Tom. Elle l'écoutait lui parler tranquillement, calmement. Elle le sentait inquiet pour elle. Elle constatait qu'il avait besoin d'elle.

Le sang battait fort dans ses tempes, et elle se releva péniblement, la vue troublée par des taches de couleurs vives. Elle frotta délicatement ses yeux, appuyant son front dans ses mains, et décida de se lever et de rentrer.

-Où tu vas? Demanda précipitamment Lanz, attrapant le bas de la veste d'Emily.

-Je vais rentrer. Je pense que Tom voudrait passer du temps avec moi.

-Est-ce que t'en as déjà assez de moi? J'peux comprendre, je suis plus jeune que toi et...

-Nan c'est rien. C'est juste...un truc de jumeaux, tu vois? Non tu ne vois pas, tu ne peux pas voir. Je pense que Tom voudra passer du temps avec moi si je rentre, parce que ça fait vraiment longtemps qu'on a pas parlé ou, autre chose.

-Tu ne veux pas aller te baigner? Juste quelques minutes, puisque personne n'est là...


Après quelques courtes secondes de réflexions, Emily hocha la tête, offrant à Lanz un sourire plus que rayonnant. Elle le regarda enlever son t-shirt et son short, dévoilant un torse finement musclé et des mollets fermes. Il marcha d'un pied ferme jusqu'au bassin, et entra dans l'eau sans plus de cérémonie.

-Elle est un peu fraîche, dit-il en plongeant jusqu'au menton, viens dans l'eau.

-Je... J'ai pas de maillot
, répondit-elle en tournant la tête.

-Oh et bien...Viens...en sous-vêtements, il n'y a personne.

Cette conversation lui rappelait étrangement celle qu'elle avait eu avec Tom, ce fameux soir.
Et, comme la fois précédente, Emily se dirigea d'un pas fluide vers le bord et glissa toute habillée, n'oubliant tout de même pas d'enlever sa veste.

-Une vraie folle! Habillée dans la piscine!

-C'est pas comme si c'était la première fois
, ajouta-t-elle en levant un sourcil.

-Tu n'as vraiment pas peur pour tes fringues!

-J'ai peur pour mes cheveux, alors je cherche pas à les mouiller.


Et il hocha la tête, souriant et approchant d'Emily. Doucement, il la glissa dans ses bras, l'entourant de toute sa chaleur.

-Au début, j'pensais que tu ne m'aimais pas. Chuchota Lanz à l'oreille d'Emily.

-C'était sûrement vrai. Vous paraissiez tellement...gamin. Mais la p'tite balade avec toi m'a fait changer d'avis.

-J'espère bien. T'es vraiment sympa comme fille.


Elle plaqua sa bouche contre celle de Lanz, refoulant la voix qui lui hurlait qu'elle était aussi sympa en garçon. Ca n'avait pas de sens, et cette voix était douloureuse, déchirante. Il fallait qu'elle se change rapidement les idées, pour qu'il ne vienne pas encore lui prendre sa place, comme il le faisait depuis toujours. C'était une situation vraiment injuste, pensait-elle en engouffrant sa langue dans la bouche de Lanz. Bill avait toujours tout eu. Il avait eu les rollers bleus alors qu'elle voulait les violets. Il avait pris l'option scientifique alors qu'elle aurait tué pour être en littéraire. Il avait décidé d'apprendre le français à la perfection alors qu'elle vouait un amour sans limite à l'espagnol. Il avait Tom, et elle n'avait que les yeux de Bill pour pleurer. C'était vraiment la chose la plus tragique qu'elle ait connu, se dit-elle en se frottant lascivement contre Lanz qui gémissait dans leur baiser. Jamais elle n'avait eu un corps pour elle. Jamais elle n'avait pu être quelqu'un qu'à travers Bill. Bill était sûrement devenu faible, pour la laisser ainsi prendre le dessus. Tout se passait comme avant, supposa-t-elle en plongeant sa main vers la cuisse de Lanz. Elle avait été violemment chassée, cachée, oubliée. Presque oubliée, parce qu'elle sommeillait toujours et pour toujours dans le corps du brun. Elle n'avait pas le droit à l'erreur cette fois-ci, parce qu'ils n'avaient plus dix ans, et ce n'étaient pas une semaine qu'ils passeraient en psychiatrie. Alors qu'elle caressait doucement l'aine du garçon, elle se souvint des effets des médicaments sur elle. Elle se sentait percée de partout, frappée, battue jusqu'à ce qu'elle cède. Jusqu'à ce qu'elle cède la place à Bill. C'était trop injuste.

Le souffle brûlant de Lanz frappait le cou mouillé d'Emily, lui envoyant des frissons jusque dans les orteils. Ses
doigts vernis caressait la peau fine sous le vêtement un peu ample qui ondulait dans l'eau, et ses lèvres finirent par venir embrasser le menton de Lanz qui haletait. Il sursauta vivement lorsque les doigts fins d'Emily caressèrent légèrement son membre dur. Une légère caresse qui déjà lui fit voir des étoiles. Les larmes lui étaient montées aux yeux, et son bassin se mouvait involontairement d'avant en arrière, appuyant les gestes d'Emily qui se décida enfin à le tenir franchement, sans pour autant s'activer à la tâche. Il grimaçait presque douloureusement alors qu'elle souriait, d'un sourire mauvais. Dans ses yeux dansaient une flamme malsaine, vengeresse. Et pour cause, elle se souvenait de cette même scène, dans cette même piscine, avec Tom. Elle s'en souvenait sans l'avoir vécu, puisque Bill avait refait surface. Sa seule satisfaction dans cette histoire, c'était que Tom avait jouit son nom à elle. Pas celui de Bill. Bill avait combattu, mais elle avait gagné. Elle esquissa un premier mouvement de haut en bas, sentant Lanz se crispé contre elle et jurer puissemment, cherchant l'air qui venait à lui manquer. Elle accentua ses gestes, allant de plus en plus vite, regardant Lanz se tortiller, haleter, à la limite même des larmes. Elle ne pensait qu'à une chose, le pouvoir qu'elle avait. C'était elle qui contrôlait, autant le corps dans lequel elle vivait que le plaisir grimpant de Lanz. Elle le regardait d'un oeil fixe se tordre dans tout les sens, reprendre de grandes inspirations en suppliant. Emily accélera légèrement la cadence sous les suppliques douloureuses de Lanz qui répétait maintenant son prénom en litanie.

Elle serrait son sexe, faisant jouer ses doigts autour, appuyant son pouce sur le gland et provoquant des soubresauts qui les auraient noyés s'ils n'avaient pas eu pied. Elle avait le contrôle, et elle l'aurait eu jusqu'au bout si Gustav n'avait pas eu l'idée de rentrer à la chambre à ce moment là. Le seul chemin entre le bar et la chambre passait en effet par la piscine, et il aurait été difficile au blond de ne pas voir, ou simplement entendre le couple batifoler. Il avait rugit le prénom de Bill, et Emily s'était littéralement propulsée loin de Lanz qui ne comprenait pas encore ce qui était en train de se passer. Gustav fit rapidement le tour du bassin, attrapa Bill par le bras sans ménagement et le sortit de l'eau sans plus de cérémonie. Sans un regard pour Lanz qui reprenait son souffle, il traîna Bill jusqu'au petit escalier, et le poussa jusqu'à la chambre, manquant maintes fois de le faire glisser, tomber. Arrivés sur la terrasse, le plus vieux décida qu'ils allaient régler ça entre eux, sans mêler Tom ou Georg, et encore moins Dieter qui, d'après les éclats de rire provenant de l'intérieur, se trouvait encore là.

-On peut savoir ce qui se passe dans ta tête putain?!

-Non.

-Bill, je te préviens, ne joue pas à ça avec moi.


Emily laissa vagabonder son regard par dessus la rambarde, là où s'étendaient la ville et la mer.

-Gustav tu sais... Je ne t'ai pas demandé de remplacer ma mère et mon père. Ou mon frère, tu sais, Tom.

-Je n'cherche à remplacer personne. On est ami Bill! J'ai le droit, et je dois m'inquiéter pour toi! Surtout quand je te retrouve dans de telles situations!

-Le vrai problème, c'est que je ne t'ai rien demandé. Et tu n'es pas mon ami, tu ne m'as jamais aimé.

-Quoi? Quoi?!

-Tu es un profiteur. Tu te laisses embrasser par moi, depuis toujours. Tu ne me repousses pas, mais tu ne
m'aimes pas. T'es qu'un sale profiteur, et tu es jaloux. Parce que je préfère Lanz à toi. Et que je préfère Tom aussi.

-Mais qu'est-ce que...

-Tu n'avais pas à intervenir, je m'amusais bien tu sais... Et Lanz aussi. Le pauvre, il va se sentir mal maintenant! C'est de ta faute Gustav! Il est gentil, et il ne voulait pas de problème avec Tom!

-Mais...Arrête. Je comprends plus rien!

-Je lui avais dit qu'on ne dirait rien, pour ne pas qu'il ait de problème avec Tom, mais toi tu as tout gâcher bien sûr. J'ai le droit de faire ce que je veux, avec qui je veux.

-Mais c'est un mec! Un garçon Bill! Tu...Mais je comprends plus rien! Tu m'as dit que tu n'étais pas...

-Je ne t'ai rien dit du tout.
Lança fermement Emily en regardant froidement Gustav. Je ne t'ai rien dit. Et d'ailleurs, je ne te dirais jamais rien me concernant. Tu ne m'intéresses pas Gustav. Tu ne mérites pas d'être mon ami, tu ne me connais pas.

-Bill ça suffit!

-Regarde, tu ne connais même pas mon prénom
, acheva-t-elle en se tournant vers la porte de la chambre.
Et arrête un peu de crier, ils nous ont sûrement entendu à l'intérieur, et à cause de toi, Lanz va avoir des problèmes. Je te pardonnerais pas ça Gustav, parce que Lanz je l'aime bien.

Gustav se contenta de froncer durement les sourcils, et passa près de Bill en le bousculant fortement. D'un pas décidé et pressé, il pénétra dans la chambre, claquant la porte dans un grand fracas et faisant sursauter les occupants qui stoppèrent net leur conversation.

-Georg, Dieter, laissez nous s'il vous plaît, dit-il posément aux deux intéressés, Tom faut que j'te parle.


Voilààà!

J'espère que ça vous plaît et puis que vous m'en voulez pas pour la fin (A') [ n'Amélia m'en veut...muahaha]

Déjà je veux que vous me disiez ce que vous avez compris à ce chapitre (et si éventuellement vous n'avez pas compris x'D)
Ensuiteuh, questiiiions!

--------------------• Est-ce que vous aimez Emily?
--------------------• Que pensez-vous que Gustav va aller dire à Tom?
--------------------• Après ce chapitre, pensez-vous qu'Emily est un personnage à part entière ------------------------dans cette fiction, ou qu'elle est juste une partie de Bill?
--------------------• Avez-vous des attentes précises pour la suite? (Et qui bien sûr sont à ma -------------------------portée, ne me demandez pas de faire disparaître Emily, ou de tuer Tom -_-)

Bonne semaine les n'Amis


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# Posté le dimanche 25 mai 2008 05:28

Modifié le dimanche 07 septembre 2008 07:28

Chapitre Quatorze.

Chapitre Quatorze.

Hey vous!

Après des semaines d'attente... la suite! XD

J'suis vraiment désolée d'avoir pris autant de temps, beaucoup de choses me sont passées par la tête.
Beaucoup de choses ont pris de mon temps.
Enfin bref, j'ai été occupée.
Vous étiez au Parc des Princes?
Si y'en a quelques unes, je ne vous empêche pas de vous manifester x'D.
Pour ma part, bah j'y étais, avec Ludi, n'Amé, Mélina et des gens qu'on a rencontré là-bas.
on a été pris pour des Anti-Th --' nan mais nawak quoi.
Pour celles/ceux (?) qui étaient dans la première fosse côté Georg, j'étais la chose à frange en vert, qui gueulait pour que les gens posent leur cul à terre 2h avant le début du concert u_u. (Et si vous étiez de celles/ceux qui ne vouliez pas vous asseoir, ben j'vous cause même pas, ne lisez plus ma fic! è_é * est de mauvaise foi XD *)

BREF.

Bonne lecture !


Chapitre 14

Les yeux écarquillés, Georg et Dieter coopérèrent sans rien ajouter. Gustav avait l'air nerveux, et ses yeux luisaient de larmes de colère mal contenues.
-Est-ce que c'est encore à propos d'elle? demanda Tom, soucieux. Il regardait bêtement ses chaussures, mordant l'intérieur de ses joues en fronçant ses sourcils dans une moue d'inquiétude.
-Ne dit pas "elle". Putain mais arrête de dire "elle"! "Elle", ça n'existe pas! Est-ce que tu comprends ça putain Tom! "Elle" c'est rien du tout!
-Mais...
Voulu protester Tom en se levant.
-Assis. Assis parce que je te jure que j'te bute Tom. Assis.
Plus coopératif que jamais, Tom se reposa dans la canapé, fixant Gustav du coin de l'oeil.
-Il... Tom. Tu te souviens que t'as un frère au moins? Dis moi juste que t'as pas oublié qu'il y a un Bill dans cette histoire.
-Je... Évidemment qu'il y a Bill. Mais il y a aussi... Tu vois. Tu vois très bien.
-Je ne vois pas non!
-Eh bien c'est parce que tu ne veux pas voir! C'est aussi simple que ça Gustav! T'es trop borné à... qu'est-ce que tu fais d'ailleurs?! T'es tellement fou Gustav, que tu la vois même pas! Tu peux pas dire qu'elle existe pas!

Les larmes que s'efforçaient de retenir le petit blond dévalèrent presque instantanément ses joues rougies. Il les sentait brûlante, elles semblaient le ronger comme l'acide. Il n'y avait plus aucun bruit dans la chambre, plus aucun mouvement. Plus rien.
-Tom. C'est toi le fou.
Il avait levé les yeux au plafond en se mordant la lèvre, son corps s'agitant dans ses sanglots difficiles à contrôler. La phrase avait claqué comme un fouet. Tom, avec tout les mots de toutes les langues du monde n'aurait pas pu la contredire.
-C'est toi qui est fou. Toi et Bill vous êtes juste fous. Et malades. Et vous ne m'écoutez jamais. Jamais. Alors que...je fais tout ça pour vous. Vous m'ignorez, vous faites à votre tête, l'un en fonction de l'autre. Putain mais pourquoi vous êtes fous comme ça!
Tom encaissait les mots de son ami en le fixant gravement.
Non il ne pouvait pas être fou. Il ne pouvait plus, parce que petit il avait été guérit. Ils avaient été guérit.
Il n'était pas fou non. C'était juste Gustav qui ne comprenait pas. Qui ne voulait pas comprendre. Ou alors qui avait compris, mais qui ne voulait pas l'avouer. Parce que Tom savait bien que Gustav était amoureux de sa soeur. Et il savait aussi que cela faisait peur à Gustav.
-Gustav. Elle existe.
-Tu veux qu'elle existe? Tu le veux vraiment? Parce que
, dit-il en se tournant vers la porte, je sors là, je vais la trouver, et je vais la faire exister sous mes poings.
Il ouvrit la porte dans un grand fracas et Tom se leva d'un bond. Gustav n'eut pas à chercher Bill bien loin. Il était assis à la table de la terrasse, une main soutenant sa tête, l'autre s'agitant à faire de petits cercles sur la table. Il ne leva pas les yeux quand Gustav l'interpella, il semblait absorbé dans ses pensées.
Lorsque Tom sortit, à la suite de Gustav, il remarqua tout de suite qu'Emily était totalement trempée.
-Ne la touche pas Gustav parce que je te promets, ouais je te promets que je vais te tuer.
Gustav se retourna en reniflant, laissant ses bras retomber le long de son corps.
-Et t'en es tellement capable Tom. T'es tellement capable de me tuer. Parce que t'es tellement fou...
Ne relevant pas, Tom passa près de lui, et se pencha sur sa soeur. Elle semblait ne pas le voir, et ne réagit même pas quand il entoura ses bras autour d'elle. Il la frictionna pendant quelques longues secondes, et se pencha tout près de son oreille.
-Pourquoi est-ce que tu es trempée comme ça? Mh?
Sa voix était chaude. Et douce. Et gentille. N'importe qui à cet instant aurait souhaité être objet de l'attention de Tom. Il la fixait avec un regard bienveillant, penché sur elle pour lui communiquer toute sa chaleur. Il aurait tant donné pour elle à ce moment précis, parce qu'elle semblait si fragile, et perdue. Comment Gustav pouvait être aussi méchant? Comment Gustav ne pouvait-il pas voir qu'elle était bien réelle?
-Tom, j'appelle votre mère.
Ne prenant pas la peine de se retourner, il cracha un "Laisse nous tranquille." qui fit l'effet d'une bombe à Gustav. Cependant il ne tourna pas les talons, et observa encore la scène. Tom n'avait jamais été ainsi avec Bill. Vraiment jamais.
Et Bill. Bill semblait plus que jamais atteint. Peu importe qu'il soit Bill ou qu'il se prenne pour une fille, il ne serait jamais resté impassible à des actes si tendres de la part de Tom.
Toute la colère de Gustav se mua en tristesse, en dégoût. Il savait depuis le départ que cette histoire allait mal finir. Georg, et les jumeaux eux même le savaient. Mais quoi qu'il aurait fait, il aurait échoué. C'était un combat perdu d'avance, l'origine du mal était trop enfouie dans ses deux là pour qu'un simple ami, un simple frère de coeur en vienne à bout. Il n'était pas un grand médecin diplômé en psychiatrie. Il n'avait pas sous la main toutes ses gélules, comprimés, sirops, infusions, perfusions, tout les médicaments qui les auraient aidé. Il n'avait pas non plus l'autorité nécessaire à ces deux amis pour que ceux-ci n'agissent pas comme des gamins. Il n'avait pas le coeur de leur mère qui les auraient sûrement déjà persuadé d'arrêter leur manège. Il n'avait rien, sauf la volonté de réussir à les guérir. Et surtout, il avait un téléphone.
Pour que Tom ne se doute pas de ce qu'il comptait faire une fois à l'intérieur de la chambre, il s'approcha, posant une main amical sur le dos du dreadé.
-Elle... Elle ok. Elle était dans la piscine. Avec Lanz.
-Qu'est-ce que tu dis?
S'étonna Tom en reculant un peu d'Emily.
-Je revenais du bar, je suis passé par la piscine pour rentrer tu sais, et elle était dans l'eau, toute habillée, avec Lanz...
-Qu'est-ce qu'elle faisait? Qu'est-ce qu'il lui faisait?
Paniqua Tom.
-Je... Tu n'aimerais pas savoir Tom. Demande lui, s'il te plaît ne me fait pas te le dire. Ne m'oblige pas.
-Gustav, s'il te plaît, s'il te plaît dis moi!
S'agita-t-il en attrapant les mains de Gustav.
Tom avait l'air totalement désemparé, il imaginait déjà ce que son ami avait à lui dire, et ça lui faisait foutrement mal.
-Demande lui! Demande lui à elle! Ou va voir Lanz mais laisse moi en dehors de tout ça.
-Tu dois me dire! Gustav s'il te plaît, tu dois me le dire!

Malgré les plaintes de Tom, Gustav lui tourna le dos, entrant simplement à l'intérieur de la chambre. Tom attrapa une chaise et s'installa à la table, la fixant sans ciller. Il était impossible, impensable qu'elle ait fait ce à quoi il pensait. Elle n'aurait jamais pu le faire, parce que Tom savait qu'elle l'aimait. Et putain, Tom l'aimait aussi.
Il l'aimait parce qu'elle avait ce quelque chose d'inhabituel. Elle était étrange et secrète. Il ne voulait pas l'aimer, mais il n'avait pas le choix. Quelque chose le poussait à l'aimer. Le forçait. Il avait combattu, oui il avait follement combattu. Il en avait eu des migraines. Des crises de panique lorsqu'elle partait tôt le matin sans dire où elle allait, des crises de larmes lorsqu'elle rentrait sans lui prêter attention. Des maux incontrôlables, des chaleurs, des tournis. Et tout le monde semblait l'ignorer.
Le monde ignorait le mal de Tom. Et pourtant. Pourtant Tom se sentait épié. Regardé. Jugé. Ses amis semblaient savoir et comprendre ce qu'il se tuait à leur cacher. Ils le regardaient du coin de l'oeil. Ils chuchotaient dans son dos. Ils s'étaient ligués contre lui, c'était sûr. Ou alors, tout était dans la tête de Tom.
Peut-être que c'était dans la tête de Tom. Mais ce n'était pas sa faute à lui.
C'était forcément la faute de Bill. Bill avait toujours été un sale pédé. Un pédé qui n'aimait pas vraiment Tom et qui cherchait toujours un moyen de lui faire mal. Et il n'avait pas raté son coup cette fois. Bill s'amusait à ramener Emily, et à l'arracher à Tom.
-Est-ce que...Emily? Emily tu m'entends? Demanda Tom, les mains tremblantes. Tu as l'air loin et...j'voudrais te parler. Sérieusement te parler tu sais.
Il hocha la tête, plutôt pour lui même que pour sa soeur qui lui faisait face. Sa soeur?
-Emily? J'ai besoin de savoir ce que tu faisais dans la piscine. S'il te plaît regarde moi...
Il avait penché sa tête sur le côté, ses yeux coulant sur le profil d'Emily. Sous son nez parfait, sa bouche fine était entre-ouverte, et ses doigts dessinaient toujours de petits cercles. Si ses yeux n'avaient pas été si vides et froids, Tom aurait pu affirmer qu'elle était bien présente.
-Ok. Ok euhm. Ok. Emily. Je dois savoir. Tu comprends ça? Je dois savoir!
Après une petite hésitation, il poussa l'épaule d'Emily, la regardant gravement. De sa bouche s'échappa un grondement sourd, ressemblant à celui d'un chat dérangé en plein sommeil, et elle tourna lentement la tête vers Tom. Ses mouvements étaient semblables à ceux d'une poupée désarticulée, et jamais Tom n'avait eu aussi peur de sa réaction. Sa douceur était agressive et effrayante, mais elle n'avait jamais été aussi belle. Telle une sublime porcelaine, son regard restait fixe, vitreux, mais tellement vivant.
-Emi?
-J'ai fait un truc tu vois. J'ai fait un truc avec Lanz. Je voulais vraiment pas te le dire, mais Gustav, ouais Gustav. Je le déteste. Il... Il dit des trucs. Il dit que je n'existe pas tu vois. Alors j'ai fait ces trucs avec Lanz. Mais je devais pas te le dire, ça devait être notre secret à tout les deux. J'veux dire, à Lanz et moi. Mais Gustav est arrivé tu vois. Il nous a empêché, et ensuite il est venu ici. Et il m'a dit ces trucs. Il préfère Bill tu vois. Moi aussi je l'aime bien Bill, mais il est tellement pas comme nous tu vois. Gustav ne comprend pas et... Ouais j'ai fait des trucs avec Lanz. Enfin un truc. Un truc avant que Gustav n'arrive. J'ai tellement mal à la tête Tom tu vois.
-Qu'est-ce que tu as fait?
-Gustav va sûrement te le dire. Gustav ne m'aime pas tu sais. Ouais, nan il ne m'aime pas. Mais il aime Bill. Il me prend pour Bill, tout le temps.

Tom passa une main sur son visage, fatigué par les propos de sa soeur. Elle semblait être au dessus de tout cela. Elle lui racontait toutes ces choses qui le déchirait de l'intérieur sans se soucier de ce qu'elle disait, de l'impact de tout ceci. Elle était tellement ailleurs que ça faisait mal à Tom.
-Mais est-ce que tu m'aimes? demanda finalement Tom, une main devant sa bouche.
-A qui est-ce que tu t'adresse là? Demanda Emily en fronçant dangereusement les sourcils. A qui est-ce que tu oses t'adresser putain?!
Elle plaqua ses deux mains sur la table, fixant de nouveau droit devant elle, et quelques secondes plus tard elle reporta toute son attention sur Tom qui lui était plus que désemparé.
-Est-ce que c'est à moi? C'est à moi que tu parles Tom?
-C'est à toi. C'est à toi ouais, à qui tu veux que je parle bordel!
-Je sais pas. Tom. A qui tu parles?
-Je ne dis rien! Je ne dis rien du tout! Je ne te parle pas, et je ne parle à personne! Qu'est-ce que tu as fait?
Hurla Tom, les larmes emplissant ses yeux.
-Tu as toujours été trop rude avec moi. Tu cries. Tu cries, et tu cries encore. Tu ne fais que crier, tout le temps.
-Je n'ai jamais crié sur toi. Je ne crie pas!
- Tu cries! Et tu ne me parles pas. Oh nan. Nan nan tu ne me parles pas. Tu lui parles. Pourquoi tu lui parles toujours? Est-ce que tu ne m'aimes pas? Parce que... Tu me dis des trucs, tu me demandes si je t'aime, mais tu ne me le demandes pas!
-Je...
-Moi non plus je comprends pas! Je ne comprends plus rien du tout tu vois! Tu cries alors que je ne fais rien! Je... Mon Dieu Tom. Est-ce que c'est à elle que tu parles?

Et là, Tom sembla mourir.
-Bill?
-Mh. Ouais.

Et mourir encore.
C'était Bill. C'était à Bill qu'il s'adressait. Depuis ces quelques minutes c'était Bill. Juste Bill.
Bill avait encore réussit à revenir, et Tom ne savait pas comment le prendre cette fois-ci. Tout son corps voulait l'étreindre, le serrer jusqu'à l'asphyxie. Et une voix dans sa tête lui murmurait simplement que Bill venait d'éliminer sa soeur. Qu'il lui avait fait du mal, et qu'il voulait prendre sa place.
Ca avait toujours été ainsi, lorsqu'ils étaient plus jeunes. Quand Bill revenait sans que l'un ou l'autre ne l'ai convié à le faire, Tom était mécontent.
-Je...Tom. J'ai mal à la tête putain. J'ai trop mal à la tête. Je veux rentrer dormir Tom s'il te plaît.
Tom allait répondre quand la porte de la chambre s'ouvrit sur Gustav. Il considéra ses deux amis pendant quelques secondes et se dirigea vers les escaliers.
-Tu vas où? Demanda gentiment Bill.
-Quelque part où tu n'es pas. Où vous n'êtes pas. Répondit Gustav d'un ton sec et déterminé.
-Mais...
-Hé Gustav! Ne nous parle pas comme ça!
S'agita Tom en se levant.
-Je vais voir Georg et Dieter. Et Lanz.
Quand Gustav eut prononcé le dernier prénom, Bill plaqua une main contre sa bouche, aspirant l'air autour de lui en soufflant des "Oh mon Dieu" à peine audible.
Tom laissa tomber sa tête en avant, soupirant bruyamment, grognant presque.
-Qu'est-ce que tu as fait avec Lanz bon Dieu?!
-Je n'ai rien fait! Je n'ai vraiment rien fait!
Paniqua Bill, cherchant quelque chose à quoi se raccrocher.
-Tu as fait quelque chose, prononça lentement Gustav en plissant les yeux. Tu as fait quelque chose, et je vous ai surpris!
-Mais aide moi Gustav, au lieu de dire des conneries!
Aide moi! Supplia Bill, son corps tremblant.
-Je ne suis pas ton ami, t'as déjà oublié ça?
Et Bill eut un haut le coeur. Sa respiration s'accéléra en même temps que les battements de son coeur. Tout son corps s'agitait sans qu'il ne puisse le contrôler, tant il avait froid, et tant il avait peur. Au fond de lui, il savait ce qui était arrivé, mais tout paraissait tellement impossible, il se refusait à croire que tout cela était arrivé.
-Mais Gus... Implora-t-il encore tout bas, ses lèvres s'ouvrant à peine. Gustav... Ne dis pas des choses comme ça.
Visiblement agacé, Tom tourna les talons, se dirigeant vers la chambre.
-Il est là ton Bill, dit-il amèrement à Gustav avant d'ouvrir la porte.
Bill tourna vivement la tête, plus que surpris par le ton que venait de prendre son frère. Ses mains s'agrippèrent à ses cheveux, et il renifla.
-Je ne sais plus Gustav, explique moi.
Quand Gustav avait su qu'il s'agissait de Bill et non du personnage qu'il s'était entêté à créer, il était soudain redevenu doux. Il approcha et entoura doucement Bill de ses bras, le réchauffant du mieux qu'il le pouvait.
-C'est rien Bill. Il faut juste... de l'aide. Il nous faut de l'aide, alors je vais chercher Georg, et ensuite on appellera vos parents, ok?
-Je comprends pas!
Tonna Bill en se défaisant de Gustav. Tu me dis des choses que tu n'expliques pas!
-Tu...Vous avez un problème. Il faut des médicaments et...
-Non.
Trancha Bill, le regard noir. Non pas de médicaments. Je vais être médecin Gustav! Je sais ce qu'il me faut ou pas. Et il ne me faut pas de médicaments. Je ne suis pas malade tu vois. Enfin, je risque un rhume si je reste dans cet état, dit-il en montrant ses vêtements mouillés, je suis sain, ok?
Gustav frotta amicalement le haut du crane de Bill, souriant tristement.
-Et c'est sain, d'avoir branlé Lanz dans la piscine?Bill repoussa l'étreinte de Gustav et se mis à sangloter sans un bruit. Ca ne pouvait pas être vraiment, puisque la seule fois où il avait mis les pieds dans cette piscine, c'était avec Tom. Gustav se trompait, peut-être qu'il l'avait vu avec Tom finalement, et qu'il pensait qu'il s'agissait de Lanz. Et puis quoi, Bill n'aimait pas Lanz. C'était un petit péteux puceau, voulant à tout prix une expérience avec une fille plus vieille pour l'inscrire à son palmarès encore inexistant. Ouais, Lanz était trop nul.
Et puis en plus, Bill n'était pas gay. Vraiment pas gay. Il l'avait toujours dit à tout le monde, alors pourquoi est-ce que Gustav s'entêtait à lui dire tout cela?
Bon il ne niait pas avoir eu quelques expériences, de jeunesse dirons-nous. Une expérience de jeunesse datant d'une semaine, avec son frère. Et c'était tout.
-Mais est-ce que t'es con Gustav? Demanda-t-il, sa bouche se tordant presque.
-Bill je t'ai vu et...
-Tu ne peux pas dire ça Gus. Tu peux vraiment pas dire ça, parce que c'est faux. J'ai pas mis les pieds à la piscine.
-Et tu étais où alors hein? Tu peux m'expliquer pourquoi tu es trempé? Tu peux m'dire pourquoi j'ai du te ramener?
S'impatienta le blond, les sourcils froncés.
Bill mordit franchement sa lèvre, tentant tant bien que mal de retenir ses larmes.
-Va en parler à Tom s'il te plaît. Je vais chercher Georg et... on revient dans une quinzaine de minutes ok? Juste... le temps que vous vous expliquiez. Ensuite, on va parler tous ensemble, c'est ok Bill?
Mais Bill ne répondit pas. Il se contenta de bondir à l'intérieur de la chambre, n'adressant aucun mot, aucun regard à Gustav.
Une fois entré, il chercha rapidement Tom des yeux, qu'il trouva dans le fond, assis sur le lit, la tête basse.
Les épaules de Bill s'affaissèrent tandis qu'il laissa sa tête partir en avant, sanglotant bruyamment.
-Tom, j'ai un problème, geint-il en un souffle.
Il s'attendait à ce que Tom se lève, le prenne doucement dans ses bras, lui caresse doucement les cheveux en lui disant que tout allait bien aller, qu'il contrôlait la situation. Il s'attendait à ce que Tom réagisse en frère aimant, qu'il s'intéresse à son cas et qu'il l'aide.
Il s'attendait à ce que Tom agisse en Tom.
-Tu es un problème. Lâcha Tom, mettant l'accent volontairement sur le verbe.
-Mais qu'est-ce que je t'ai fait putain, s'énerva Bill en avançant doucement.
Tom ne répondit pas, et bientôt Bill se trouva debout à côté de lui. Il se laissa tomber lourdement sur le matelas, les faisant rebondir tout les deux, et tourna sa tête vers son frère, le regard suppliant. Seulement, Tom se contentait de fixer ses mains qui s'entortillaient nerveusement sur ses genoux, qui frottaient, grattaient son baggy trop chaud pour la saison.
-Tom. Gustav a dit...
Bill garda la phrase en suspend, bien trop anxieux de la réaction de Tom. Il avait commencé sa révélation mais ne se sentait plus la force de l'achever.
-Bon ok. Gustav a dit que j'étais malade ok? Que tout les deux, nous étions malades.
Il hocha la tête pour lui même, Tom ne l'écoutant visiblement pas.
-Gustav a dit que j'avais fait un truc avec Lanz dans la piscine. Le même genre de truc qu'on a fait l'autre fois. Lâcha-t-il enfin, ses yeux s'embuant dangereusement. Mais je ne m'en souviens pas. Franchement tu crois que... que j'aurais fait ça? J'aime pas les mecs Tom et...
Il se laissa tomber en arrière, couvrant son visage de ses deux mains en pleurant abondamment. Son corps se secouait à chaque sanglot, faisant trembler le matelas, mais Tom restait totalement impassible et froid.
-Je te jure Tom, je te jure que c'était pas moi! C'était elle! C'était forcément elle! C'est de sa faute, et de la tienne! Cria Bill, sa voix se déchirant à chaque fin de phrase.
C'est seulement à l'évocation d'Emily que Tom sembla se réveiller. Il leva enfin les yeux, et tourna lentement sa tête vers son frère qui geignait à ses côtés. Il ne le considéra qu'à moitié, son esprit bouleversé par le flot d'informations. Trop bouleversé par ces voix qui lui disaient des choses horribles.
-C'est toujours ta faute Bill. Tu ne peux pas l'accuser. Et moi non plus.
Bill pleura plus fort, ramenant ses jambes sur le lit. Tom ne comprenait vraiment rien. Personne ne comprenait, en fait.
-Et c'était comment? Insista Tom, ironique. C'était mieux qu'avec moi hein? Tu l'aimes ton Lanz? T'es un pédé ou quoi? Hein?
Un sourire mauvais étirait les lèvres de Tom, un rictus malsain et dérangeant. A cet instant, il semblait haïr Bill plus que tout. Et pourtant, à l'intérieur, n'était-il pas en train de lutter contre lui même, afin de prendre Bill dans ses bras pour le consoler, le bercer doucement?
-Tu vas tremper le lit, en plus. Vire de là Bill. Ou bien, continua-t-il en fronçant ses sourcils, ou bien enlève moi ça. Enlève moi ces vêtements Bill! Ce ne sont pas les tiens bon Dieu! Enlève les!
Ses mains tremblantes se crispèrent sur le Jeans étroit de Bill qui sursauta. Sans même essayer de défaire les boutons ou la fermeture éclaire, il le tira vers le bas, entraînant Bill dans son mouvement. Celui-ci n'effectua pas le moindre mouvement pour aider ou empêcher Tom de le déshabiller.
Après qu'il ait insisté pour lui ôter son pantalon, retirant ses chaussures par la même occasion, Tom se dépêcha d'enlever son t-shirt et ses sous-vêtements, le visage fermé, ses yeux fuyants à tout prix le corps de Bill.
Le brun ramena ses bras et ses jambes contre lui, gêné de sa nudité face à son frère. Tout ce qu'il voulait, c'était un peu d'aide, un peu d'attention et un peu d'amour. De la tendresse, de l'affection, des bras dans lesquels se blottir, une voix qui le bercerait. Il entendait la respiration rapide de Tom au dessus de lui, et il pouvait sentir à quel point Tom lui en voulait. Lui en voulait de tout. D'exister. De mémoire, jamais il ne s'était senti aussi faible et désemparé.
Soudainement, Tom se leva et se dirigea vers la porte, la claqua et la verrouilla. Il ferma toutes les persiennes de la chambre, alluma la télé et augmenta le son. Puis il se retourna, fixant Bill qui lui avait toujours ses mains plaquées contre ses yeux.
Tom enleva son t-shirt, le laissant tomber à ses pieds, et fît de même avec son pantalon baggy et son boxer. Il se retrouva nu au milieu de la chambre, ses yeux ne lâchant plus Bill.
-Bill. Raconte moi. Dit-il sèchement. Raconte moi ton problème.
Sans même porter son attention sur Tom, Bill hocha la tête et commença à parler très bas.
-Gustav a dit que j'avais, branlé Lanz. Branlé Lanz Tom. Mais j'ai jamais fait ça! La seule chose que... La seule personne que j'ai touché, c'était toi. Je te jure que j'ai rien fait à ce Lanz.
-Je ne voulais pas que tu me touches
, cracha Tom.
-Je sais, répondit tristement Bill. Je sais que tu la voulais elle. Mais elle ne veut pas. Je...te jure Tom. Elle ne veut pas.
Plus rapide que jamais, Tom s'approcha du lit et je laissa tomber au dessus de Bill. Ils étaient complètement nus, et lorsque Bill s'en rendit compte il ne pu qu'hoqueter, avalant l'air autour de lui. Il ne savait pas ce que Tom avait en tête. La seule chose qu'il savait, qu'il sentait, c'était son sexe qui se durcissait rapidement, comprimé entre son corps et celui de Tom.
Tom le regardait férocement, souffle chaud, trop chaud frappant désagréablement son visage encore humide.
-Elle ne veut pas. Mais toi tu veux.
Cette phrase acheva Bill qui tenta de se dégager du mieux qu'il le pouvait. Il avait mal à l'intérieur, il se sentait déchiré et même trahi.
Tom le tenait fort, trop fort. Il sentait presque la peau de ses poignets se déchirer sous l'emprise de son grand frère, et le poids de celui-ci contre ses poumons le faisait paniquer, tant il peinait à respirer.
-Tu ne vas pas faire ça! Chouina-t-il en tentant de capter le regard de son aîné. Ne fais pas ça!
Ses larmes partaient partout sur son visage. Tom était trop rude avec lui. Il l'avait toujours été. Essoufflé de tant se débattre, il consentit à rester immobile sur le matelas, fixant Tom de ses yeux mouillés. Celui-ci se pencha lentement en avant, et Bill le sentit desserrer son étreinte douloureuse alors qu'il posait délicatement ses lèvres sur les siennes.
Le brun émit un son de gorge, et se remit à pleurer contre la bouche de Tom qui se décolla pour le regarder.
-Nan je n'vais pas faire ça. Souffla Tom tout près de son visage.
Il roula sur le côté, une main caressant doucement la joue de Bill. La respiration rapide et brutale du brun faisait se creuser son ventre et saillir ses côtes à une fréquence irrégulière, et toute cette agitation contrastait avec le calme effrayant de Tom. Ses yeux bruns fixaient Bill fixement, et il semblait réfléchir à quelque chose. Le cadet tentait de se calmer en soufflant et avalant de grosses bouffées d'air, sans résultat. Il sentait ses jambes trembler, tout comme ses mains, son corps entier. Il avait froid, et il avait peur. Il se souvenait des violents coups de Tom quelque jours auparavant. Il se souvenait de ses mots blessants, et de son regard haineux. De la façon dont il l'écrasait sur ce même matelas pour mieux pouvoir déverser sur lui sa colère et sa déception. Il se souvenait du goût du sang dans sa bouche, lorsque la main de Tom s'était brutalement abattue sur sa lèvre et que ses dents s'étaient plantées dans celle-ci. Du stick à lèvres qu'il utilisait matin et soir pour réparer les dégâts, la glace au citron qu'il ne pouvait pas manger et les cocktails de fruits qu'il ne pouvait pas boire parce que trop acides. Tout cela faisait trop mal, beaucoup trop mal. Il avait peur, plus que jamais, que la réaction de Tom soit plus violente et plus désespérée encore.
Le désespoir, c'était bien ce qui avait porté la main de Tom à s'abattre sur Bill.
Après avoir scruté son frère pendant de longues minutes, Tom attrapa doucement son menton, le forçant à se tourner vers lui. Intimidé, Bill baissa les yeux, ses sanglots ne cessant toujours pas, et Tom essuya les quelques larmes qui dévalaient ses joues rouges.
-Pauvre petit frère, dit-il tout bas en fronçant les sourcils.
Sa main descendit dans le coup de Bill, puis sur son torse, et termina sa course sur son ventre qui se creusa davantage. Il savait bien que Bill paniquait, à la façon dont il avait levé les yeux vers lui, et dont sa respiration s'était saccadé, presque violemment.
-Tom? Demanda-t-il encore d'une voix aiguë.
Et Tom ne répondit pas. Il passa lentement ses doigts sur la peau tendue de Bill, frôlant les poils duveteux sous le nombril de celui-ci. Bill se sentait de plus en plus gêné, de plus en plus apeuré, et de plus en plus dur. Il était dur ouais, vraiment dur. Vraiment excité, et vraiment pressé.
Il répété plusieurs fois le nom de son grand-frère, grand-frère qui ne lui porta aucune attention, trop occupé à laisser traîner ses doigts ci et là. Il s'approcha encore de Bill, embrassa doucement le bout de son nez, et laissant ses doigts glisser plus bas, là où ils n'étaient censés ne jamais se trouver. Ses phalanges effleuraient simplement la verge gonflée de Bill qui ne pu s'empêcher de pousser un fort gémissement guttural. Il regardait Tom avec encore plus de stupéfaction que les instants qui avaient précédé. Bien sûr, il s'attendait à ce que la situation dérape depuis qu'il s'était senti nu contre Tom, qu'il avait senti Tom nu contre lui, mais il ne pouvait pas, vraiment pas digéré le fait que tout ceci soit réel.
La main chaude de Tom s'enroula doucement autour de son membre, et la tête de Bill partit en arrière. Sa mâchoire était serrée comme jamais, et une longue plainte s'échappait de ses lèvres entre-ouvertes alors que Tom s'appliquait à malaxer, serrer, caresser son sexe. Celui-ci semblait être totalement ailleurs. Il était clair que son esprit ne suivait pas son corps, qu'il était bien loin de cette chambre, de ce lit. De Bill. Et pourtant.
Pourtant il y mettait toute sa douceur, et il semblait même qu'il éprouve un certain plaisir à masturber Bill, à en voir son propre sexe qui gonflait, lentement mais sûrement.
Bill se tortillait sur le matelas en agrippant les draps mouillés de son détour à la piscine, ses doigts s'enfonçant dans le tissu jusqu'à lui faire mal. Il couinait misérablement sous les caresses, et lorsque les doigts de Tom touchèrent franchement son gland, ses hanches partirent en avant. Tom tomba presque, et Bill lui se redressa vivement, entourant de ses bras les épaules larges de son frère. Seulement Tom ne s'attendait et ne demandait aucun geste si tendre de sa part. Il lâcha tout aussi vivement le sexe de Bill pour poser presque brutalement ses mains sur les épaules du plus jeune, le replaquant contre le matelas. Il le maintenait fortement, ses pupilles complètement dilatées, regardant Bill avec un air féroce. Il était clair que dans cette affaire, c'était Tom qui agissait. C'était Tom qui contrôlait. C'était Tom, un point et c'était tout.
Les larmes coulaient furieusement sur le visage de Bill, sa bouche déformée en une grimace de mécontentement alors qu'il assimilait doucement la situation.
-Et si ça avait été elle! Aboya-t-il au bout de quelques secondes.
Il était certain, et à juste titre, que Tom n'aurait pas agit de la sorte si la personne sous lui avait été cet autre Bill. Cette autre Bill.
Pour simple réponse, Tom fronça les sourcils et se pencha pour attraper les lèvres de Bill qui éloigna prestement son visage. Pendant un peu moins d'une minute, l'un et l'autre bataillait. L'un pour embrasser, l'autre pour fuir le baiser. Et après avoir léché et bavé sur les joues et le menton de Bill, Tom réussit finalement à enfoncer sa langue dans la bouche de Bill. Il l'embrassait de force, l'un et l'autre en était conscient, et pourtant tout les deux y prenaient le même plaisir malsain.
Mais pour être honnête, Bill ne comprenait plus Tom. Et il ne comprenait plus rien.
Il se laissa aller dans le baiser, y participant avidement, caressant le palais et l'intérieur des joues de Tom, frottant leurs langues autant qu'ils se frottaient l'un contre l'autre. L'érection de Tom n'avait de cesse d'augmenter, et une chaleur ample, presque douloureuse, engourdissait son bassin et son ventre. Il hoquetait en embrassant Bill, ses yeux étaient douloureusement crispés, et quand la main de Bill chercha, curieuse, un chemin jusqu'à son sexe, il sanglota carrément. Il pouvait la sentir descendre le long de son dos, passer sur ses fesses nues et les caresser furtivement, puis descendre plus bas encore, jusqu'à effleurer ses testicules tendues. Il grogna en pressant son corps plus fort contre Bill, emprisonnant le sexe de chacun dans leur étreinte.
La main de Bill quitta l'intimité de Tom pour remonter dans son dos, s'y accrochant difficilement.
-Tu sens le chlore, susurra Tom en caressant la joue de Bill avec son nez. Tu sens vraiment. Tu ne sens plus toi.
-Je ne sens plus elle.
Corrigea Bill en subissant la douceur de Tom. Je ne sens plus elle, pas vrai?
Tom ne répondit pas et roula des hanches contre Bill. Ils gémirent à l'unisson, et Tom pu sentir la griffure agréable des longs ongles de Bill sur sa peau. Ils étaient comme une bouche qui l'aurait mordu. Une bouche de fille, avec les dents aiguisées. Et des lèvres parfaitement dessinées, charnues et roses comme il aimait. Et un visage doux, des yeux sombres, des cheveux soyeux qui les encadreraient lorsqu'elle se trouverait à califourchon sur lui, bougeant des hanches, dansant au bout de son sexe.
Il faillit jouir en pensant à tout ceci. Il était parti un peu trop loin dans ses pensées, et le rythme de ses frottements contre Bill avaient considérablement augmenté, proportionnel à son envie.
Il sentait la sueur partout sur son corps, et la chaleur de la pièce ajoutée à celle émanant de leurs deux corps était étouffante, suffoquante. Il ralentit pour essayer de calmer sa respiration. Il entendant Bill qui pleurnichait presque de bien-être sous lui. Ses gémissements étaient tellement, tellement féminins.
Il se redressa au bout de quelques minutes, et tout les deux frissonnèrent désagréablement au contact de la subite fraîcheur. Assis sur ses talons, Tom caressa doucement la joue de Bill puis descendit dans son cou. Son visage était toujours aussi fermé, mais cette fois, il regardait Bill dans les yeux. Il voulait voir, ressentir chacun des effets qu'il allait lui prodiguer. Il voulait voir Bill prendre du plaisir, et incruster ces images dans sa mémoire. Il voulait juste voir.
Ses doigts chutaient sur le corps du brun, titillant ses tétons durs du plaisir qu'il ressentait, flattant ses côtes jusqu'à le faire se tortiller, caressant avidement ses flancs, pour descendre enfin jusqu'à la jointure de son bas-ventre et de sa cuisse.
Bill haletait, battant follement des paupières alors que son regard était glué à celui de Tom.
-Tom mon Dieu... Soupira-t-il en essayant une fois de plus de se redresser.
Le regard de Tom se fit plus dur qu'il ne l'était déjà, et il pinça suffisamment la peau de Bill pour lui faire comprendre qu'il ne devait pas bouger.
-Je ne t'entends pas Bill, dit-il d'une voix blanche. Je ne t'entends pas et je ne dois pas t'entendre. Ne parle pas, sinon je pars.
Le ventre de Bill se tordit désespérément, et il lança sa tête en arrière, les sanglots assaillant une fois de plus sa gorge. Il était difficile pour lui de concilier plaisir et désespoir, envie et tristesse. Parce que oui, il était triste. Les traitements de Tom étaient aussi doux et plaisants qu'horriblement fades et cinglants. Ses propos étaient monstrueux, se dit-il en avalant sa salive. Il ne comprenait pas. Tom voulait voir, certes, mais pas entendre. Pas l'entendre lui.
-Ne pleure pas quand je te fais du bien, souffla Tom en se penchant pour embrasser Bill, juste sous le nombril.
Docilement, Bill hocha la tête et essuya ses larmes du revers de sa main. Il tenta de sourire à Tom, mais l'étirement de ses lèvres ressemblaient plus à une grimace qu'à autre chose.
Tom léchait, suçait aspirait le ventre de Bill. Il avait fermé les yeux, savourant la sensation sur ses lèvres, sur sa langue. Juste sous son menton, la virilité de Bill cognait, chaude et humide. Le plus jeune n'avait plus qu'une envie : sentir la bouche de Tom sur son sexe. Les yeux fermés, il imaginait la chaleur humide qui l'envelopperait, sa langue de Tom qui bougerait doucement contre lui, ce qu'il ferait avec ses mains, comment ses orteils se crisperaient à chaque mouvement. Il imaginait.
Il imaginait jusqu'à ce que la joue de Tom frotte sur son pénis, son nez se perdant dans les poils drus et ondulé. Il enfonça ses doigts plus fort dans le drap, jurant que ses ongles céderaient tant sa poigne était puissante. Le souffle brûlant de son aîné harcelait sa peau, et il aurait voulu dire à Tom, hurler à Tom qu'il voulait sentir son sexe dans sa bouche. Qu'il le suce avidement, sans le laisser dans l'agonie de son plaisir.
Le visage de Tom semblait vouloir s'enfouir dans le bas ventre de Bill. Il s'y frottait en soupirant, prodiguant à Bill d'atroces ondes de plaisir mal gérées. Mais Tom ne se souciait en rien de ce que Bill pouvait ressentir. Il avait l'air, une fois de plus, hors du monde et du temps. N'y tenant plus, Bill l'appela encore, la voix éreintée, et c'est en entendant cette voix que Tom revint soudainement à la réalité. Il émit un râle profond, et pesta une fois de plus contre Bill, lui interdisant de prononcer le moindre mot, après quoi il loucha sur la hampe dressée de son jumeau. Lentement, il sortit sa langue et lécha le sexe dur devant lui, du bas vers le haut. Encore une fois les larmes montèrent aux yeux de Bill qui se crispa sur le lit, tentant du mieux qu'il le pouvait de ne pas hurler tout son plaisir. Tom réitéra son geste, quatre ou cinq fois tout au plus, et pris finalement le pénis de Bill entre ses lèvres. Le pauvre brun se mordait la langue pour s'empêcher de crier, il était obligé d'agripper fort le drap pour ne pas attraper les dreads de Tom et les lui arracher. Il priait pour que son corps continue à lui obéir, afin que ses hanches ne se mouvent pas d'elles même et ne finissent par étouffer Tom. Il se sentait grossir encore et encore sous les attouchements buccaux de son frère, il jurait qu'il aurait pu exploser de l'intérieur si Tom ne s'était pas arrêté.
En effet, le dreadé se tenait maintenant à genoux au dessus de Bill, fixant le ventre de son frère qui se gonflait et se creusait en rythme avec sa respiration saccadée. D'un geste nerveux, il essuya sa bouche de sa propre salive et de l'humidité de Bill, et il s'approcha tout aussi rapidement du visage de Bill, l'embrassant de nouveau avec fougue. Il sentait tout de Bill. Sa peau mouillée d'eau de piscine et de sueur, son sexe gorgé de sang contre son ventre, ses mains touchant timidement ses flancs, ses dents contre sa langue, son nez qui s'écrasait sur le sien. Ou encore sa respiration affolée et brûlante, ses larmes qui s'étalaient sur leurs joues, ses sons de gorge qu'il ne parvenait pas à faire taire. Tom avait Bill.
D'une main, il souleva la cuisse gauche de Bill et la ramena contre lui et tout alla très vite. Il fit pénétrer son gland suintant dans l'étroitesse de Bill, le faisant littéralement hurler, et s'y glissa jusqu'à la garde. Écoutant vaguement les longues plaintes de Bill, il aurait juré qu'il venait de le poignarder, ou bien de le déchirer en deux. Il se demanda lui même comment il avait pu avancer si rapidement en Bill sans l'avoir écartelé. Bill se cramponnait à lui en glapissant, et semblait être complètement désorienté, n'assimilant sûrement pas encore que Tom venait de l'enculer profondément sans l'avoir préalablement préparé à la moindre intrusion. Il ne ressentait même plus d'excitation ou d'envie, il voulait juste pousser Tom, attraper la couette et s'enrouler dedans. Qu'on le laisse tranquille, qu'on le laisse avoir mal. Son sexe avait clairement débandé, et il n'avait même plus la force de pleurer, ou de repousser Tom. Il pouvait juste subir, attendre que Tom en finisse, tout en gémissant son mal à qui voudrait bien l'entendre.
-Ne pleure pas Bill, lui glissa Tom en caressant gentiment son front. Ne pleure pas s'il te plaît.
Bill se mordit la lèvre, se retenant de répliquer à Tom qui l'aimerait bien l'y voir, à se faire prendre comme ça, à sec. Et en plus de ça, Bill n'était même pas sûr d'être consentant.
Tom amorça un premier mouvement de l'arrière vers l'avant, son sexe glissant tant mieux que mal et frottant contre les parois de Bill qui hurla. Son ventre se tordait de la façon la plus horrible qu'il soit, et son anus dilaté de force ne pouvait être qu'une plaie béante, tant la brûlure était intense. Il enfonça ses doigts dans la peau du dos de Tom, l'agrippant violemment et volontairement pour lui montrer à quel point tout ceci était insupportable et douloureux. Mais Tom ne s'en formalisa pas et s'enfonça de nouveau dans l'intimité de Bill. C'était lent et fluide, pourtant, mais la douleur était là, c'est tout ce que Bill pouvait ressentir.
-Ne pleure pas quand je te fais du bien. Répéta encore Tom en essuyant les yeux mouillés de Bill.
-Du bien?! Hoqueta Bill. Il était à bout de nerfs. Lui et Tom étaient passés bien au delà des limites fixées par l'éthique, et Tom avait franchi ses limites à lui. Ses limites physiques et mentales.
-Tais toi Bill.
-Me taire!
Cracha-t-il, sa respiration s'affolant davantage, si c'était possible. Casse toi Tom je m'en fous! Je vais pas me taire alors que-
Il ne termina pas sa phrase, subissant encore la pénétration de Tom.
-Bill on arrivera à rien si tu ne te calmes pas. Tonna Tom en passant sa langue sur ses lèvres.
-Bordel Tom, pleura Bill, t'aurais pu, je ne sais pas, faire doucement! Haleta-t-il encore. T'aurais pu me, me préparer! Ca t'aurais pas troué le cul!
Bill renifla alors que Tom le regardait avec des grands yeux exorbités. Lorsqu'il se rendit compte de ce qu'il venait de dire, Bill rigola nerveusement, suivit rapidement par Tom qui embrassa finalement son front.
-Je suis désolé. Dit-il simplement.
Il embrassa Bill partout sur son visage, pendant que celui-ci souriait, soupirait, oubliant presque la douleur lancinante dans le bas de son corps.
-C'est ok, souffla le brun alors que Tom s'attaquait à son cou. C'est ok Tom.
Bill paraissait déjà plus détendu et moins blessé par son frère. Il sentait en lui le sexe de Tom qui pulsait, qui poussait. Et lorsque Tom entama un nouveau mouvement de recul, il ne peut que gémir de douleur, encore.
-Je ne veux pas avoir mal, sanglota-t-il tout en attrapant la nuque de Tom pour aller embrasser sa bouche.
Il avait la terrible sensation que l'acte durait depuis une éternité et que son corps n'avait jamais été autrement que déchiré. C'est alors que la main de Tom vint simplement se glisser entre eux, attrapant vivement le sexe de Bill entre ses doigts fins et calleux. Il s'appliqua à faire revivre l'érection de Bill, et il se trouve que l'objectif fut atteint en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Bill voulait juste que Tom s'occupe de lui, et sa main chaude contre son sexe avait réveillé toute son envie. Un sentiment d'euphorie c'était simplement emparé de lui, et il en oubliait presque totalement d'avoir mal. Tom aussi perçu cette différence. Bill s'étant détendu, ses muscles c'était clairement relâchés et il n'était plus aussi à l'étroit à l'intérieur de lui.
Il glissa une nouvelle fois en Bill, non sans faire réagir celui-ci qui cria encore. Mais Tom continuait à le masturber puissamment, et sans qu'il ne le veuille, le rythme de ses hanches s'accorda avec celui de sa main.
Il avait les mâchoires tellement serrées, et ses à coups étaient tellement plus puissants, et tout son corps réagissait tellement à Bill. C'était tellement trop tout.
Et Bill. Il était complètement pris entre deux feux. La brûlure persistait encore et toujours, mais le plaisir était bel et bien présent lui aussi. Ses yeux partaient dans tout les sens, il avait envie de hurler des choses à Tom, de mordre la peau de Tom, de le pincer, le griffer, le déchiqueter. Il avait mal à la gorge, sa voix sortant rauque et éraillée, ses larmes coulant autant à cause de la douleur que du plaisir ressenti.
-Tom, mon dieu Tom! Couinait-il en s'agrippant.
C'était mortellement bon, et horriblement frustrant. Bill se sentait si près de la jouissance que s'en était douloureux. Il s'affola quand il sentit la bouche de Tom sucer avidement la peau de son cou, ses dents racler sa gorge et la respiration de son jumeau frapper sa peau humide. Son corps s'arqua au dessus du lit, ses talons s'enfonçant sans ménagement dans le matelas dont les lattes craquèrent presque, et dans un cri silencieux il jouit dans la main de Tom. Il était agité de spasmes, et il voulait juste que Tom s'en aille de sur lui pour qu'il puisse reprendre sa respiration, qu'il puisse revenir sur Terre après son orgasme dévastateur. Mais Tom lui n'en avait pas fini. Il continuait ses allées et venues dans le corps fatigué de son frère, ne se souciant que trop peu du plaisir éreintant qui l'avait secoué, et qui continuait d'ailleurs à l'assaillir. Bill se sentait tellement au dessus de tout, tellement bien qu'il en avait mal au creux du ventre. Tout contact était désagréable, et pourtant il laissait Tom continuer, il lui devait bien, se disait-il.
Il semblait que le coït était interminable. Tom avait de l'endurance et paraissait infatigable aux yeux de Bill qui n'en pouvait plus. Et Tom finit par l'immobiliser aux dessus de lui, crispant sa bouche et ses yeux, déformant son visage dans une moue d'extase. Le brun sursauta quand il sentit le sperme de Tom couler dans ses entrailles. C'était chaud et désagréable, presque autant que de sentit le sexe de Tom quitter son intimité, la laissant complètement dilatée. "Béante" se dit-il en grimaçant. Tom relâcha ses bras et s'effondra sur le torse de Bill qui n'avait toujours pas retrouvé une respiration normale. Les dreads de Tom s'étalaient partout sur lui, attaquant sa peau ultra-sensible, se collant à cause de leurs transpirations. Il avait beaucoup trop chaud pour supporter Tom sur lui, alors il tenta de se dégager sans vouloir brusquer ou vexer celui-ci. Tom consenti à laisser de l'espace à Bill et s'allongea à côté de lui, se mettant à la même hauteur. Tom scrutait le visage de Bill, sa bouche légèrement ouverte. Il était comme si il venait juste de découvrir Bill. Comme si il venait juste de découvrir que c'était Bill qu'il avait baisé. Bill quant à lui fixait le plafond. Il était comme un oiseau tombé de son nid, découvrant malgré lui les sensations du monde sans que personne ne l'aide à se débrouiller.
Comme s'il venait d'ouvrir une porte, il entendit tout à coup les voix provenant de la télé qui hurlait, les bruits d'insectes de la nuit dehors, le vague chuchotement des vagues, en bas de l'hôtel, les clapotis de la piscine à quelques mètres de là.
Il se releva et fonça dans la salle de bain, la semence de Tom dégoulinant d'entre ses jambes. Il avait du mal à tenir debout et dû se maintenir aux murs sur le court chemin qui le séparait de la salle d'eau.
Après avoir allumé la lumière, il ferma la porte et rencontra directement son reflet. Il était dégoulinant de toutes sortes de choses. Il était cassé, brisé. Et il avait pris un putain de pied. Il haussa un sourcil, se souriant.
-Bill, la sale pute qui se fait baiser par son frère.


Bon et bien.
Voilà.

Désolée pour la longue attente, comme je vous l'ai dit, j'avais pas vraiment le temps.
J'ai pris mon samedi pour parfaire cette suite et terminer le lemon. Je sais vraiment pas ce que ça vaut, honnêtement je ne suis pas du tout à l'aise en ce qui concerne les passages acides x'D.
J'adore en lire, mais les faire moi même, ça prend toujours des heures (Et en principe je préfère les écrire pour les autres ^^).


Les questions!

--------------------• Relation Bill/Tom, des choses à me dire?
--------------------• D'après vous, et après avoir lu ce chapitre, que pensez-vous d'Emily par ---------------------------rapport aux autres personnages? Elle les aime bien? Elle s'en branle? (XD)
--------------------• Gustav va-t-il aller au bout de sa décision et prévenir les parents?
--------------------• Pensez-vous que Dieter et Lanz vont finir par être au courant de toute -----------------------------l'histoire?
--------------------• Le lemon Bill-Tom, sauriez-vous décrire les intentions véritables de chacun?
--------------------•Un avis sur la dernière phrase?
--------------------•La suite vous la voulez quand? XD


Bref.

Vualaaaaa.

La suite, je ne sais vraiment, vraiment pas quand.
Dès que j'ai le temps – et l'inspiration suffisante – j'écris! Promis juré sur la tête de mon Misthy!

BzOw!


Votre Pub Ici! -----------------------------------------------------Etre Prévenu Là!

# Posté le vendredi 13 juin 2008 12:24

Modifié le lundi 08 septembre 2008 09:55

BOUH!

BOUH!
Comme je l'ai dis par Com'z à ceux qui m'ont demandé de les prévenir de la suite, je ne préviens plus via skyblog, mais par mail!

Atomik-n3ma@hotmail.fr

Tout ceux qui veulent être prévenus doivent ajouter cette adresse dans leurs contacts.
Si vraiment, vous n'avez pas MSN ou je ne sais quel moyen de recevoir des mails, je continue par mail.

Tout deviendra beaucoup plus simple pour moi.

/!\VCeux qui me parlent par mon adresse msn actuelle doivent également rajouter celle-ci si ils veulent être prévenus! /!\

Sur ce, bonne soirée!

# Posté le samedi 28 juin 2008 14:40

Chapitre Quinze. PIX : Par Moi Même.

 Chapitre Quinze.                                                                                                                                                                                                       PIX : Par Moi Même.

Bonjour mes p'tits gens.
Désolée pour cette attente, c'est les vacances mais bon, mes journées sont remplies u_u.
En espérant que cette suite vous plaiiise.

Bonne lecture.


Chapitre 15

Gustav se rendait de plus en plus compte qu'il n'avait plus, ou qu'il n'avait jamais eut aucun contrôle sur la situation. Il se sentait stupide et faible de ne savoir reconnaître Bill. Son Bill, pas celui, celle qu'il avait inventé.
Il marchait depuis quelques minutes déjà, cherchant où Georg et Dieter avaient pu passer. Il pensait pouvoir les retrouver au bar, mais il n'en était rien. En passant près de la piscine, il avait aperçut dans l'eau un couple et leur deux enfants, barbotant sous la lueur des lampadaires. Lanz lui aussi avait disparu, Dieu seul savait où ils étaient passés tout les trois.

Bifurquant encore dans les jardins faiblement éclairés, il avait fini par entendre la voix sourde de Georg. Il semblait énervé, affolé, et alors que Gustav s'approchait, il le vit très distinctement lancer son poing en avant puis se faire pousser violemment en arrière. N'ayant d'autre choix, Gustav pressa le pas, s'interposant entre Georg et sa victime. Sa victime qui n'était autre que Dieter.

-Est-ce que je peux savoir ce qu'il se passe?! Aboya Gustav en maintenant les deux protagonistes à distance. C'est quoi ce bordel encore!

Il fixait durement Dieter, le faisant baisser les yeux. Dieter était un garçon timide et réservé, qui semblait peser ses mots à chaque instant. C'était tout bonnement impensable qu'il ait pu déclencher quelconque dispute. Aussi, Georg n'était pas quelqu'un de violent ou de nerveux, et il eut fallut qu'on le provoque sévèrement pour qu'il en vienne aux mains, en particulier avec une personne qu'il n'avait pas l'habitude de côtoyer.

-Des explications et vite! J'ai besoin de parler à Georg, alors dépêchez! Continua Gustav, serrant ses poings.

-Il se trouve, commença Georg d'une voix basse, il se trouve que Dieter me parlait d'Emily. Tu sais, Emily.

Gustav passa une main sur son visage, épuisé rien qu'à l'entente du prénom. Emily allait les tuer à l'usure.

-Emily, ouais. Appuya Dieter, le visage sombre.

-Et qu'est-ce que tu disais à propos d'elle hein? S'énerva Gustav en se tournant vers Dieter.

Est-ce que tu penses la connaître suffisamment pour parler d'elle? Est-ce que tu sais seulement
de quoi tu parles, quand tu parles d'elle?!


Face à l'étonnement de Dieter, Gustav n'insista pas plus et fit pivoter son corps vers Georg. Ils se regardaient dans les yeux, Gustav attendant les explications de Georg qui tardaient à venir.

-Il a dit que Lanz avait prévu de se la faire. Avant la fin de la semaine.

Un sourire en coin s'installa automatiquement sur les lèvres de Gustav qui se tourna une fois de plus vers Dieter.

-T'es vraiment sérieux là? Tu crois vraiment qu'il va se la faire?

Dieter haussa les épaules, mal à l'aise face à ses deux aînés.

-Pourquoi tu as dit ça à Georg, hm? Tu ne sais pas que Georg s'empressera d'aller tout répéter à Tom? Et que Tom ira défoncer la gueule de ton copain? Peut-être même qu'on s'y mettra tout les trois.

-Mais je pensais que c'était cool!
S'exclama Dieter, les larmes lui montant aux yeux. Vous semblez tellement cool, tout ce que vous faites est cool, et vous parlez de choses cool!

-Ouais, parler de sexe, parler de sexe avec Emily... t'as du te sentir tellement cool en rapportant ça. Et je déteste le mot "cool"
, trancha Gustav.

Dieter hocha simplement la tête, s'essuyant rapidement les yeux.

-Georg je dois te parler rapidement.

-J'en ai pas fini avec lui!
Cria Georg en approchant encore de Dieter, bousculant Gustav. Donne moi ton portable!

Sans ménagement aucun, il attrapa Dieter et fouilla brusquement les poches larges de son bermuda. En une poignée de seconde, il avait réussit à soustraire son portable à Dieter et il fouillait déjà dans le menu, à la recherche d'un certain message que Lanz aurait envoyé à son ami quelques minutes auparavant.

-Qu'est-ce que tu fais, souffla Gustav en tapant du pied.

-Je veux voir ce que Lanz... Dieter a reçu un message, et ensuite il m'a parlé de...tu sais. C'est forcément un sms de Lanz.

-Dieter?
Dit Gustav en levant un sourcil vers l'interessé.

-Ok. Il a dit un truc comme... Un truc dans le genre qu'il était dans la chambre et que... Non franchement je peux pas vous dire ça.

-Dieter!
Aboyèrent d'une même voix Georg et Gustav.

-Il a dit qu'il se finissait voilà. Il est en train de se branler dans la piaule parce qu'Emily l'a branché dans la piscine!

-Il a fait quoi?!


Georg avait ouvert de grands yeux, sa mâchoire manquant de tomber. Il n'avait plus qu'une envie, aller défoncer quelqu'un. Dieter. Ou bien Lanz. Ou bien Bill.

-Il n'a rien fait, c'est elle! Dit encore Dieter.

Seulement, Georg ne parlait absolument pas de Lanz. Non la personne à laquelle il pensait, c'était Bill et ce qu'il avait pu faire dans la piscine avec ce jeunot. Ayant visiblement compris, Gustav attrapa son ami par les épaules et le dirigea vers leur propre chambre, adressant à Dieter de rapides et confuses excuses. Une fois assez éloignés, il fit Georg s'asseoir contre un muret.

-C'est ça que je voulais te dire. Ils sont, je ne sais pas Georg. Ils sont devenus complètement barges. J'ai trouvé Bill dans la piscine avec Lanz. Et il m'a dit tout un tas de trucs dégueulasses, j'ai essayé de le dire à Tom il n'a rien voulu entendre. Et nan, c'était même pas Bill. Bill n'a rien à voir dans cette histoire. C'était cette... ce truc. Ce truc dans sa tête encore une fois.

-Emily.
Enchaîna Georg, fronçant les sourcils.

-Ne t'y mets pas Georg, pitié ne fais pas comme eux. Elle n'existe pas ok? Tu n'es pas fou bordel! On dirait qu'elle vous a possédé! Mais c'est pas possible putain de merde! Georg!

Ledit Georg attrapa doucement les bras de Gustav, lui intimant de se calmer, et repris sur un ton doux.

-Du calme, elle n'existe pas. Je sais pas Gustav, ne t'énerve pas comme ça. Assied toi là.

Bouche bée, Gustav pris place à côté de Georg, baissant la tête de dépit. Pendant un instant il avait cru que Georg avait lui aussi été contaminé par le fléau qu'incarnait le personnage d'Emily.

-Mais tu l'appelles Emily. C'est pas rien. Tu lui donnes un nom! S'exclama-t-il encore, secouant ses bras devant lui.

-Comme je l'aurais appelé "pneumonie" ou "gastro". C'était juste pour, je sais pas trop. Mettre un nom sur... sur ce que je ne connais pas, en fait.

Gustav hocha fébrilement la tête, ne semblant que très peu convaincu par ce que venait de lui expliquer Georg. Depuis que tout avait commencé, que tout avait recommencé, il ne s'était senti que très peu soutenu par son meilleur ami. Il avait l'impression d'être seul face à la tornade qu'étaient les jumeaux. Le seul à se creuser les méninges, de jour comme de nuit, le seul à tenter de les calmer. Georg avait simplement l'air d'être en vacances, comme si toute cette histoire ne l'atteignait pas.

Ce n'était pas comme si Gustav ne s'y était pas attendu. Georg trouvait toujours le moyen de s'échapper lorsque les problèmes arrivaient. Ou alors, il fermait les yeux, comme s'il était imperméable aux soucis de ses amis. Mais sur ce coup là, il avait vraiment espéré que Georg s'intéresse ne serait-ce un minimum à eux.

-C'est sérieux Georg. C'est trop sérieux pour que tu t'en branles comme tu le fais!

-C'est toi qui fais de tout ça quelque chose de trop sérieux Gus. On pourrait... je ne sais pas. Les laisser dans leur délire et profiter simplement de nos vacances. Tu ne penses pas qu'ils font ça pour nous pourrir nos vacances, hm?

-Je vais chialer si tu dis ça Georg. Comment tu peux penser...ça. Tu ne peux pas penser ça, hein?
Répondit Gustav, la voix rauque et basse.

-Non c'est vrai. Mais on pourrait les laisser, prendre du bon temps et s'occuper d'eux après.

-Tu n'es pas sérieux. Tu ne peux pas être sérieux quand tu dis ça, vraiment pas. Putain, Georg!
Reprit-il en haussant la voix. Georg on parle de Bill et de Tom! Tu sais très bien qu'on ne peut pas les laisser comme ça! Il faut... Il faut qu'on essaye bon Dieu!

-Je ne veux pas être comme toi, et perdre du temps à essayer pour ne pas y arriver ensuite!


Georg se leva, marchant en ronde devant Gustav qui le regardait, les yeux noirs de colère.

-Tu n'es pas médecin Gustav! Tu n'es pas psychiatre, alors arrête de te prendre pour, pour quelque chose que tu n'es visiblement pas!

-Va dire ça à Bill, Georg! C'est Bill qui se prend pour ce qu'il n'est pas, alors va le voir, et parle lui de ça putain! Ce n'est pas moi qu'il faut convaincre d'arrêter, c'est lui!


Touché, Georg se planta devant Gustav, plissant ses yeux. Sa tête lui semblait être lourde et douloureuse, il cherchait ses mots sans pouvoir les trouver. Alors il dit simplement :

-Peut-être qu'elle n'est pas une mauvaise chose Gustav. Je sais pas... Je sais vraiment pas. Mais Gustav, Bill est gentil quand il se prend pour elle.

Il haussa les épaules, détournant le regard alors que les yeux de Gustav s'étaient instantanément remplies de grosses larmes qui ne tardèrent pas à rouler sur ses joues chaudes. La tête baissée, Georg continua à expliquer à Gustav.

-J'aime bien Bill, Gustav. Je l'aime vraiment beaucoup. Mais lui... Il cherche toujours à se battre avec moi. Je crois que c'est à cause de Tom. Tu sais, je suis plus proche de Tom que de Bill, je crois. Et, et Bill n'aime pas ça. Alors il fait toujours comme si il me détestait. Quand il, tu sais. Emily. Quand elle est là, je n'ai pas à faire attention à ce que je dis, ou ce que je fais. Je parle tranquillement avec Tom sans que Bill ne vienne chercher les merdes.

-Mais c'est normal
, hurla Gustav, prenant sa tête dans ses mains, c'est normal puisque Bill n'est plus Bill! Est-ce que tu vas le laisser s'effacer? Est-ce que tu vas laisser cette chose qui lui bouffe l'esprit nous le prendre?!

-Ne crie pas!
Pesta Georg en approchant de Gustav. Je ne dis pas que je veux qu'elle soit là. Je dis que j'aime bien, quand Bill n'est plus Bill.

Avant qu'il ait eut le temps de cligner des yeux, la main de Gustav s'était violemment abattue sur sa joue. La pommette rougie, il dévisagea Gustav, ne comprenant absolument pas pourquoi ce coup avait pu partir.

-Tu ne sais même pas ce que tu dis! Cria Gustav. Tu ne sais pas! Tu m'as dit qu'elle n'existait pas pour toi, et te voilà à me dire que, que tu l'aimes bien. Tu ne peux pas l'aimer Georg! Bordel tu n'as pas le droit!

-Gustav, elle te rend fou.


Ledit Gustav sourit à cette phrase. Un sourire qui se transforma rapidement en un rire nerveux, incontrôlable. Il avait mal au ventre, parce que Georg venait de lui dire toutes ces choses et qu'il avait du mal à les assimiler. Il avait envie de tuer tout le monde, sans exception.
Se calmant doucement, il parvint à demander à Georg.

-Et si tu l'avais vu dans cette piscine, la main accrochée à la bite de Lanz, tu penserais toujours ça Georg?

Georg grinça des dents, irrité.

-Tu n'es pas sûr de ce que tu as vu, déclara-t-il, de mauvaise foi.

-Georg. Non Georg, regarde moi dans les yeux.

Il attendit que Georg tourne la tête et accrocha son regard, son visage devenant soudainement plus tendu et plus sombre encore.

-J'ai tout vu. Et j'ai entendu. Je l'ai sorti de la piscine, et je l'ai traîné jusqu'à la chambre. C'est pas toi, Georg, qui a dû retenir tes larmes de colère et de peur. Et c'est pas toi non plus qui a du encaisser tout les mots blessants, tout les horribles mots. Ne dis pas que je ne suis pas sûr, parce que je te jure Georg, que si tu recommences, je vais te faire tellement de mal que tu détesteras ta mère de t'avoir fait naître.

-Je suis désolé
, répondit Georg rapidement.

Gustav avait l'impression d'avoir tourné en rond. N'ayant aucune réponse aux questions qu'il se posait, il demanda simplement, la voix froide.

-Pourquoi est-ce que tu t'en fous?

Il entendit Georg soupirer. Il avait l'air de réfléchir, de former ses mots, alors Gustav attendit simplement qu'il lui explique enfin.

-Bill se fout de moi, Gustav. J'aime Bill, vraiment je l'aime, et il me déteste à cause de Tom. C'est aussi simple que ça. Il me provoque, alors je lui rends la pareil dès que j'en ai l'occasion. Tu sais que ça dure depuis un temps déjà. J'aime Tom aussi, alors je ne peux pas juste laisser Tom pour que Bill m'aime bien.

-Mais Bill est ton ami Georg! Bien sûr qu'il t'aime!

-Il m'aime moins. Tu ne peux pas comprendre parce que toi, il t'aime, et Tom t'aime aussi. Quand il est elle, je peux être à côté de Tom, je peux parler à Tom sans me sentir moins aimé. C'est ridicule Gustav, je sais bien que je suis ridicule, mais, j'ai l'impression qu'elle m'aime bien. Pas comme, pas comme Bill. Elle ne peut pas être mauvaise, tu vois.

-Elle est le mal
, insista Gustav. Elle ne m'aime pas, moi.

-Non c'est toi qui ne l'aime pas.

-Elle me l'a dit. Elle me l'a dit je te dis! Elle a utilisé la bouche de Bill pour dire que je n'étais pas son ami. Bordel, elle ne m'aime pas tu vois. Et j'ai peur...C'est Bill, Georg. Est-ce que ça veut dire que Bill ne m'aime pas?

-Ben... Je ne sais pas. Mais si c'était le cas, ça voudrait dire qu'à l'inverse, Bill m'aime bien.

-Mais Bill t'aime bien nom de Dieu. Arrête d'être borné Georg! Aide moi. Aide moi c'est tout ce que je te demande. Tu n'es pas obligé de leur parler, ou je ne sais pas. Mais juste, dis moi que tu es avec moi, que je ne suis pas seul face à eux. Tu ne sais pas ce que tu dis Georg! Tu as dit qu'elle n'existait pas, et te voilà à me dire, tout ça.

-Elle n'existe pas. Pas vraiment. Elle est Bill. C'est juste quelque chose de Bill, tu vois? C'est la fille qui sommeille en lui
, plaisanta Georg en tapant doucement l'épaule de Gustav.

-Je n'sais pas ce que tu veux me dire. T'es fatiguant Georg. T'es avec moi, ou pas?

-J'suis avec toi Gustav. Tu sais bien que j'suis avec toi, même si je ne le suis pas de la façon que tu voudrais. Mais je suis là.

-Et t'es atteint, putain t'es atteint par elle
, dit Gustav en souriant faiblement. T'es presque aussi fou qu'eux, mais t'es avec moi.

-Ouais, si tu veux.
Lâcha Georg en haussant les épaules et dodelinant de la tête.

Ils se levèrent tout les deux, et calmement ils regagnèrent le chemin de leur chambre. Lorsque Georg poussa la porte et que celle-ci lui résista, il fronça les sourcils, se tournant vers Gustav.

-C'est fermé.

-J'ai laissé Bill et Tom pour qu'ils s'expliquent, ils n'ont peut-être pas fini.


De dehors, ils pouvaient juste entendre les sons étouffés de la télé qui jouait sûrement dans le vide.
Les minutes passèrent lentement, trop lentement pour Georg et Gustav qui ne percevaient aucun signe d'agitation quelconque à l'intérieur de la chambre. Le bruit de la télé ne semblait pas faiblir, couvrant les éventuelles éclats de voix des jumeaux.

-J'espère qu'ils ne se sont pas entre-tués, grogna Georg, ses yeux à moitié clos.

Gustav émit un vague son d'acquiescement, ne semblant pas plus perturbé que ça face à cette porte close. Son esprit ressassait encore et encore les épisodes de ces derniers jours, cherchant une faille, tout ce qui pourrait l'aider. Il tentait de se souvenir des moindres mots des jumeaux, leurs moindres mouvements. Quelque chose avait forcément déclencher le mécanisme "Emily", restait à savoir quoi, ou qui.

-Georg, dors pas. Fit Gustav en souriant, secouant légèrement l'épaule de Georg que le sommeil submergeait.

-Ouais. Ouais désolé, c'est trop d'émotion pour aujourd'hui.

Gustav rit faiblement, approuvant les dires de Georg, et se leva pour faire une fois de plus face à la porte.

-Peut-être qu'ils dorment. Ca fait un moment là. Supposa-t-il en se retournant vers Georg.

Tu crois que je frappe? Ou...quoi?

-Ca m'étonnerait qu'à peine si ils s'étaient endormis. Même avec la télé à fond ils pourraient trouver le sommeil.

-J'ai peur de les déranger, peut-être qu'ils n'ont pas fini de s'expliquer, alors...


Ne tenant plus, Georg se leva et cogna contre la porte avec le peu de force qu'il lui restait. Il appela plusieurs fois les jumeaux, leur intimant de venir ouvrir la porte sous peine d'une mort certaine et douloureuse. Et après quelques minutes, les arguments forts convainquants de Georg semblèrent porter leurs fruits, puisqu'un Tom chancelant vint ouvrir la porte.

-Il dormait le salaud! pesta Georg en entrant dans la chambre.

Gustav enleva rapidement son t-shirt, le posant sur le dossier d'une chaise pendant que Georg abandonnait le sien sur un tas de vêtements jetés négligemment au pied du lit des jumeaux.

-Ca va mieux alors? Constata plus que ne questionna Gustav en découvrant Bill blottit dans les draps du lit double.

-Ca va. Répondit simplement Tom, retournant s'installer.

-Georg doit te dire un truc, au fait.

-Ah bon?
Demanda Georg, surpris et pris au dépourvu.

-Ouais, tu sais, Dieter et Lanz.

-Oh...


Un silence gênant s'installa entre les trois garçons, Georg fronçant les sourcils en signe d'incompréhension.

-Je...crois qu'il faudrait. Le dire demain. A tête reposée. J'ai peut être mal compris.

-Tu as frappé Dieter
, le raisonna Gustav.

-Il a frappé Dieter? S'écria Tom, bondissant sur le lit. Tu l'as frappé? Genre pour de
vrai? Tu lui as démonté sa gueule? Il avait fait quoi? Bordel Georg raconte moi!

-Demain.
Se renfrogna ce dernier, grimpant sur son lit.

-Non pas demain! Georg balance tout! Et Lanz alors? Il a rien fait.

-Lanz est un p'tit branleur
, chantonna Gustav, cherchant le regard de Georg. Hein Georg? Lanz est un p'tit branleur.

-Et toi Gustav d'ailleurs, tu devais pas dire un truc à Tom? A propos de Lanz le branleur. Ou bien, de Lanz le branlé.


Il souligna sa phrase de plusieurs haussements de sourcils et clins d'oeils adressés à Gustav qui ne réagit pas sur le moment.

-Je sais déjà. Trancha Tom, la voix basse. On m'a expliqué.

Georg qui ne savait plus vraiment où se mettre se contenta de s'allonger sur son matelas, faisant désagréablement grincer les lattes de bois fragilisées par son poids.

-Qui ça, "on"? Demanda Gustav, intéressé par les dires de Tom. Chacun de ses mots étaient une énigme, et peut-être la solution au problème.

-Est-ce que ça a de l'importance? Rugit Tom.

Il s'allongea rageusement sur le lit, rabattant d'un geste brusque la fine couverture. Tout ses mouvements étaient si brutaux qu'ils eurent raison du sommeil de Bill qui émergea doucement. Il cligna des yeux, dérangé par la luminosité soudaine de la pièce et geignit adorablement en s'asseyant. Il porta tout d'abord son attention sur Tom qui se roulait furieusement dans le drap. Il était comme un petit animal qui cherchait désespérément à se cacher, et ça le faisait sourire. Il rigola doucement lorsque son frère frôla inintentionnellement dans ses jambes et leva enfin les yeux vers Gustav, assis juste en face. Il le considéra un instant, puis perdit son sourire mutin, l'échangeant pour une moue presque diabolique, affligeant le pauvre Gustav. L'adorable être dans le lit était loin d'être Bill. Il fallait se rendre à l'évidence, le spectacle d'un Bill en plein réveil était devenu plus que rare cette dernière semaine. Tout indiquait qu'il s'agissait de Bill : sa façon de froncer ses sourcils à cause de la lumière, de plisser son nez, de regarder Tom avec les yeux encore plein de sommeil. Tout était Bill, sauf Bill.

Il y avait tellement de haine dans ses yeux. Tellement de méchanceté, de vice, qu'il ne pouvait s'agir que du Diable lui même.

-Tomi, chanta Emily, allant le chercher sous le drap.

Gustav détestait la façon dont elle faisait sonner la voix de Bill. Elle était suave et basse, mais tout de même plus aiguë. Elle était chantante et mielleuse. Elle n'était pas la voix de Bill. Même Georg, qui regardait le plafond depuis plusieurs minutes déjà, se redressa pour observer ses amis, intrigué par le silence soudain.
Gustav leva des yeux inquiets vers lui tandis que Bill, ou plutôt Emily semblait être en train de ronronner contre Tom. Georg et Gustav pouvaient clairement entendre ses chuchotements alors qu'elle demandait à Tom pourquoi il se terrait et surtout, pourquoi il essayait de la chauffer alors qu'elle venait juste de se réveiller.

-Est-ce qu'on vous dérange? Beugla Georg en quittant son lit.

Aussitôt, il agrippa les draps du lit double, découvrant Tom et Bill. Non, Tom et Emily. Elle était roulée contre Tom, son nez pratiquement écrasé contre le torse de celui-ci. Elle ressemblait à un petit chat endormi alors qu'elle souriait gentiment, et Tom n'avait l'air que trop paisible à cet instant pour Gustav ne le trouve pas suspect.

-On vous dérange? Réitéra Georg en fronçant les sourcils.

-Peut-être bien, miaula Emily en roulant sur le dos. Peut-être que le "on" n'est pas approprié. Voyons voir, continua-t-elle en s'asseyant de nouveau, qui est "on"?

Elle avait replié ses genoux sous elle et était simplement assise parmis les draps, couvant Georg des yeux en faisant battre ses cils.

-Tu ne peux pas être "on" tout seul Georg, hein? Demanda-t-elle en souriant doucement.

Elle s'étira gémissant doucement, découvrant quelque peu ses hanches étroites, et c'est seulement à ce moment là que Gustav remarqua la poitrine artificielle de son ami.
Tom fronça les sourcils et tapa doucement le creux de la hanche d'Emily, lui demandant implicitement d'arrêter de draguer Georg qui la fixait un peu trop au goût de Tom.

-Tu ne me déranges pas, Ge. Souffla Emily en reportant toute son intention sur Tom qui lui caressait lentement la bras. Gustav me dérange, pas toi.

Gustav leva un sourcil, attendant des explications d'Emily, ou des protestations de Georg ou de Tom. Mais comme rien ne vint, il se leva pour aller s'allonger sur son propre lit, n'adressant plus aucun mot à personne.

-On dort maintenant? Demanda-t-elle à Tom en lui attrapant la main.

-Non, parce que Georg devait me dire un truc, répondit-il en se tournant vers Georg, le regardant droit dans les yeux.

-Demain, insista Georg.

-Non non, tout de suite, je vais pas dormir sinon. Continua Tom en plissant ses yeux.

Georg secoua la tête, décidé à camper sur ses positions. S'il pouvait tenir tête à Tom indéfiniment, il n'était pas dit qu'il tienne face à Emily. Elle venait de ramper sur le lit, enjambant gracieusement Tom pour venir s'agenouiller en face de Georg. Elle faisait volontairement trembler sa lèvre inférieure, fronçant ses sourcils dans une moue suppliante. Elle faisait penser à un petit enfant innocent, et magnifique, tout comme son dos cambré et sa posture la faisait indéniablement ressembler à une créature tout droit sortie des fantasmes les plus fous de Georg.

-Georg, Tom va pas dormir si tu lui dis pas...

-Il n'a pas besoin de savoir je t'assure. Et tu ne dois pas savoir non plus.

-Parce que ça me concerne?!
S'exclama-t-elle en ouvrant grand les yeux. Tu me caches des trucs alors!

-Georg tu as frappé Dieter!
S'écria Tom en s'asseyant à son tour. Tu l'as frappé! Pourquoi t'as frappé ce pauvre p'tit mec? Dis moi juste ça. Ca te coûte rien.

-Ecoutez, j'ai pas envie d'échauffer les esprits à une heure si tardive, ok?. Alors tout le monde va dans son lit et dort. On en reparlera demain.

-Arrête de te prendre pour Gustav, à faire la maman.
Trancha Emily en fusillant Georg du regard. Tom et moi, on a une maman à la maison, et une de substitution ici. On en a pas besoin d'une troisième.

Gustav qui suivait toute la scène de son lit grogna, et se retint de dire à Bill, ou à cette chose qui avait possédé son corps d'arrêter de se prendre pour une fille, et surtout, il se retint de la supplier d'aller crever en silence.

-Et tu as tapé Dieter, espèce de taré. Tu peux pas frapper Dieter et ensuite ne rien nous dire.

Tom hocha la tête pour appuyer les propos d'Emily, et face à ces deux teignes, Georg capitula.

-C'est juste qu'il m'a dit un truc qui m'a pas plus, alors on en est venu aux mains. C'est tout.

-Et c'est quoi ce truc?
Continua Emily en se levant, se dirigeant vers le canapé. Ca devait être un truc important pour que tu le frappes, non?

-Ouais c'était important. On en reparle demain.


Emily soupira en se laissant tomber sur le divan confortable, laissant un silence s'installer entre eux. Sur ce, Georg pensa la conversation close et tourna le dos à Tom qui fronçait déjà les sourcils. A peine eut-il amorcé un pas vers son lit que la voix calme et froide d'Emily s'éleva, tranchante comme une lame dans le silence de la pièce.

-Georg. Je te tue si tu ne nous dis pas. J'ai sommeil Georg, et Tom ne va pas dormir si tu ne lui dis pas. Si Tom ne dort pas, je te tue.

Elle regardait fixement l'écran de télévision où les images s'animaient sans son, Gustav l'ayant baissé lorsqu'ils étaient rentrés dans la pièce. Il s'était d'ailleurs redressé, fixant Georg qui ne réagissait pas aux propos d'Emily.

-Georg! Aboya-t-elle.

Il se retourna en dodelinant de la tête, ses lèvres pincés et son front plissé d'agacement.

-Tom dormira encore moins si je lui dis.

Elle tourna la tête vers lui, accrochant dangereusement le regard de Georg. Elle ne semblait pourtant pas être énervée, ses traits étaient détendus et elle paraissait docile. Et pourtant, Georg se figea sur place. Son expression si calme avait quelque chose de dérangeant, d'oppressant. De démoniaque. Elle lécha furtivement ses lèvres, baissant les yeux vers le sol, et soupira encore. Ses épaules s'affaissèrent et elle demeura immobile. Le temps était comme suspendu entre les quatre murs de la chambre, et ni Gustav ni Georg n'avaient l'air de vouloir bouger. Tom lui balançait ses pieds contre le lit. Il était comme ailleurs, loin de l'humeur noire d'Emily, ou de la peur perceptible de ses deux amis. Il attendait que ça passe, voilà tout.

Emily était telle une poupée fragile aux yeux de Georg qui ne la lâchait pas du regard. Il devinait à peine le mouvement régulier de sa respiration et le clignement de ses paupières. Elle était juste là, figée, et il ne savait pas quoi faire. Il ne savait vraiment pas quoi dire, il se sentait comme si tout reposait sur ses larges épaules, comme si il était celui qui pouvait débloquer la situation. Ne suffisait-il pas de parler, de tout dire à Tom pour qu'elle se remette en action, pour qu'elle donne preuve de vie? Devait-il attendre qu'elle eut parlé pour s'exprimer à son tour?

Et soudain, elle retrouva tout son éclat. C'était comme si tout le mauvais air de la pièce avait été aspiré, et qu'elle avait retrouvé sa fraîcheur, ses couleurs. Elle leva les yeux vers Georg, battant de ses longs cils, et elle lui sourit gentiment.

-Hey Georg, ça te dit qu'on baise?

Ledit Georg faillit s'étrangler alors que Tom explosa d'un rire nerveux, se tenant le ventre. Il se roulait sur le lit, les larmes perlant de ses yeux et un rictus mauvais déformait son visage. Gustav se laissa retomber sur son matelas, fixant le lit au dessus de lui. Plus rien n'allait.

-Tom c'est sérieux comme question, le réprimanda Emily en grimpant sur le dossier du canapé.

Est-ce que je dois baiser avec toi pour avoir une réponse, hein? Parce que, dit-elle encore en passant une main dans ses cheveux, je suis toute à toi, si c'est ça qu'il faut.

Georg plissa son nez et grimpa l'échelle jusqu'à son lit. Il rabattit rapidement le drap sur lui, se tournant vers le mur, tentant d'oublier ce que venait de lui dire Bill. Il venait de décider que c'était Bill tout ça. Et il ne pouvait pas entendre ce genre de chose sortir de la bouche de son ami.
Tom rigolait encore, cherchant l'air qui lui manquait férocement. Emily le regardait, un sourcil relevé et un petit sourire au coin des lèvres.

-Je vais pas te lâcher Georg, prévint-elle. Je viendrais te tailler la pipe du siècle pendant que tu dormiras, et ensuite tu me supplieras de recommencer encore et encore, et je t'arracherais les couilles de ne pas nous avoir dit.

Le rire de Tom s'intensifia encore, et lui même n'aurait sû dire pourquoi il riait. Rien de tout cela n'était drôle, tout était désastreux, et tout leur échappait. Non nuance, Emily leur échappait. Lui échappait. Georg avait les yeux fermés, crispés, et à ce moment là il aurait voulu être sourd. Peut-être même aveugle. Et muet, pour s'empêcher de tout balancer.

-Arrête de te faire du mal Georg, tu le dis, et tout le monde sera satisfait, on pourra tous dormir.

-Je t'emmerde, Bill.

Georg l'entendit s'agiter sur le canapé, et il tenta un regard vers elle. A son grand étonnement, elle n'était plus dans la pièce. Qu'il croyait. Gustav lui pouvait très la voir de près, très près. Elle était de bout, courbée de façon à ce que Georg ne la voit pas, fixant Gustav de ses yeux vitreux. Il aurait voulu prévenir Georg qu'elle préparait quelque chose de mauvais, mais quelque chose dans son regard glacial l'en empêchait. Il était paralysé, son ventre était noué et ses membres engourdis. La sensation était plus qu'étrange. C'était comme s'il regardait un film d'épouvante, et qu'à chaque seconde il se préparait à sursauter.

Doucement, Emily se releva, faisant bondir Georg contre le mur. Elle le fixait entre les barres horizontales qui empêchaient une éventuelle chute nocturne à Georg, et doucement elle lui dit:

-Une dernière fois Georg, raconte à Tom. Je commence à être énervée.

Tom se leva en soupirant et tira Emily en arrière. Elle ne lâchait pas Georg des yeux, et il aurait juré qu'elle voulait le tuer, rien qu'en le regardant.

-C'est euh, pas grave. Emy, c'est pas grave, il me dira demain, on va dormir.

-Non d'abord il le dit
, siffla-t-elle en se libérant de la faible étreinte de Tom. Il le dit et ensuite on dort, mais si il le dit pas, j'vais le butter, ok?

Elle se rapprochait encore de Georg, lui adressant un regard perçant et destructeur. La respiration de celui-ci s'affolait de seconde en seconde et son corps s'agitait nerveusement. Jamais il n'aurait pensé qu'elle puisse être si...effrayante.
Gustav lui, tentait tant bien que mal de rester calme. Bill avait toujours été d'un naturel impulsif et impatient, mais jamais il ne devenait si agressive, voire dangereux pour des futilités, comme c'était le cas présentement. Alors que la voix glaçante d'Emily s'élevait encore, le regard de Gustav bifurqua vers Tom. Il s'était assis sur le lit, appuyé sur ses bras, et regardait Bill, ou cette autre chose, de haut en bas. Il était concentré sur quelque chose que Gustav n'aurait sû décrire, ou simplement voir, avait les lèvres pincées et le front plissé. Et alors qu'Emily frappait méchamment du poing contre le lit en hauteur, Tom bondit presque, l'attrapant par l'épaule en lui sommant de bien vouloir arrêter. Gustav la vit alors se tourner vers Tom en fronçant les sourcils, puis le pousser fermement.

-Ne vous battez pas, leur intima Gustav en se redressant précipitamment. On arrête pour ce soir.

-Ta gueule.
Répondit simplement Emily, sans même prendre la peine de se retourner.

-Viens dormir, supplia presque Tom avec un air dépité. Viens, il nous dira demain.

-Bill!
S'entêta Gustav, va te coucher, s'il te plaît.

Tom soupira, attrapant la main de sa soeur. Elle leva les yeux au ciel, ou plutôt au plafond, agacé par Gustav qui l'appelait encore et toujours par ce nom qu'elle détestait plus qu'aucun autre. C'est vrai quoi, "Bill". Qui s'appellerait "Bill". Quels parents normalement constitués appelleraient leur enfant Bill? Ses parents à lui, visiblement. Ils ne devaient pas l'aimer, c'était ça, pensa-t-elle en souriant. Emily, c'était un joli prénom, et c'était elle qui l'avait choisi. Et ça lui allait tellement bien. Et ça allait tellement bien avec le prénom de son frère. Emily et Tom, c'était tellement harmonieux.

-Bill, répéta encore Gustav. Bill s'il te plaît.

-Mais pauvre con, tu vois un Bill dans la pièce?
S'énerva Emily en se retournant vivement, faisant perdre sa prise à Tom. Est-ce que tu comptes fermer ta gueule un jour, bordel? Est-ce qu'on t'a demandé de l'ouvrir hein? Nan sérieusement, continua-t-elle en se penchant sur au dessus de Gustav. T'as un putain de problème avec moi et t'as pas les couilles pour me dire quoi. Tu sais quand on était p'tits, je pensais que tu m'aimais, tu vois. Tu vois hein? Et je pense que tu m'as tellement aimé, Gustav, que maintenant tu me détestes parce que... Ouais c'est sûrement ça. Tu m'aimais, et tu m'aimes mais tu m'aimes tellement que tu me détestes. Ouais ouais.

Elle s'installa sur le lit, assise à côté de Gustav qui la regardait sans oser le moindre mouvement.

-Je suis putain de trop bien pour toi c'est ça? Tu t'en veux de n'être rien par rapport à moi, alors tu fais passer toute ta haine sur moi. Ca me rend triste, qu'un pauvre petit enculé comme toi se permette d'agir comme un salaud. On ne me traite pas comme ça, ok?

Elle tapota amicalement la jambe de Gustav et se leva pour retourner près de Tom. Gustav, rassuré par la distance entre eux se releva en cria :

-Peut-être que je te déteste parce que tu n'existes pas, espèce de pauvre imbécile! J'en ai marre d-de te supporter, de tous vous supporter, vous êtes tous barges! Tu mérites de baffes putain, des baffes rien que ça. Nan mais tu te prends pour qui?! Personne n'aime ce que tu es, personne ne veux que tu restes, alors barre toi putain, barre toi!

Elle baissa la tête sur ses pieds nus, sans plus parler. Elle regarda chacun de ses orteils vernis, trouvant qu'ils étaient vraiment mignons et qu'elle n'aurait pas pu faire mieux. Elle avait acheté ce vernis rouge foncé spécialement pour ses ongles d'orteils, parce qu'elle les trouvait trop... masculin. C'était le mot. Ils avaient l'air d'appartenir à un mec avant qu'elle n'en prenne soin, et maintenant elle était franchement satisfaite. Puis elle avait levé les yeux sur Gustav, et avec une rapidité impressionnante elle s'était jetée sur lui, serrant son cou, le comprimant sans hésitation.


Et voilà.
Désolée encore pour cette attente. J'espère que cette suite contentera tout le monde.
Je pars quelques jours chez une amie, donc je serais dans l'impossibilité d'écrire.
Ensuite je prépare mon déménagement, et je déménage.
Et une semaine chez n'Amé.
Et n'Amé une semaine chez moi.
C'est chargé comme vous pouvez le constater, d'autant plus que je ne sais vraiment pas quand je récupérerais internet après mon déménagement.
Dans le pire des cas, la suite arrivera après la rentrée, je suis désolée mais... Je peux vraiment pas faire autrement.

Pour ne pas changer, les questions.

--------------------• Georg est-il d'après vous pour ou contre la présence d'Emily?
--------------------• Comment sentez-vous Tom par rapport à Emily? Dominant ou dominé?
--------------------• Même question par rapport à Bill.
--------------------• Le dernier paragraphe ne vous rappelle rien? (a)
--------------------• Qu'adviendra-t-il de Gustav?

Je vous souhaite de bonnes vacances, et à bientôt j'espère!

bzow


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# Posté le mardi 29 juillet 2008 08:25

Modifié le vendredi 19 septembre 2008 14:39

Le Retour.

Le Retour.
Mes amis, bonjour.

Vraiment désolée de n'avoir donné signe de vie depuis ces quelque semaines.

J'ai déménagé, donc j'ai été très occupée pendant quelques jours, ensuite je suis partie en vacances et à mon retour, internet n'avait toujours pas été ré-activé chez moi.

Le miracle s'est produit hier vers 12h, internet est reviendu. *coeur*

La suite est en cours de rédaction, je le jure.

Cependant, cette année je suis en première L, et pour des raisons vitales je me suis engagée à réduire mon temps passé dehors et sur internet.
Je pense donc poster une à deux fois par mois, si bien sûr mes chapitres sont prêts à temps.
Aussi je vous demande de ne pas me blâmer parce que le temps d'arrivage est trop long, que le suspens est trop pesant pour vous ou je ne sais quoi.
Je suis quelqu'un qui ne cède pas à la pression et qui aurait plutôt tendance à vous envoyer chier en Papouasie plutôt que de m'activer pour écrire (il se pourrait même que je ralentisse la cadence, le sadisme est quelque chose qui coule dans mes veines *ange*)

Je prévois donc de poster la suite dans une ou deux semaines.
Vos commentaires sont attendus, comme toujours!


Bonne rentrée à tous <3

# Posté le samedi 06 septembre 2008 05:28

Modifié le dimanche 21 décembre 2008 14:19